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Pompiers, agriculteurs, hélicoptères: la Belgique se mobilise dimanche contre l'un des pires feux de son histoire, qui a ravagé près de 3.000 hectares dans une réserve boisée, et se rapproche de l'Allemagne.
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Des centaines de pompiers travaillent d'arrache-pied depuis vendredi pour tenter de contenir cet incendie qui ravage les Fagnes, une grande forêt de l'est du pays, prisée des randonneurs.
"On tient le coup parce que tout le monde veut que ça s'éteigne", confie Grégory Mélotte, un pompier enchaînant sa troisième rotation dans le secteur.
"On a vraiment limité la casse pour éviter que ça prenne dans les grands sapins", affirme-t-il, tout en assurant que l'incendie n'est "pas sous contrôle".
"Actuellement, on a une quinzaine de tracteurs qui font la file pour se ravitailler", raconte Jean-Pierre Robert, patron d'un hôtel proche du lac de Robertville, à l'AFP.
"On a bougé nos vaches et on a ouvert toutes nos barrières pour donner accès" à ce plan d'eau stratégique, explique cet homme de 54 ans.
Une journaliste de l'AFP escortée dans la zone incendiée a vu une vaste étendue de végétation carbonisée, dégageant énormément de fumée.
L'incendie est le plus important de l'histoire belge récente - un feu en 1911 avait également ravagé la zone.
Selon le colonel Burette, commandant d'une des zones de secours, ce feu dans une zone escarpée est "complexe".
"Il est possible qu'on atteigne l'Allemagne si on n'arrive pas à circonscrire le feu puisqu'on n'est plus qu'à 2.500 m de la frontière", a-t-il déclaré en milieu de journée dimanche.
Une ville allemande frontalière, Monschau, a d'ailleurs recommandé à certains habitants de partir, à cause des risques posés par la fumée.
Les résidents de certains villages belges, enveloppés par un panache, ont été évacués pour les mêmes raisons.
L'odeur de fumée a été ressentie jusqu'à Namur, à plus de 100 kilomètres de là, ou même dans le département français de la Moselle qui a déclenché une procédure d'alerte à la pollution atmosphérique.
Aucune habitation n'a jusqu'ici été touchée.
- Le vent augmente -
Selon les autorités, "plusieurs foyers" restaient "actifs" dimanche.
"On vient encore d'avoir un problème d'augmentation du vent et on a demandé encore un renfort d'une unité complète", a précisé le colonel Burette à un groupe de journalistes.
La configuration particulière du terrain, boisé et très accidenté, ne permet pas aux pompiers de se rendre au plus près des flammes.
Ni même d'accéder à la première zone qui a brûlé - ce qui fait que l'origine du feu reste encore inconnue.
La solution vient donc peut-être du ciel.
En plus de sa propre flotte, la Belgique mise sur un renfort aérien d'autres pays européens pour tenter de maîtriser la situation.
- Aide européenne -
Un ballet d'hélicoptères de la police fédérale belge et des Pays-Bas s'est mis en place dimanche matin pour larguer de l'eau sur les flammes.
Deux bombardiers d'eau de Suède, sont venus compléter le dispositif dans l'après-midi.
Le Premier ministre belge Bart De Wever a remercié les "partenaires européens pour l'aide qu'ils nous apportent".
Comme une grande partie de l'Europe, la Belgique a souffert ces derniers jours d'un nouvel épisode de fortes chaleurs et de sécheresse. Le mercure est monté jusqu'à 37°C dans certaines parties du pays vendredi.
Une accalmie pourrait toutefois se dessiner en début de semaine. Selon les prévisions météorologiques, une légère pluie est attendue lundi matin dans la région.