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L'Iran et l'Arabie saoudite ont franchi samedi une nouvelle étape de leur réconciliation au cours de la visite du chef de la diplomatie saoudienne à Téhéran après sept ans de rivalité au Moyen-Orient.
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Près de 100 jours après l'annonce surprise de la reprise de leurs liens diplomatiques, les deux poids-lourds du Moyen-Orient ont exprimé leur souhait que ce "retour à des relations normales ait un effet positif pour la région, le monde islamique et le monde entier", selon le prince Fayçal ben Farhane.
Il s'agit du premier ministre saoudien des Affaires étrangères à être reçu à Téhéran depuis 17 ans.
Après un entretien avec son homologue Hossein Amir-Abdolahian, il a rencontré plus tard le président iranien Ebrahim Raïssi, et déclaré qu'il allait lui remettre une invitation "à se rendre prochainement dans le royaume".
Aucune date n'a été annoncée pour ce déplacement censé finaliser le processus de réconciliation, qui avait été officialisé le 10 mars à Pékin dans le cadre d'un accord conclu par l'entremise de la Chine, nouvel acteur de poids sur la scène du Moyen-Orient.
Avec M. Raïssi, les deux hommes ont évoqué les "moyens de renforcer les relations bilatérales dans divers domaines", a déclaré le ministère saoudien des Affaires étrangères sur sa page Twitter.
Pour sa part, le président iranien a déclaré que pour son pays "il n'y a aucun obstacle au développement des relations avec les pays islamiques", d'après un communiqué de son bureau.
Il a souligné que "les problèmes et troubles régionaux peuvent être réglés par la coopération et le dialogue sans ingérence étrangère".
Depuis, les deux puissances rivales, qui entretiennent une inimitié depuis la Révolution islamique de 1979 en Iran, se sont opposées sur les grands dossiers régionaux. Elles ont ainsi soutenu des camps rivaux en Syrie, au Liban ou au Yémen.
- "Souveraineté" -
Le ministre saoudien a insisté sur le fait que les relations bilatérales étaient désormais "basées sur le respect total pour l'indépendance, la souveraineté et la non-ingérence dans les affaires intérieures".
La coopération entre Ryad et Téhéran est importante pour "la sécurité régionale, en particulier celle de la navigation maritime", a-t-il précisé, alors que les deux pays bordent le Golfe, par où transite une partie du brut mondial.
"La sécurité régionale sera assurée uniquement par les acteurs régionaux", a insisté M. Amir-Abdolahian, faisant allusion au souhait de Téhéran de mettre fin à la présence militaire américaine dans la région.
Washington avait annoncé en mai le renforcement de cette présence en raison de la multiplication des incidents dans les eaux du Golfe, notamment la saisie de pétroliers par les forces iraniennes.
L'Iran a rouvert le 6 juin son ambassade à Ryad et nommé comme ambassadeur le diplomate Alireza Enayati, jusqu'alors vice-ministre des Affaires étrangères.
La réouverture de l'ambassade saoudienne à Téhéran a pris en revanche du retard en raison du mauvais état du bâtiment, qui avait été endommagé par les manifestants en 2016. Elle sera de nouveau opérationnelle "bientôt", a indiqué lors d'une conférence de presse le prince Fayçal ben Farhane sans avancer de date.
En attendant la fin des travaux, les diplomates saoudiens travailleront dans des locaux sécurisés dans un hôtel luxueux de Téhéran, selon des médias.
Le dégel irano-saoudien a été suivi par une série de changements sur la scène diplomatique au Moyen-Orient. L'Arabie saoudite a renoué avec la Syrie, alliée de Téhéran, qui a été réintégrée au sein de la Ligue arabe.
Ryad a intensifié ses efforts de paix au Yémen, où elle dirige une coalition militaire appuyant le gouvernement yéménite contre les rebelles Houthis, proches de l'Iran.
Parallèlement, l'Iran a engagé un processus de normalisation avec les autres pays arabes avec lesquels il était en froid. Il devrait ainsi prochainement renouer avec Bahreïn et l'Egypte.