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Un samedi de mobilisation commun pour différentes "colères": quelques rares actions étaient recensées samedi matin à l'appel d'anciens gilets jaunes, lycéens, étudiants, militants du climat et même agriculteurs qui ont donné rendez-vous pour une journée protéiforme contre la "vie chère".
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Avant les manifestations attendues en début d'après-midi dans plusieurs villes, plusieurs opérations annoncées n'ont en revanche pas eu lieu, ont constaté des journalistes de l'AFP, comme au péage du pont de l'Île de Ré et à Bordeaux, entre autres.
Sur le site 17octobregiletjaune.net, l'appel à la mobilisation s'adresse aussi aux habitants des quartiers, paysans, ouvriers ou retraités, invités à descendre dans la rue et sur des ronds-points ou autour de points stratégiques.
A Rennes, une vingtaine de personnes ont installé un barrage filtrant, avec des poubelles et des grosses palettes, aux abords d'un grand centre commercial.
Christophe, un artisan menuisier de 47 ans, un ancien gilet jaune, dit avoir été blessé en 2018 lors de l'acte trois par un tir de LBD. "Aujourd'hui, on en arrive à une répression sur nos propres enfants", s'indigne-t-il auprès de l'AFP.
À Lyon, "un groupe de 40 individus a été dispersé" près d'un pont sur le Rhône reliant la Presqu'île au centre-ville, "après une tentative d’entrave à la circulation", selon la préfecture, et un groupe d'une dizaine de personnes dispersé aussi près de la raffinerie de Feyzin.
A Marseille, le grand boulevard du Prado a été momentanément bloqué par des poubelles et des trottinettes avant d’être dégagé par les CRS qui emboîtaient le pas aux manifestants.
"On est là pour protester contre des moyens déplorables qui sont donnés à l'éducation et contre les violences policières. La jeunesse, elle, dit : on a un message: on veut juste être éduqués dans de bonnes conditions", a déclaré à l'AFP Aude, étudiante, un masque sur le visage.
L'ampleur de la mobilisation pour le reste de la journée reste difficile à anticiper, au premier jour des vacances scolaires et alors qu'une intersyndicale a pour sa part appelé les salariés du public et du privé à manifester et faire grève le 5 novembre, notamment pour les salaires et les services publics.
"Il faut que le gouvernement apporte des réponses politiques sur son budget, sur la question des salaires, sur le blocage des prix du carburant", a déclaré samedi sur RMC Agathe Le Berder, membre du bureau confédéral de la CGT, syndicat qui soutient les actions là où les "conditions seront réunies".
- Grenades assourdissantes autorisées -
Quelque 1.500 actions, manifestations ou blocages, étaient annoncées dans toute la France sur le site internet dédié.
Emmanuel Macron a lancé vendredi, depuis Bruxelles, un appel "au calme", en estimant que le "droit de manifester" doit s'accompagner du "respect" sans "insulter" ni "casser".
"Des débordements sont anticipés dans les cortèges notamment parisiens et dans les grandes villes" et "les actions de blocage sur des axes structurants et des équipements majeurs, importants, essentiels, ne seront pas tolérées", a prévenu l'entourage de Laurent Nuñez.
Les grenades assourdissantes, dont l'usage a été suspendu pour le mouvement lycéen après des incidents graves, pourront être utilisées en cas de "violences urbaines extrêmement graves", selon le ministre.
Selon une source policière, quelque 150.000 manifestants sont attendus hors agglomération parisienne, autour de 40.000 à Paris.
Le parcours du cortège parisien a fait l'objet de discussions serrées avec la préfecture de police, qui a pris des arrêtés d'interdiction de manifester dans plusieurs secteurs stratégiques, autour de l'Elysée, de Matignon et incluant les Champs-Elysées. Organisations étudiantes et lycéennes, qui demandent depuis plus d'une semaine à être reçues par le Premier ministre, voulaient aller "jusqu'aux lieux de pouvoir" dans le centre de la capitale, ce qui n'a pas été autorisé.
Finalement, le rendez-vous a été fixé à 14H place de la République, en direction de la place de Clichy pour le défilé principal.
Ces derniers jours, le gouvernement a tenté de désamorcer le mécontentement de certains segments de la population : enveloppe de 500 et 700 millions d'euros débloquée pour le plan de relance agricole pour 2027, alors que le spectre d'une mobilisation des agriculteurs a ressurgi, prolongation d'aides à l'achat de carburants.
Côté politique, Jean-Luc Mélenchon a salué sur X "un moment important où s'exprimera (...) l'exaspération aiguë de très nombreux secteurs de la société, notamment le mouvement actuel de la jeunesse étudiante et lycéenne".
La cheffe des Écologistes Marine Tondelier et le patron du Parti communiste Fabien Roussel manifesteront également.