Pluies diluviennes au Kenya : déjà 81 morts en mars / Photo: Brian ONGORO - AFP
Au moins 81 personnes sont mortes au Kenya et des milliers d'autres ont été déplacées depuis début mars, parfois avec leur bétail, selon un bilan officiel dimanche, victimes de pluies diluviennes qui vont continuer de s'abattre sur ce pays d'Afrique de l'est jusqu'à mardi.
Les autorités, qui ont ouvert des centres d’évacuations face à l'urgence, ont appelé la population à "une extrême prudence et la vigilance".
"À ce jour, le nombre cumulé des décès s'élève malheureusement à 81. Nairobi demeure la région la plus touchée avec 37 victimes", a indiqué le porte-parole de la police nationale kényane, Muchiri Nyaga dans un communiqué.
Les autorités ont appelé vendredi soir les riverains de plusieurs bidonvilles en aval du barrage de Nairobi à évacuer en raison d'un "risque imminent d'inondation lié à la montée des niveaux d'eau dans le réservoir qui menacent de rompre la digue", selon un avis cité par des médias locaux. L'infrastructure résiste pour l'heure.
Mais à Kiambu, dans un faubourg situé au nord de la capitale, deux personnes sont mortes noyées lors de crues dans la nuit de samedi à dimanche, a précisé la police à l'AFP.
Selon la chaîne privée kényane Citizen TV, deux personnes ont aussi été tuées ce weekend dans des glissements de terrain survenus dans le village de Kasaka (ouest) où de nombreuses habitations ont été ensevelies.
Des crues soudaines ont aussi déplacé des milliers de foyers et causé d'importants dégâts aux infrastructures et aux biens.
"Les eaux déchaînées de la rivière Sondu Miriu ont débordé, forçant plus de 3.000 familles à se déplacer", se désole Seth Oluoch Agwanda, 57 ans, chef de la localité de Nyakach, dans le comté de Kisumu (ouest), qui borde le Lac Victoria.
"Nous avons perdu de nombreuses terres agricoles à cause de l'érosion massive, et les cultures que nous avions semées", a-t-il ajouté à l'AFP.
Des riverains ont été déplacées vers plus de huit centres d'évacuation, selon le responsable. Mais certains ne savent pas où aller.
Dans cette localité, les scènes se répètent, de jeunes enfants marchant dans les rues de l'eau au-dessus des genoux, d'habitants écopant leur logis inondé, ou de riverains évoluant en pirogue à la hauteur de maisons sous l'eau jusqu'au toit.
"Toutes les maisons sont inondées, et pour l'instant, nous ne savons toujours pas où nous réfugier avec nos animaux", a déclaré Kennedy Oguta, 50 ans.
- "Extrême prudence" -
Les violentes précipitations qui se sont abattues ce mois-ci ont transformé plusieurs fois les principaux axes de Nairobi en véritables torrents, inondant des milliers de domiciles et de commerces.
Des dizaines de personnes ont péri début mars, poussant certains à réclamer la démission du gouverneur de Nairobi, Johnson Sakaja.
Il avait promis d'améliorer le drainage des égouts et les infrastructures routières en prenant ses fonctions en 2022.
De nombreuses études scientifiques ont mis en exergue une hausse de la fréquence des périodes extrêmement humides ou sèches en Afrique de l'Est ces vingt dernières années.
Au moins 81 personnes sont aussi mortes ce mois-ci dans des inondations et des glissements de terrain dans le sud de l’Éthiopie voisine.
Les scientifiques alertent depuis longtemps sur le fait que le changement climatique d'origine humaine accroît la probabilité, la durée et la gravité des phénomènes météorologiques extrêmes, tels que les pluies torrentielles.
U.Laurent--LCdB