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Les Américains présents au Venezuela ont été appelés samedi à "quitter le pays immédiatement" en raison d'une situation sécuritaire jugée "instable" par les autorités américaines, alors que Nicolas Maduro, une semaine après sa capture, a dit, via ses avocats, aller "bien".
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"Nous allons bien. Nous sommes des combattants", a déclaré Nicolas Maduro depuis le centre de détention de Brooklyn, à New York, selon son fils dans une vidéo publiée samedi par le parti au pouvoir au Venezuela.
Accusés notamment de trafic de drogue, Nicolas Maduro et la Première dame Cilia Flores, qui ont plaidé non-coupable lors de leur présentation lundi devant la justice américaine, sont incarcérés depuis aux Etats-Unis avant une prochaine audience le 17 mars.
Avec des pancartes proclamant "Nous voulons leur retour", un petit millier de sympathisants ont défilé samedi dans les rues de Caracas, scandant "Maduro et Cilia sont notre famille!"
"Ici, il y a un peuple qui se bat", dit dans le cortège Yusleidys Arroyo, 36 ans.
Les appels à manifester en soutien au dirigeant socialiste déchu sont quotidiens depuis l'opération militaire américaines du 3 janvier. La mobilisation était moindre samedi, où aucune figure du Parti au pouvoir, le PSUV, n'était présente pour haranguer les foules. Peut-être aussi par lassitude de ces rassemblements quotidiens.
La télévision publique a diffusé une visite de la présidente par intérim Delcy Rodriguez à une foire agricole à Petare, un quartier emblématique de Caracas où s’est également tenue une petite manifestation en faveur de Maduro.
"Nous n'allons pas nous reposer une seule minute tant que nous n'aurons pas récupéré le président", a déclaré Rodríguez. "Nous allons le sauver, bien sûr que oui".
- "Contact étroit" -
Dans la foulée de la chute surprise de Maduro, l'ancienne vice-présidente Delcy Rodriguez a été investie présidente par intérim, et négocie sur plusieurs fronts avec Washington.
Son gouvernement a "décidé d'entamer un processus exploratoire" en vue de rétablir les relations diplomatiques avec les Etats-Unis, rompues depuis 2019.
Des diplomates américains se sont rendus vendredi à Caracas, et "l'administration Trump reste en contact étroit avec les autorités intérimaires", indique samedi un responsable du département d'Etat.
Donald Trump a affirmé avoir "annulé" une nouvelle attaque américaine sur le Venezuela du fait de la "coopération" de Caracas, et Washington entend "dicter" toutes ses décisions. Elle a rétorqué que son pays n'est ni "subordonné, ni soumis" à Washington.
Samedi, le département d'Etat américain a enjoint tous ses ressortissants à ne pas voyager au Venezuela et ceux qui s'y trouvent à "quitter le pays immédiatement", en raison d'une situation sécuritaire jugée "instable".
Il a évoqué la présence de "groupes de milices armées, connus sous le nom de colectivos, qui installent des barrages routiers et fouillent des véhicules à la recherche de preuves de citoyenneté américaine ou de soutien aux Etats-Unis".
- Moins d'une vingtaine de libérations -
La libération de prisonniers politiques est par ailleurs "un geste très important et intelligent" de Caracas a estimé Donald Trump, en référence à l'annonce jeudi par le président du Parlement Jorge Rodriguez, frère de Delcy Rodriguez, de la libération de "nombreux prisonniers".
Depuis, des dizaines de familles d'opposants ou militants vivent dans l'angoisse et l'espoir de retrouver leurs proches, notamment au centre pénitentiaire de Rodeo I, à l'est de Caracas.
Là, la mère d’un détenu qui souhaite garder l’anonymat par crainte de représailles, estime "inhumain, ce qu'ils nous infligent, c'est se moquer de nous. C’est comme s’ils voulaient faire du mal jusqu’au bout".
L'ONG Foro Penal fait état de 11 libérations depuis jeudi, 17 selon la principale coalition d'opposition, Plataforma Unitaria, sur un total de détenus qui oscille entre 800 et 1.200 selon les estimations d'ONG et d'organisations.
Dans un message sur X, Plataforma Unitaria demande que "s'accélère le processus de libération pour que cesse la souffrance" des prisonniers et leurs familles.
- "Avec nous" -
Depuis son opération militaire sur le sol vénézuélien, qui a fait au moins 100 morts, le gouvernement américain continue son blocus sur l'exportation du pétrole vénézuélien.
Trump a réuni à la Maison Blanche les grands groupes pétroliers pour les pousser à se lancer à l'assaut des vastes réserves du Venezuela, sans sembler emporter la conviction de tous les dirigeants autour de la table.
Le Venezuela dispose des plus grandes réserves prouvées de brut du monde avec plus de 300 milliards de barils, selon l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), devant l'Arabie saoudite (267 milliards) et l'Iran.