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L'Iran ne cédera pas aux "demandes excessives" des Etats-Unis sur son programme nucléaire, a averti son président mercredi, jour où le pouvoir iranien, fragilisé par les récentes manifestations, célèbre l'anniversaire de la Révolution islamique de 1979.
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Dans un discours sur la place Azadi (Liberté) de Téhéran, devant une foule agitant des drapeaux de la République islamique, Massoud Pezeshkian a affirmé que son pays ne plierait pas face aux revendications américaines ou à une "agression" des Etats-Unis.
A la veille de cette commémoration, des Iraniens sont sortis dans la soirée sur leurs balcons dans des quartiers de la capitale, scandant des slogans tels que "Mort au dictateur" et "Mort à la République islamique", selon des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux. L'AFP a vérifié l'authenticité de trois d'entre elles.
Après le déclenchement fin décembre de manifestations qui ont évolué en un mouvement de contestation d'une ampleur inédite contre le pouvoir, réprimé dans le sang début janvier, Donald Trump a multiplié les avertissements contre l'Iran.
Il reçoit mercredi à Washington le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, tenant d'une ligne dure. Selon ce dernier, toute négociation irano-américaine doit inclure "la limitation des missiles balistiques et le gel du soutien" de Téhéran aux groupes armés régionaux hostiles à Israël, une exigence répétée aussi par les Etats-Unis.
- Missiles et slogans anti-Trump -
Dans la capitale, des soutiens du pouvoir ont défilé mercredi, encadrés par un important dispositif de sécurité, plus large que les années précédentes, a constaté un journaliste de l'AFP. Des rassemblements similaires se tenaient à travers le pays.
Dans la foule, des slogans proclament la résistance de "la nation iranienne". Des images moquent Donald Trump et Reza Pahlavi, ce fils du chah déchu et figure de l'opposition, qui vit en exil. Des répliques de missiles sont aussi installées sur la place.
La veille au soir, des feux d'artifice avaient déjà commémoré la prise de pouvoir officielle de l'ayatollah Rouhollah Khomeini en 1979.
Selon le compte Sharak Ekbatan, qui suit sur X l'actualité d'un quartier résidentiel de Téhéran, les autorités ont envoyé des forces de sécurité criant "Dieu est le plus grand" après que des habitants ont commencé à scander des slogans contre le gouvernement.
Après une première session de pourparlers à Oman, le 6 février, l'Iran a réaffirmé ne vouloir discuter que de son programme nucléaire, et martelé son droit à enrichir l'uranium à des fins civiles, alors que les pays occidentaux et Israël l'accusent de chercher à se doter de l'arme nucléaire.
Pour dissiper les inquiétudes, l'Iran s'est dit prêt à "toute vérification" du caractère pacifique de son programme nucléaire, selon son président, qui a répété que son pays ne "cherchait pas" l'arme nucléaire.
- Qatar et Oman -
Alors que les diplomaties du Golfe s'activent pour réduire les tensions, l'émir du Qatar, Cheikh Tamim ben Hamad al-Thani, s'est entretenu avec le président américain de la nécessité de "résoudre les crises par le dialogue", ont indiqué mercredi ses services.
Dans le cadre de ces tractations, le chef du Conseil suprême de sécurité nationale iranien, Ali Larijani, est attendu au Qatar, au lendemain d'une visite à Oman.
Parralèlement à cette reprise des pourparlers avec Washington - pour la première fois depuis des frappes américaines sur ses installations nucléaires durant la la guerre de 12 jours déclenchée par Israël en juin - l'Iran poursuit sa répression des contestataires.
Selon le groupe basé aux Etats-Unis Human Rights Activists News Agency (HRANA), au moins 6.984 personnes, dont 6.490 manifestants, ont été tuées au cours du pic des protestations, début janvier, et au moins 52.623 personnes ont été arrêtées depuis.
Parmi elles, figurent des membres du courant réformateur en Iran qui avaient soutenu la campagne électorale de M. Pezeshkian en 2024 avant de prendre leurs distances.