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"Je pars en week-end et j'ai fait deux stations avant où il n'y avait pas d'essence": comme Mathieu, nombre de vacanciers faisaient vendredi, veille des congés de la Toussaint, la tournée des stations-service toujours touchées par les pénuries liées à la grève sur des sites pétroliers de TotalEnergies.
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En voyant cette station située porte de Saint-Cloud à l'ouest de Paris proposer du sans-plomb 95, il a sauté sur l'occasion. Pourtant "elle n'était pas indiquée sur les applications", sourit le jeune homme de 33 ans.
"J'ai pas mal cherché", expliquait Gwenaëlle, assurant avoir tenté sans succès deux stations après avoir constaté sur les applications que celles proches de chez elles étaient vides. "Voilà, je suis satisfaite. J'espère qu'il y en a encore pour moi", pouvait-elle souffler dans la file d'attente de la station.
Si les routes franciliennes étaient particulièrement encombrées toute matinée selon le site Sytadin, le circulation avait retrouvé un niveau normal voir même inférieur à la normale dès 13h00. La journée était classée orange en Ile-de-France par Bison Futé.
Après un pic de pénuries la semaine dernière, les ruptures d'essence et de gazole se sont réduites cette semaine, tout en restant inédites dans l'histoire récente. Selon le gouvernement, 16,9% des stations étaient en manque de gazole ou d'essence jeudi soir, un chiffre cependant mis en doute comme sous-estimé par des analyses de données publiques réalisées indépendamment par l'AFP, Franceinfo et Le Figaro et publiées vendredi.
A 14H00, 13,1% des stations, soit 1.304 sur 9.976 stations, étaient en rupture totale de carburants au niveau national, c'est-à-dire ne proposaient ni essence ni gazole, selon une analyse par l'AFP des données disponibles sur prix-carburants.gouv.fr. Le nombre de stations en difficulté (incluant celles manquant seulement d'un type de carburant) avoisine les 25%.
Le gouvernement a réquisitionné des salariés sur plusieurs sites, et le travail a repris dans plusieurs raffineries et dépôts de carburant de TotalEnergies, après un accord de hausse de salaires négocié la semaine dernière entre deux syndicats et la direction, mais deux sites continuaient leur grève, en Normandie et dans le Rhône.
A Gonfreville (Seine-Maritime), elle est reconduite "jusqu'au 27 octobre", jour où TotalEnergies doit annoncer ses résultats du troisième trimestre, "à moins que la direction ne nous contacte avant", a annoncé Ludovic Desplanches, élu CGT. Le mouvement a aussi été reconduit au dépôt de carburants de Feyzin (Rhône). Au niveau national, la CGT a appelé à deux nouvelles journées de grève interprofessionnelle les 27 octobre et 10 novembre après celle de mardi.
- "Partir confiants" -
"Cela s’améliore nettement", a fait toutefois fait valoir sur Radio classique Francis Pousse, représentant des stations-service chez Mobilians qui fédère 5.800 stations traditionnelles (hors grande distribution), estimant qu'un retour à la normale devrait avoir lieu sous "cinq à sept jours".
La pression sur le gouvernement se fait forte alors que les écoles ferment leurs portes vendredi soir pour deux semaines de vacances.
"Je ne vais pas vous dire que la situation sera à 100% réglée pour les départs en vacances mais les Français peuvent partir confiants", a assuré Elisabeth Borne dans un entretien à Libération.
Les groupes autoroutiers (Vinci, Eiffage, Sanef) ont tous annoncé être en mesure de fournir du carburant dans les stations-service de leur réseau, fournies aux alentours de 90%.
Le gouvernement a promis vendredi que "les stations-service les plus fréquentées dans le cadre des départs en vacances seront desservies en priorité". Il a aussi demandé la fin "des arrêtés préfectoraux de rationnement" et mobilisé les "camions citernes du service opérationnel de l'énergie du ministère des Armées" dans les zones le plus tendues, a-t-il fait savoir dans un communiqué.