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La Russie a tiré lundi un barrage de missiles sur Kiev, provoquant la panique chez des habitants qui tentaient de se mettre à l'abri face à cette rare attaque lancée en pleine journée et après une nouvelle nuit de frappes sur l'Ukraine.
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Autre fait rare, les autorités ukrainiennes ont admis publiquement qu'un site militaire dans l'ouest du pays avait été touché par les frappes de la nuit.
Après les bombardements nocturnes qui n'ont pas causé de dégâts majeurs dans la capitale, les sirènes antiaériennes ont à nouveau retenti dans la matinée, suivies d'une série d'explosions vers 11H10 locales (08H10 GMT).
"L'ennemi a effectué des frappes de missiles contre le territoire ukrainien, pour la deuxième fois en 24 heures", a souligné le commandant en chef de l'armée ukrainienne, Valéry Zaloujny, assurant que tous les projectiles de cette attaque de la matinée avaient été abattus.
"Au total, 11 missiles de type Iskander-M et Iskander-K ont été lancés depuis le nord" sur Kiev et sa région, a-t-il précisé.
Le Premier ministre Denys Chmygal a dénoncé cette "seizième" attaque sur Kiev depuis le début du mois. "La Russie terrorise à dessein la population civile", a-t-il fustigé.
- Ecoliers terrorisés -
Face à la force et l'intensité des explosions lors de l'interception des missiles russes, de nombreux habitants se sont précipités pour se réfugier dans des abris souterrains, notamment dans le métro.
Une vidéo relayée sur les réseaux sociaux a montré des dizaines d'écoliers courir en hurlant de terreur dans une rue d'un quartier historique de Kiev au son des explosions.
"Nous sommes à la station de métro Khrechtchatyk car il y a l'alerte antiaérienne", a indiqué à l'AFP Maksym, un habitant de 27 ans. "J'ai vu 6, 7 ou 8 - un certain nombre d'explosions dans le ciel. C'est pourquoi je suis venu ici avec mes collègues".
La Russie a intensifié ses attaques aériennes contre la capitale ukrainienne depuis le début du mois, mais jusqu'à présent la quasi-totalité d'entre elles ont eu lieu pendant la nuit.
Selon le maire, un homme a été blessé et hospitalisé à la suite de cette attaque.
Des débris de missiles abattus sont tombés sur au moins trois quartiers situés dans le nord et dans l'est de la capitale provoquant notamment un incendie, selon l'administration militaire.
"Au début, ils ont commencé à intercepter des missiles comme d'habitude. Puis l'un d'entre eux est tombé sur la route. Certaines personnes ont dit qu'il a mis le feu à une voiture", a raconté à l'AFP Dmytro, un témoin.
"C'était assez bruyant, il y a eu plusieurs explosions. L'interception du missile, c'était environ 6-5 explosions", a-t-il ajouté.
- 40 missiles de croisière -
Plus tôt dans la journée, l'administration régionale de Khmelnytsky, dans l'ouest de l'Ukraine, a indiqué qu'un site militaire avait été touché par une attaque russe pendant la nuit, laissant entendre qu'il s'agissait de dépôts et d'un aérodrome de l'armée.
Les autorités ont fait état d'"incendies dans des dépôts de combustible" et d'équipements militaires et d'une piste d'atterrissage endommagée.
"Cinq appareils volants ont été mis hors service", a encore dit l'administration, sans donner davantage de détails.
Les autorités ukrainiennes ne font d'ordinaire quasiment pas état de leurs pertes militaires.
Peu après cette annonce, le ministère russe de la Défense a confirmé avoir frappé pendant la nuit "des aérodromes" en Ukraine et assuré avoir "détruit" toutes ses cibles, dont "du matériel aéronautique" et "des installations servant au stockage d'armes et de munitions".
Au-delà de cette attaque dans l'ouest, la nuit a été marquée par une nouvelle attaque aérienne massive contre l'Ukraine, au lendemain de la frappe aux drones "la plus importante" sur Kiev depuis le début de l'invasion russe.
"Jusqu'à 40 missiles de croisière" ont été tirés au cours de la nuit depuis des avions au-dessus de la mer Caspienne et "environ 35 drones" depuis le nord et le sud, a indiqué lundi le commandant Valéry Zaloujny.
Rien qu'à Kiev, la capitale, "plus de 40 cibles aériennes" ont été détruites" pendant la nuit, selon l'administration militaire.