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Les duels d'artillerie se sont poursuivis vendredi à Bakhmout, le point chaud du front dans l'est de l'Ukraine, et les bombardements dans d'autres régions malgré l'annonce par Moscou d'un cessez-le-feu unilatéral de 36 heures, et alors que les Etats-Unis ont promis une nouvelle aide militaire massive à Kiev.
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Celle-ci sera de trois milliards de dollars et comprendra la fourniture de véhicules blindés d'infanterie Bradley, de transports de troupes et d'obusiers, a révélé la Maison Blanche.
"Cette année victorieuse ne fait que commencer", s'est aussitôt réjouie la présidence ukrainienne, en précisant que le "paquet" américain inclut également des missiles de précision Himars et antiaériens Sea Sparrow.
Cela "nous rendra bien plus prêts à faire face à toute velléité d'escalade de la part de Russie et aux frappes que cet État terroriste nous inflige, qu'il s'agisse d'un jour férié ou d'un jour de semaine", s'est à son tour félicité en personne dans la soirée le chef de l'Etat Volodymyr Zelensky.
Il a en outre salué "le pas en avant significatif" de l'Allemagne qui a indiqué le même jour qu'elle enverrait au premier trimestre 40 blindés "Marder", emboîtant le pas à la France qui a annoncé mercredi une prochaine livraison de chars de combat légers AMX-10 RC.
- "Bombardés jour et nuit" -
A Bakhmout, que les soldats russes tentent de conquérir depuis l'été, des journalistes de l'AFP ont entendu des tirs côté ukrainien comme côté russe après l'heure du début de la trêve annoncée jeudi par le président Vladimir Poutine.
Leur intensité était toutefois moindre par rapport aux jours précédents.
Des dizaines de civils étaient rassemblés dans un bâtiment servant à la distribution de l'aide humanitaire, où des bénévoles ont organisé une petite fête pour le Noël orthodoxe -célébré samedi, distribuant des mandarines, des pommes et des biscuits, une heure avant l'entrée en vigueur théorique du cessez-le-feu russe.
Pour Pavlo Diatchenko, un policier local, la trêve est une "provocation" russe qui n'aidera pas les habitants de Bakhmout, dont les rues sont en grande partie détruites et désertées. "Ils sont bombardés jour et nuit et quasiment chaque jour, il y a des personnes tuées", a-t-il déploré.
L'armée russe a assuré respecter le cessez-le-feu, accusant les troupes ukrainiennes de "continuer à bombarder les villes et les positions russes".
Le chef adjoint de l'administration présidentielle ukrainienne, Kyrylo Tymochenko, a pour sa part signalé deux frappes russes sur Kramatorsk (est) qui ont touché un immeuble d'habitation sans faire de victimes. Plus tôt, avant la trêve, il avait évoqué un bombardement russe sur Kherson, dans le sud.
Dans la région de Lougansk (est), les autorités locales ukrainiennes ont mentionné 14 tirs d'artillerie et trois assauts russes et des civils qui "restent toute la journée dans leurs caves".
Les autorités séparatistes prorusses de l'est de l'Ukraine ont, parallèlement, fait état de bombardements ukrainiens sur leur bastion de Donetsk.
Paraissant se plier à un appel du patriarche orthodoxe de Moscou Kirill, mais aussi à une proposition du chef de l'Etat turc Recep Tayyip Erdogan, M. Poutine a demandé à son armée d'observer un "cessez-le-feu sur toute la ligne de contact entre les belligérants à partir de 12H00 (09H00 GMT) le 6 janvier jusqu'à 24H00 (21H00 GMT) le 7 janvier".
Une date qui correspond au 25 décembre, le jour de Noël, dans le calendrier julien toujours suivi par l'Eglise orthodoxe russe.
- "Scepticisme" -
Selon son président Volodymyr Zelensky, il s'agit d'une "excuse dans le but d'au moins arrêter l'avancée de nos troupes dans le Donbass", une vaste région industrielle de l'est, et de ravitailler en équipements et munitions les soldats russes, tout en les faisant se "rapprocher" des positions ukrainiennes.
Vladimir Poutine avait appelé les forces ukrainiennes à respecter cette trêve afin, officiellement, de donner la possibilité aux orthodoxes, majoritaires en Ukraine comme en Russie, d'"assister aux offices" religieux.
Les Etats-Unis, via le porte-parole du département d'Etat, Ned Price, ont dénoncé vendredi une démarche "cynique", au vu des tirs observés dans la journée dans l'est de l'Ukraine.
La veille, le président américain Joe Biden avait déjà soupçonné la Russie de juste chercher à "se donner de l'air".
"La réponse qui nous vient à tous à l'esprit, c'est le scepticisme face à tant d'hypocrisie", a commenté vendredi le chef de la diplomatie de l'Union européenne Josep Borrell.
Paris y a vu une "tentative grossière de la part de la Russie de masquer sa responsabilité, alors qu'elle continue de multiplier les exactions et de bombarder sans relâche l'ensemble du territoire ukrainien".
Ce cessez-le-feu "ne fera aucunement avancer les perspectives de paix", a quant à lui commenté le ministre britannique des Affaires étrangères James Cleverly, réclamant un retrait des forces russes.
Une telle trêve n'apportera "ni liberté ni sécurité" en Ukraine, a de son côté tranché la diplomatie allemande.