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Plusieurs milliers de manifestants se sont rassemblés dimanche à Stepanakert, la principale ville du Nagorny Kabarakh, appelant la communauté internationale "à agir maintenant" contre le blocage du seul axe routier vers l'Arménie par l'Azerbaïdjan, ce que Bakou dément.
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"Ouvrez la +route de la vie+", pouvait-on lire sur un dessin, tenue dans les mains d'une petite fille vêtue d'un manteau rose, dans la foule. "Auto-détermination", était écrit sur une autre pancarte, alors que le Nagorny Kabarakh, une enclave montagneuse à majorité arménienne, a fait sécession de l'Azerbaïdjan qui la considère toutefois comme sienne.
Erevan accuse Bakou de vouloir provoquer une "crise humanitaire", ce que l'Azerbaïdjan rejette, assurant qu'il est toujours possible de circuler sur cet axe.
Dimanche, de nombreux drapeaux arméniens et séparatistes étaient brandis dans la foule réunie place de la Renaissance, dans le centre-ville de Stepanakert, a constaté un journaliste de l'AFP. Au premier rang se tenait le dirigeant des séparatistes du Nagorny Karabakh, Arayik Haroutiounian.
"Agissez maintenant pour notre futur !", lance une femme dans la foule.
Au micro, devant plusieurs milliers de manifestants, Mary Asatryan, du cabinet du chargé des droits de l'homme local, appelle - en français dans le texte - la communauté internationale "à agir maintenant" auprès de Bakou, "en ce jour saint de Noël", pour exiger la levée "de ce blocuc total".
"Pendant 14 jours, aucun aliment, médicament, carburant ou autre produit vital n'a été autorisé à entrer" au Nagorny Karabkh, déplore-t-elle.
Elle dénonce face à la foule "un crime contre l'humanité" organisé par Bakou avec "ce blocus délibéré de 120.000 personnes" et regrette l'absence de "réponse" de la communauté internationale.
Le ministère azerbaïdjanais des Affaires étrangères a fustigé dans un communiqué, de son côté, "les activités destructrices" de l'Arménie qui "ne servent pas à rétablir la paix dans la région".
"Rien ne permet d'affirmer que les manifestations sur le corridor de Latchine constituent une menace de crise humanitaire et que les Arméniens sont sous blocus", a-t-il appuyé.
- Inquiétude internationale -
L'Arménie et l'Azerbaïdjan se sont affrontés au début des années 1990, lors de la dislocation de l'URSS, pour contrôler le Nagorny Karabakh.
Ce premier conflit, qui a fait 30.000 morts, s'était soldé par une victoire arménienne. Mais l'Azerbaïdjan a pris sa revanche lors d'une deuxième guerre qui a coûté la vie à 6.500 personnes à l'automne 2020 et a permis à Bakou de reprendre de nombreux territoires.
Ces derniers mois, alors que la Russie est accaparée par son intervention militaire en Ukraine, les Etats-Unis et l'Union européenne avaient tenté de relancer un fragile processus de paix, sans réussite.
Ce nouveau regain de tensions a suscité de vives inquiétudes sur la scène internationale.
Dimanche matin, le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a affirmé, cité par Interfax, qu'une réunion tripartite entre Vladimir Poutine, qui essaie de jouer le rôle de médiateur, et les dirigeants azerbaïdjanais Ilham Aliev et arménien Nikol Pachinian, n'était pas prévue en début de semaine en marge d'un sommet régional à Saint-Pétersbourg (nord-ouest de la Russie).
Vendredi, le président français Emmanuel Macron avait, lui, appelé son homologue azerbaïdjanais à permettre la "libre circulation" entre l'enclave séparatiste et l'Arménie.
"Il est indispensable de faire baisser au plus vite la tension", avait pour sa part exhorté le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov à l'issue d'une rencontre le même jour à Moscou avec son homologue azerbaïdjanais, boycottée par Erevan.