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Le bilan d'une frappe russe sur un immeuble résidentiel de Dnipro en Ukraine a grimpé lundi à 40 morts, devenant l'un des plus élevés depuis le début de la guerre et risquant encore de s'alourdir.
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Vladimir Poutine a de son côté dénoncé les livraisons croissantes d'armes occidentales à l'Ukraine, le Kremlin jurant que les chars promis à Kiev "brûleront" sur le champ de bataille.
Moscou a par ailleurs démenti, comme toujours dans ce cas de figure, avoir été responsable du carnage à Dnipro, en rejetant la faute sur les Ukrainiens. Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a ainsi évoqué "une tragédie" pouvant être due à un tir de la défense antiaérienne ukrainienne.
A l'inverse, la présidence suédoise de l'Union européenne a dénoncé "un crime de guerre" russe.
Des grues étaient en action pour amener les sauveteurs dans les appartements ravagés et autrement inaccessibles ou pour soulever des pans de béton. Dans les décombres, les équipes de secours cherchaient les 29 personnes toujours portées disparues, selon les autorités.
Sur ce lieu de désolation, des personnes déposaient des fleurs et des peluches à la mémoire des victimes. D'autres habitants de Dnipro donnaient vêtements ou couettes à un point de collecte mis en place par des humanitaires.
Depuis le début des opérations de sauvetage, 39 personnes ont été secourues des ruines du bâtiment.
- "Parrains occidentaux" -
Le Kremlin a mis deux jours à réagir, avec son porte-parole démentant que son pays puisse être responsable de ce drame.
"Les forces armées russes ne bombardent pas les immeubles résidentiels, ni les infrastructures civiles, elles bombardent des cibles militaires", a déclaré M. Peskov, en dépit des frappes qui ont touché une multitude de cibles non militaires depuis le début de l'invasion, le 24 février.
Le président Poutine ne s'était pas prononcé dimanche sur le sujet, considérant en revanche que les opérations russes en Ukraine étaient dans une "dynamique positive", quelques jours après que Moscou a revendiqué la prise d'une petite ville dans l'Est ukrainien.
La frappe qui a détruit l'immeuble d'habitation de Dnipro a été effectuée dans le sillage d'une campagne de bombardements réguliers et massifs auxquels Moscou procède depuis octobre contre les infrastructures énergétiques ukrainiennes.
Face à ces pluies de missiles et à la menace d'une nouvelle offensive russe d'ampleur, les Occidentaux ont intensifié leur aide militaire à l'Ukraine. Londres et Varsovie prévoient désormais de lui fournir des chars.
Une réunion sur les livraisons d'armements occidentaux à Kiev est prévu pour le 20 janvier sur la base américaine de Ramstein (Allemagne).
Vladimir Poutine a de son côté dénoncé, dans une conversation avec son homologue turc Recep Tayyip Erdogan, "la ligne destructrice adoptée par le régime de Kiev qui a misé sur l'intensification des combats, avec le soutien de ses parrains occidentaux qui augmentent leurs livraisons d'armes et de matériel militaire" aux Ukrainiens.
"Ces chars brûlent et brûleront", avait lancé plus tôt Dmitri Peskov à la presse, accusant une fois encore les Occidentaux d'utiliser l'Ukraine "pour atteindre des objectifs antirusses".
Après ses victoires de l'automne, Kiev dit avoir besoin encore et avant tout de chars lourds, de blindés légers, de systèmes de missiles de longue portée et de défense antiaérienne pour reprendre la totalité des territoires que les troupes russes occupent dans l'est et le sud de l'Ukraine.
Samedi, Londres avait annoncé la fourniture à Kiev de Challenger 2, ce qui constituerait la première livraison de chars lourds de fabrication occidentale à l'Ukraine.
Et lundi, le Premier ministre polonais Mateusz Morawiecki a dit attendre un feu vert de l'Allemagne pour livrer à l'Ukraine des chars Leopard de facture allemande.
- Grossi attendu -
Après de sévères déconvenues à l'automne, la Russie tente de reprendre l'initiative notamment en redoublant d'efforts dans la bataille pour s'emparer de Bakhmout, une ville de l'est en proie de sanglants combats depuis des mois.
Moscou a revendiqué la semaine dernière une victoire, affirmant avoir pris Soledar, une petite ville au nord-est de Bakhmout aujourd'hui largement détruite.
L'Ukraine a démenti avoir abandonné cette localité de quelque 10.000 habitants avant guerre, faisant état de combats toujours en cours.
Le chef de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), Rafael Grossi, est attendu, pour sa part, lundi en Ukraine.
Dans un tweet avant son départ, il a souligné que son organisation allait étendre sa présence "pour aider à éviter un accident nucléaire pendant le conflit en cours".