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Au moins un millier d'opposants à l'autoroute A69 ont rallié samedi les abords du tracé, dans le Tarn, pour manifester une nouvelle fois contre cette infrastructure au coeur d'une intense contestation depuis trois ans et qui doit ouvrir dans trois semaines.
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Derrière une banderole proclamant "Brûlons l'A69 pas la forêt", le cortège de militants s'est mis en marche en début d'après-midi depuis Cambounet-sur-le-Sor (Tarn), à un peu plus d'un kilomètre de l'autoroute qui reliera Castres à Toulouse, a constaté un journaliste de l'AFP.
Après avoir avancé dans le calme, les manifestants ont stoppé leur marche peu après 16h00, à environ 150 mètres de l'autoroute, faisant face sans incident aux forces de l'ordre, au son d'une batucada. Des militants ont monté un mur symbolique de parpaings sur une route départementale.
Il s'agit de "montrer que ce genre de projet ne va pas de soi et qu'on sera là jusqu'à la dernière goutte de bitume qui sera versée", a expliqué une des organisatrices, masquée, se présentant sous le nom de "Lucie", avant la manifestation.
Avec ce projet, "on s'est fait rouler dessus et on est là pour le dire", affirmait à ses côtés un jeune homme, également masqué et souhaitant garder l'anonymat.
Le concessionnaire de l'autoroute, Atosca, a annoncé vendredi soir qu'elle devait être mise en service au cours de "la première semaine de novembre".
Depuis le début des travaux au printemps 2023, l'opposition contre ce qui est devenu un symbole des luttes écologiques a pris de nombreuses formes: manifestations, grèves de la faim, occupations d'arbres au coeur de zones à défendre (ZAD). Le chantier a également été contesté en justice.
"On était, on est et on restera ce caillou dans leur chaussure et même si l'autoroute est sur le point de s'ouvrir, cette lutte a ouvert les portes à de nombreuses autres, victorieuses", a assuré un militant masqué, depuis une tribune improvisée, chaudement applaudi avant le départ de la manifestation.
- "Servir d'exemple" -
Un dispositif "robuste" de plus de 800 gendarmes et policiers a été mobilisé pour encadrer la manifestation de samedi, selon la préfecture du Tarn qui comptabilisait à la mi-journée près d'un millier de participants. Les organisateurs évoquaient 1.500 participants.
Depuis le début des travaux au printemps 2023, il y a eu contre le chantier d'autoroute A69 "une alchimie des luttes et on veut surtout que ça serve d'exemple pour la suite", a souligné "Lucie", dénonçant un projet "écocide" autant qu'une "aberration économique et sociale", en raison du coût du péage jugé exorbitant.
Selon les opposants, le prix d'un aller-retour sur l'autoroute de 53 kilomètres avoisinerait les 20 euros par véhicule.
Les partisans de l'A69 y voient une solution de désenclavement du bassin de Castres-Mazamet, de ses 100.000 habitants, salariés et nombreuses petites entreprises.
Au départ de la manifestation, un grand chapiteau bleu trônait dans un champ. A son sommet, une banderole proclame "Brûle NGE (maison mère du concessionnaire Atosca, NDLR), ni A69, ni LGV, ZAD partout".
Des stands détaillaient la contestation de plusieurs grands projets d'infrastructure, comme la Ligne à grande vitesse (LGV) entre Bordeaux et Toulouse, ou l'A412, projet autoroutier en Haute-Savoie.
"Il reste du combat à mener, nous on appelle au boycott de cette autoroute et de toute façon, cela se fera naturellement, vu le prix du péage", a dit à l'AFP le militant écologiste Thomas Brail, porte-parole du Groupe national de surveillance des arbres (GNSA).