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Les panaches de fumée grossissent au-dessus de Luglon, dans la forêt des Landes, où l'incendie, qui a déjà parcouru plus d'un millier d'hectares depuis jeudi, évolue de nouveau de manière "défavorable" vendredi après-midi, selon les autorités, en raison du vent.
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Quatre Canadair, selon la préfecture, sont à nouveau déployés depuis 15h00 pour relayer l'hélicoptère Chinook CH-47D, prêté par l'Australie et capable de transporter près de deux fois plus d'eau qu'eux, qui avait procédé dans la matinée à des premiers largages.
"Pourquoi ils n'étaient pas là plus tôt?", regrettent des habitants évacués avec des agents communaux, alors que la veille ces avions avaient opéré jusqu'à la tombée de la nuit avec deux Dash et deux Air Tractor.
A la salle des fêtes, quartier général des bénévoles restés pour assurer la logistique et les repas, des habitants et des élus, les mines redeviennent crispées.
Le maire se prend la tête à deux mains et ne souhaite pas s'exprimer.
"Vous comprenez, c'est compliqué pour nous tous", déclare un conseiller municipal.
- 500 pompiers -
La situation s'était améliorée en milieu de journée, mais elle est devenue "défavorable" car le vent s'est levé, a déclaré aux journalistes une porte-parole de la préfecture. Jeudi soir, les vents tournants avaient déjà accéléré la propagation de l'incendie.
Environ 500 pompiers sont toujours déployés pour lutter contre ce feu, à l'origine encore déterminée, qui a provoqué l'évacuation de 525 personnes dans la nuit de jeudi à vendredi, dont les 350 habitants de Luglon, bourg situé à une soixantaine de km au sud-est de Biscarrosse, théâtre d'un incendie qui a ravagé 3.700 hectares fin juillet.
Dans ce même massif des Landes de Gascogne, majoritairement peuplé de pins maritimes desséchés par les vagues de chaleur favorisées par le changement climatique, un mégafeu avait aussi parcouru fin juillet plus de 40.000 hectares plus au nord, en Gironde.
A la mi-journée, les autorités parlaient toujours de 1.100 hectares parcourus, 900 à l'ouest de Luglon, à 25 km au nord-ouest de Mont-de-Marsan, et 200 en raison d'une "saute de feu au sud-est" de la commune. Les pompiers redoutent que les deux feux se rejoignent et encerclent la commune, selon une source proche des secours.
A la sortie sud du village, des maisons volets fermées et tuyaux d'arrosage ouverts dans les jardins ont échappé de peu au pire. Le feu a été stoppé durant la nuit à une dizaine de mètres des habitations, de l'autre côté de la route départementale, dans une parcelle de pins noircie où fument encore des dizaines de tas de braises, ont constaté des journalistes de l'AFP.
Vers midi, des pompiers s'activaient pour éteindre les reprises de feu et plusieurs tracteurs acheminaient de l'eau, entre parcelles de pins et champs de maïs, souvent irrigués.
A Sabres, commune voisine, des dizaines d'évacués ont pu passer la nuit dans des mobil-homes du centre de vacances municipal ou chez des familles d'accueil.
"On était en vacances sur la commune, puis l'incendie s'est déclaré", confie à l'AFP Lisa Bureau, une touriste charentaise évacuée du camping de Luglon avec son mari et ses deux filles, qui reviendra la semaine prochaine récupérer leurs affaires restées au camping.
Laurent Denguilhem, un conseiller municipal de Sabres, où des évacués du mégafeu en Gironde avaient déjà trouvé refuge en juillet, aide à la distribution des produits de première nécessité, grâce aux stocks restants.
- Record de surfaces brûlées -
"On commence malheureusement à s'y habituer (à accueillir des sinistrés, ndlr). Pour les Girondins, ça a duré une bonne semaine ici", témoigne-t-il.
Placées en vigilance orange canicule, les Landes ont vu les températures dépasser les 40°C jeudi près de la zone concernée, avec végétation et forêt asséchées depuis plusieurs semaines rendant le massif vulnérable à la propagation d'incendies.
En France, l'année 2026 bat déjà le record de surfaces brûlées en 20 ans de mesures satellitaires, selon le système européen de surveillance des feux (Effis), qui recense près de 100.000 hectares brûlés.
Quatre départements sont vendredi au niveau "très élevé", le plus haut, de "danger feux" dans le centre-ouest du pays - Mayenne, Deux-Sèvres, Indre-et-Loire et Indre - et 57 autres au niveau "élevé", selon la Météo des forêts.