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La Russie a dit mercredi vouloir repêcher le drone américain qu'elle est accusée d'avoir fait s'abîmer en mer Noire et qui prouve selon elle l'implication des Etats-Unis dans le conflit en Ukraine, Washington annonçant de son côté enquêter sur les motivations de Moscou dans cet incident.
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Le Reaper MQ-9 est tombé dans les eaux internationales après avoir été percuté, selon Washington, par un chasseur russe. Moscou admet l'interception de l'appareil par ses avions de chasse mais dément tout contact qui aurait mené au crash. La Russie argue que le drone était entré, au large de la péninsule de Crimée annexée en 2014, dans une zone d'exclusion aérienne qu'elle a elle-même décrétée pour son opération en Ukraine.
Kiev a en effet accusé les forces russes d'avoir délibérément fait chuter le Reaper pour envoyer un message à Washington, alors qu'elles sont à la peine dans leurs tentatives de gagner du terrain en Ukraine.
Dans l'est du pays, les forces russes en sont notamment toujours à prendre d'assaut la petite ville de Bakhmout, que les Ukrainiens défendent avec acharnement depuis des mois, a indiqué l'armée ukrainienne dans son rapport quotidien. "Nos défenseurs ont repoussé des attaques de l'ennemi près des villages d'Orikhovo-Vasylivka et Bogdanivka", a-t-elle ajouté.
Plus au sud, "en raison de leur impuissance, les occupants terrorisent les civils" dans la région de Kherson, selon la même source.
- "Un signal de Poutine" -
Dans ce contexte et alors qu'ont commencé les livraisons de chars lourds occidentaux aux Ukrainiens, la neutralisation du drone Reaper est "un signal de Poutine qu'il est prêt à étendre la zone du conflit et à y impliquer d'autres parties", a déclaré sur Twitter le secrétaire du Conseil de sécurité ukrainien, Oleksiï Danilov.
Le ministre américain de la Défense Lloyd Austin a réagi en soulignant mercredi que les Etats-Unis continueraient à voler "là où le permet le droit international".
"Il incombe à la Russie de faire voler ses avions militaires de manière professionnelle et sûre", a ajouté lors d'une conférence de presse M. Austin, après un entretien téléphonique avec son homologue russe Sergueï Choïgou.
La France, dont les forces sont notamment présentes en Roumanie dans le cadre de l'Otan, a abondé en ce sens.
"La liberté de navigation dans l'espace aérien international doit être respectée et les actions d'intimidation ne sont pas acceptables", a déclaré le ministère des Affaires étrangères.
"Nous appelons la Russie à se conformer au droit international sur ce sujet, comme sur l'ensemble de ceux dont elle s'est écartée".
La Russie de son côté a annoncé elle allait s'efforcer de retrouver l'appareil et de le récupérer pour en analyser les équipements d'observation très perfectionnés.
"Je ne sais pas si on arrivera à l'atteindre ou pas, mais il faut essayer. Et on va obligatoirement s'en occuper, et j'espère bien sûr avec succès", a dit à la télévision russe le secrétaire du Conseil de sécurité, Nikolaï Patrouchev.
Il a estimé que l'incident prouvait que les Etats-Unis "participent directement (...) à la guerre".
- Washington a "pris des mesures" -
Un porte-parole de la Maison Blanche, John Kirby, avait précédemment déclaré sur CNN que les Etats-Unis avaient "pris des mesures" pour faire en sorte que le drone ou ses équipements ne puissent tomber entre des mains ennemies.
La Russie a jugé les Etats-Unis responsables de l'incident et des tensions qu'il suscite, appelant Washington à cesser les vols "hostiles" de drones.
"Tout incident provoquant des tensions entre les deux grandes puissances nucléaires est chargé de risques très importants pour la sécurité globale", a souligné le ministre des Affaires étrangères Sergueï Lavrov mercredi soir à la télévision russe.
L'ambassadeur russe aux Etats-Unis, Anatoli Antonov, convoqué par le département d'Etat américain, avait déjà signifié que Moscou considérait la présence de drones américains dans la zone comme une menace, intimant aux forces américaines decesser "leurs vols près des frontières russes" après avoir été convoqué par le département d'Etat américain.
C'est la première fois depuis le début de l'assaut russe contre l'Ukraine le 24 février 2022 qu'un pays de l'Otan reconnaît avoir perdu un équipement opéré par lui-même dans cette région hautement inflammable.
Le drone Reaper est un aéronef de 20 mètres d'envergure piloté à distance, équipé de capteurs embarqués pour la surveillance, ainsi que d'armement. Volant à une vitesse de croisière de 335 km/h, il bénéficie d'une autonomie de plus de 24 heures.
Le ciel de la mer Noire est le théâtre de très régulières interactions entre des drones et des aéronefs des pays de l'Otan et les forces armées russes, en particulier depuis le début de la guerre en Ukraine.