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D'intenses combats ont opposé lundi Russes et Ukrainiens pour le contrôle du centre de Bakhmout, une ville de l'est de l'Ukraine où se déroule la bataille la plus longue et la plus sanglante depuis le début de l'invasion russe.
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Le même jour, la Russie a proposé de prolonger l'accord sur les exportations de céréales ukrainiennes, qui expire le 18 mars, pour 60 jours seulement, une offre critiquée par Kiev qui y voit une remise en question de l'entente initiale.
"Plus nous sommes proches du centre-ville, plus durs sont les combats, plus il y a d'artillerie", lui a fait écho Evguéni Prigojine, le patron de Wagner.
Ses hommes sont en première ligne dans les attaques que les Russes lancent depuis l'été dernier pour essayer de prendre cette cité devenue un symbole de la résistance acharnée des Ukrainiens qui espèrent quant à eux y épuiser les assaillants afin d'être en mesure de déclencher une vaste contre-offensive.
- Situation "très difficile" -
"Avec le feu de l'artillerie, des chars (...), toutes les tentatives de s'emparer de la ville sont repoussées", a-t-il fait valoir.
M. Prigojine a reconnu que Wagner, qui a déjà réussi à couper plusieurs routes importantes pour le ravitaillement des militaires ukrainiens déployés sur place, se heurtait à une résistance acharnée.
"La situation à Bakhmout est difficile, très difficile. L'ennemi se bat pour chaque mètre", a-t-il noté dans un message sur les réseaux sociaux. "Les Ukrainiens jettent des réserves sans fin" dans la bataille.
Cette cité qui comptait 70.000 habitants avant l'invasion de février 2022 est depuis des mois l'épicentre des combats sur le front oriental, même si son importance stratégique est contestée par des experts et si sa défense implique aussi un grand nombre de morts et de blessés dans les rangs des forces ukrainiennes.
- Quid de l'accord sur les céréales ? -
Sur le plan international, le vice-ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Verchinine a déclaré, après des discussions à Genève, que Moscou "ne s'oppos(ait) pas à une nouvelle prolongation" de l'accord sur les céréales ukrainiennes conclu en juillet dernier pour 120 jours entre l'ONU, l'Ukraine, la Russie et la Turquie.
"Mais seulement pour 60 jours", a-t-il précisé, soulignant que "notre position future sera déterminée par les progrès tangibles dans la normalisation de nos exportations agricoles, non pas en paroles mais en actes".
Selon Kiev, c'est une remise en question de l'entente initiale.
"L'accord sur +l'Initiative céréalière de la mer Noire+ implique au moins 120 jours de prolongation, la position de la Russie de le prolonger de seulement 60 jours contredit donc le document signé par la Turquie et l'ONU", a tweeté le ministre ukrainien des Infrastructures Oleksandre Koubrakov,
Un peu plus tard, Stéphane Dujarric, le porte-parole du secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres, a assuré que "les Nations unies restaient complètement impliquées dans (cet accord) et pour s'efforcer de faciliter les exportations d'engrais et d'alimentation russes".
Cet accord, qui a eu pour effet d'atténuer la crise alimentaire mondiale provoquée par le conflit en Ukraine en permettant d'exporter plus de 24 millions de tonnes de céréales à partir des ports ukrainiens, selon les Nations unies, avait été reconduit en novembre pour quatre mois.
- Vers des poursuites pour crimes de guerre -
De son côté, la Cour pénale internationale (CPI) veut poursuivre des Russes pour crimes de guerre en Ukraine, a écrit lundi le New York Times, citant deux premiers dossiers : celui des enfants transférés en Russie et celui des frappes délibérées sur des infrastructures civiles.
Le bureau du procureur de ce tribunal qui siège à La Haye a toutefois signalé qu'il ne ferait "aucun commentaire".
Selon le journal américain, la première affaire concerne l'enlèvement d'enfants ukrainiens qui auraient ensuite été destinés à être adoptés ou été envoyés des camps de rééducation.
La deuxième concerne les accusations selon lesquelles l'armée russe a intentionnellement tiré des missiles sur des installations n'ayant pas de caractère militaire, telles que des centrales électriques.
"Le retour des enfants qui ont été capturés illégalement par les forces russes devrait être une priorité internationale", a pour sa part estimé l'ONG Human Rights Watch qui a dénoncé dans un rapport les conséquences "dévastatrices" de la guerre sur les orphelins en particulier.
Quant au $ministre italien de la Défense Guido Crosetto, il a accusé lundi le groupe Wagner de favoriser les migrations illégales vers l'Europe pour y punir les pays soutenant l'Ukraine.
"L'augmentation exponentielle du phénomène migratoire en provenance des côtes africaines fait aussi partie, dans une mesure non négligeable, d'une stratégie claire de guerre hybride que le groupe Wagner (...) met en œuvre en utilisant son poids significatif dans plusieurs pays africains", a-t-il affirmé.