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Le socialiste modéré Antonio José Seguro est le grand favori du second tour de l'élection présidentielle de dimanche au Portugal, dans lequel il affronte André Ventura, dirigeant d'un parti d'extrême droite devenu en quelques années la deuxième force politique dans ce pays.
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Après la victoire de M. Seguro au premier tour le 18 janvier, la campagne a été totalement perturbée par les tempêtes meurtrières qui ont balayé le Portugal ces deux dernières semaines, poussant une vingtaine de circonscriptions parmi les plus touchées à reporter le scrutin d'une semaine.
L'écrasante majorité des 11 millions d'électeurs au Portugal et à l'étranger était donc appelée à voter dimanche et, malgré les craintes d'une démobilisation des électeurs, la participation jusqu'à midi s'élevait à 22,35%, en légère hausse par rapport au premier tour à la même heure.
Après la fermeture des derniers bureaux aux Açores, des sondages sortie des urnes seront diffusés par les chaînes de télévision locales à 20H00 GMT, et les résultats seront publiées plus tard dans la soirée.
"Je pense qu'ils ont fait le bon choix en décidant de maintenir les élections", a témoigné à l'AFP Celeste Caldeira, une enseignante à la retraite de 87 ans.
- "Un manque de respect" -
"Ces élections sont très étranges pour moi. Le choix est vraiment difficile car je n’aime aucun des deux candidats", a pour sa part expliqué Julia Rodrigues, une étudiante en médecine de 20 ans.
Une enquête publiée mercredi créditait M. Seguro, un homme politique expérimenté de 63 ans qui a toutefois passé la dernière décennie en retrait de la vie publique, de 67% des intentions de vote.
Tandis que cette victoire annoncée lui faisait déjà craindre une démobilisation du corps électoral pour ce second tour, les intempéries des derniers jours ont poussé le candidat socialiste à désigner l'abstention comme son "grand adversaire".
"J'appelle les Portugais à venir voter. Profitez de cette fenêtre de beau temps", a déclaré M. Seguro après avoir voté dans une école à Caldas da Rainha, ville où il réside, à une centaine de kilomètres au nord de Lisbonne.
"C'est un manque de respect d'envoyer les gens voter aujourd'hui après ce qu'il s'est passé", a pour sa part estimé le candidat d'extrême droite, qui avait défendu un report du vote à l'échelle nationale.
- Neutralité du Premier ministre -
Le socialiste a remporté le premier avec 31,1% des suffrages et s'est assuré depuis le soutien de nombreuses personnalités politiques issues de l'extrême gauche, du centre et même de la droite, mais pas celui du Premier ministre Luis Montenegro.
Le chef du gouvernement minoritaire de droite, qui s'appuie au Parlement tantôt sur les socialistes, tantôt sur l'extrême droite, a refusé de donner une consigne de vote pour le second tour après l'élimination du candidat soutenu par son parti.
M. Ventura a quant à lui déjà franchi un nouveau palier en se qualifiant pour le second tour avec 23,5% des voix et ainsi confirmé la progression électorale de son parti Chega ("Assez"), devenu la première force d'opposition à l'issue des législatives de mai 2025.
Le prochain président succèdera début mars au conservateur Marcelo Rebelo de Sousa, qui a appelé au vote samedi soir "afin de vaincre la catastrophe et reconstruire l'avenir".
Si le rôle du chef de l'Etat portugais est surtout symbolique, il est appelé à jouer un rôle d'arbitre en cas de crise et dispose du pouvoir de dissoudre le Parlement pour convoquer des législatives anticipées.