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Continuer à armer et renforcer l'Ukraine est la seule voie pour atteindre une "vraie paix", a affirmé vendredi le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken, rejetant tout cessez-le-feu défavorable à Kiev alors que, selon lui, l'invasion russe a viré à l'"échec stratégique" pour Moscou.
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Dans un discours en Finlande, le secrétaire d'Etat a fait valoir qu'une Ukraine forte était un "prérequis" pour "une vraie paix", quand un arrêt négocié des hostilités aboutirait à une "paix Potemkine" illusoire et sans grand lendemain.
Selon Washington, l'invasion de l'Ukraine ordonnée par le président russe Vladimir Poutine est un "cas d'école de l'échec" et même d'un "échec stratégique pour la Russie".
Dans une des manifestations des conséquences négatives pour la Russie de la guerre en Ukraine, le pays nordique jusqu'ici non aligné militairement est devenu membre de l'Otan, l'alliance militaire occidentale dominée par les Etats-Unis.
"La guerre d'agression (de Poutine) a été un échec stratégique, diminuant considérablement la puissance militaire, économique et diplomatique de la Russie ainsi que son influence pour les années à venir", a affirmé M. Blinken.
"Si l'on considère les buts et objectifs stratégiques à long terme du président Poutine, il n'y a pas de doute : la situation de la Russie est bien pire aujourd'hui qu'elle ne l'était avant l'invasion", a-t-il ajouté à la mairie d'Helsinki remplie de drapeaux américains.
- "Menace" chinoise -
Pour souligner son propos, le chef de la diplomatie américaine a relevé les pertes russes sur le terrain et sur les marchés européens.
"Le Kremlin a souvent affirmé qu'il disposait de la deuxième armée la plus puissante au monde, et beaucoup l'ont cru. Aujourd'hui, nombreux sont ceux qui considèrent que l'armée russe est la deuxième la plus puissante en Ukraine", a-t-il raillé, provoquant des rires dans l'audience.
"Là où Poutine voulait projeter de la force, il a révélé de la faiblesse. Là où il voulait diviser, il a uni", a insisté l'Américain.
L'objectif du discours du responsable américain était d'afficher une position claire des Etats-Unis au moment où certains pourraient être tentés d'appeler à un armistice ou à un cessez-le-feu.
Un cessez-le-feu sur les positions actuelles du front ne ferait que "consolider" le contrôle de Vladimir Poutine sur l'est de l'Ukraine et lui permettre de "réattaquer", a plaidé M. Blinken.
Le ministre américain a également nié que la guerre en Ukraine détournait les Etats-Unis de leur rivalité et de leur confrontation croissantes avec la Chine.
Les Etats-Unis sont devenus plus attentifs à la "menace" chinoise depuis l'invasion russe en Ukraine, a-t-il dit.
"Notre soutien à l'Ukraine n'a pas affaibli nos capacités à répondre à une menace potentielle venant de la Chine ou d'ailleurs - il les a renforcées".
Sa visite consacre le virage majeur de la position de la Finlande en moins de cinq ans.
D'un "pont" entre Occident et Russie comme lors du sommet réunissant Vladimir Poutine et le président américain Donald Trump, le pays nordique, avec sa frontière de 1.340 kilomètres avec la Russie, est désormais le 31e membre de l'Otan et une voix forte contre l'agression russe parmi les Européens.