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Nouvelle arrestation dans le camp réformateur et condamnation de Narges Mohammadi, prix Nobel de la paix: l'Iran intensifie la répression à l'intérieur du pays, tout en maintenant le volet diplomatique ouvert avec les Etats-Unis.
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Confronté à l'un de ses plus grands défis, le guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, a appelé lundi ses compatriotes à faire preuve de "résilience" à l'occasion de l'anniversaire cette semaine de la Révolution islamique de 1979.
"La puissance d'une nation ne réside pas tant dans ses missiles et ses avions que dans la volonté et la résilience de son peuple", a souligné le dirigeant, ajoutant: "Montrez-le à nouveau et déjouez les plans de l'ennemi".
Il a livré ce message de fermeté quelques jours après une première session de discussions entre Téhéran et Washington et alors que le pouvoir maintient la pression sur les voix critiques.
Après la cheffe du Front des réformateurs Azar Mansouri, les Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique de la République islamique, ont interpellé le porte-parole Javad Emam, écrivent lundi le quotidien réformateur Shargh et l'agence de presse Fars.
Deux autres personnalités du mouvement avaient été arrêtées la veille.
- Arrestations en série -
Le camp réformateur avait largement soutenu le président Massoud Pezeshkian lors de la campagne présidentielle de 2024.
Mais il a pris ses distances après le début des manifestations qui ont éclaté fin décembre contre le marasme économique avant de prendre de l'ampleur les 8 et 9 janvier.
Le mouvement de contestation a été étouffé dans le sang par le pouvoir. Les ONG recensent des milliers de morts et redoutent un bilan bien plus élevé, la tâche du macabre décompte étant compliquée par une coupure d'internet sans précédent.
Plusieurs personnalités ont par ailleurs été arrêtées ces derniers jours pour leur contribution à un message critique du pouvoir, écrit dans la foulée des manifestations.
Le cinéaste Mehdi Mahmoudian, co-scénariste du film "Un simple accident", Palme d'or à Cannes en 2025, en fait partie.
Les réalisateurs iraniens Jafar Panahi et Mohammad Rasoulof sont également signataires du texte, tout comme Narges Mohammadi.
Selon son avocat, la justice a condamné samedi à de la prison ferme la lauréate du Nobel de la paix en 2023, dont l'état de santé s'est détérioré du fait d'une grève de la faim de près d'une semaine, désormais interrompue.
Ces 25 dernières années, Mme Mohammadi a été à plusieurs reprises jugée et emprisonnée pour son engagement contre la peine de mort et le code vestimentaire strict pour les femmes en Iran.
- "Profonde méfiance" -
Le président américain Donald Trump a multiplié en janvier les menaces d'intervention militaire en Iran face à la répression meurtrière des rassemblements.
L'Iran n'accepte de discuter que de son programme nucléaire, martelant son droit à enrichir l'uranium à des fins civiles, alors que les pays occidentaux et Israël l'accusent de chercher à se doter de l'arme nucléaire.
Les Etats-Unis, qui ont déployé une vaste force navale dans le Golfe, exigent un accord plus large, incluant la limitation des capacités balistiques du pays et l'arrêt de son soutien à des groupes armés hostiles à Israël.
Malgré ces divergences, M. Trump s'est félicité de "très bonnes" discussions, qui devraient se poursuivre dans les prochains jours.
Le secrétaire de la plus haute instance de sécurité en Iran, Ali Larijani, est attendu mardi dans le sultanat d'Oman pour "discuter des derniers développements régionaux et internationaux".
"Une profonde méfiance" subsiste avec les Etats-Unis, a averti le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi.
En cas d'échec des discussions, Washington brandit la menace d'une attaque. En riposte, l'Iran a averti qu'il n'hésiterait pas à frapper les bases américaines dans la région et bloquer le détroit d'Ormuz, passage clé des approvisionnements énergétiques mondiaux.