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Des Iraniens ont de nouveau manifesté contre le pouvoir dans la nuit, une ONG s'inquiétant dimanche dans le pays privé d'internet d'un "massacre" des forces de l'ordre pour mettre fin à une contestation inédite depuis trois ans.
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Des ONG ont signalé des dizaines de morts depuis le début du mouvement, alors que la République islamique fait face à l'un de ses plus grands défis depuis sa proclamation en 1979.
Devant un Iran "aspirant à la liberté", le président américain Donald Trump a répété samedi que Washington se tenait "prêt à aider".
En cas de frappes américaines, l'Iran ripostera en ciblant des sites militaires et le transport maritime des Etats-Unis, a averti dimanche le président du Parlement.
- Hôpitaux "débordés" -
Sur le terrain, la mobilisation ne faiblit pas.
Des vidéos publiées sur les réseaux sociaux ont montré de grandes foules défilant dans la nuit de samedi à dimanche dans plusieurs villes iraniennes, notamment la capitale Téhéran et Machhad, dans l'est du pays.
Ces images sont probablement diffusées par des moyens satellitaires, alors que la coupure d'internet, depuis maintenant plus de 60 heures, rend quasi impossible toute communication avec le monde extérieur.
"Cette mesure de censure constitue une menace directe pour la sécurité et le bien-être des Iraniens", a souligné sur son compte X l'ONG de surveillance de la cybersécurité Netblocks.
Dans d'autres vidéos, qui n'ont pas pu être authentifiées par l'AFP à ce stade, on voit des familles qui semblent identifier dans une morgue de Téhéran les corps de proches tués dans les manifestations.
L'organisation Human Rights Activists News Agency (HRANA), basée aux Etats-Unis, a déclaré avoir confirmé la mort de 116 personnes, dont 37 membres des forces de sécurité ou autres responsables, depuis le début du mouvement.
Mais les militants ont averti que la coupure d'internet limitait fortement la circulation de l'information et que le nombre réel de victimes risquait d'être bien plus élevé.
Le Centre pour les droits de l'homme en Iran (CHRI), dont le siège est à New York, a dit avoir reçu des "témoignages directs et des rapports crédibles" sur la mort de centaines de manifestants ces derniers jours.
"Un massacre est en cours en Iran. Le monde doit agir maintenant pour empêcher de nouvelles pertes humaines", avertit l'organisation.
Elle ajoute que les hôpitaux sont "débordés", que les réserves de sang diminuent et que de nombreux manifestants ont été délibérément visés aux yeux par des tirs.
- Lignes téléphoniques coupées -
Dans des déclarations à la télévision d'Etat, le ministre de l'Intérieur Eskandar Momeni a affirmé que les actes de "vandalisme" étaient en baisse, mettant en garde "ceux qui mènent les manifestations vers la destruction, le chaos et des actes terroristes".
Dimanche, le chef de la police a annoncé "d'importantes arrestations contre les principaux éléments impliqués dans les émeutes, qui, si Dieu le veut, seront punis après la fin des procédures légales".
A Téhéran, un journaliste de l'AFP décrit une quasi-paralysie de la vie quotidienne. Le prix de la viande a presque doublé depuis le début de la contestation et beaucoup de boutiques ont baissé le rideau.
Les écoles sont fermées et l'enseignement se fait désormais à distance mais sans internet, il est impossible de se connecter. De même, si de nombreux Iraniens se rendent encore au bureau, l'absence de réseau rend toute activité pratiquement impossible.
Samedi soir, les lignes de téléphonie mobile ont également été coupées. Selon des habitants de Téhéran, lors de la dernière grande vague de manifestations en 2022-2023, elles continuaient de fonctionner et le niveau de perturbation de la vie quotidienne n'avait rien à voir avec la situation actuelle.
Très présent sur les réseaux sociaux, Reza Pahlavi, fils en exil du chah renversé en 1979, a appelé à de nouvelles actions plus tard dimanche.
"N'abandonnez pas les rues. Mon cœur est avec vous. Je sais que je serai bientôt à vos côtés", a-t-il lancé.