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L'Assemblée nationale vénézuélienne entame jeudi le débat final en vue de l'adoption d'une loi d'amnistie générale, qui doit conduire à des libérations massives de prisonniers politiques, alors que des milliers de personnes participent à la première grande manifestation d'opposition depuis la chute de Maduro.
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"On n'a pas peur !", ont scandé des milliers de personnes qui se sont rassemblées jeudi à l'Université centrale du Venezuela (UCV) de Caracas pour une première grande manifestation d'opposition depuis la capture de Nicolas Maduro par l'armée américaine le 3 janvier, ont constaté des journalistes de l'AFP.
"Amnistie maintenant" peut‑on lire sur une banderole déployée à l'entrée de l'UCV, la plus grande du pays et le lieu d'une critique du chavisme, la doctrine d'inspiration socialiste fondée par le feu président Hugo Chavez (1999-2013).
La loi d'amnistie générale a été promise, sous pression américaine, par la présidente par intérim Delcy Rodriguez qui a aussi ouvert au privé les vastes ressources pétrolières du Venezuela ou ordonné la fermeture de la tristement célèbre prison de l'Hélicoïde, dénoncée comme un centre de torture par l'opposition et les militants des droits humains.
La discussion du projet de "loi d'amnistie pour la coexistence démocratique", qui doit permettre la libération de l'ensemble des détenus politiques, est le seul point à l'ordre du jour de l'Assemblée.
- "Nous méritons la paix" -
La loi avait été approuvé en première lecture la semaine dernière. Le second débat pour son adoption définitive était initialement prévu mardi, mais il a été repoussé en raison du processus de consultation publique obligatoire avant l'adoption d'une loi. Des juristes, des dirigeants de l'opposition et même des familles de prisonniers politiques y ont participé.
Le procureur général Tarek William Saab a également répondu à l'appel aux côtés d'autres membres du pouvoir judiciaire.
"Nous méritons la paix, que tout soit débattu par le dialogue", a déclaré M. Saab dans un entretien avec l'AFP.
L'amnistie, a-t-il estimé, doit en conséquence conduire à un geste des Etats-Unis : la libération du président déchu Maduro et son épouse, détenus à New York.
Jorge Rodriguez, frère de Delcy, qui préside le Parlement, a annoncé la semaine dernière que l'adoption de la loi se traduirait par la libération de tous les prisonniers politiques.
"Une fois cette loi approuvée, le jour-même, ils sortiront tous", a-t-il promis devant des cellules de la Police nationale, à Caracas.
Le vote de la loi d'amnistie coincide avec la visite de deux jours au Venezuela du ministre américain du pétrole Chris Wright qui visite des champs de pétrole jeudi en compagnie de la présidente par interim. Mercredi, il avait évoqué un "tournant" dans les relation bilatérales, soulignant: "La mise en quarantaine du pétrole (vénézuélien) est pour l’essentiel terminée".
- "Nous avons tous peur" -
Signe des tensions au sein du pouvoir, un leader de l'opposition, Juan Pablo Guanipa, a été libéré de prison dans le cadre des remises en liberté dimanche, mais à nouveau arrêté 12 heures plus tard avant d'être envoyé à Maracaibo (ouest) assigné à résidence.
Les autorités l'ont accusé d'avoir violé sa liberté conditionnelle après avoir réclamé des élections lors d'une manifestation avec des proches de prisonniers politiques.
"LE VENEZUELA SERA LIBRE ! Vive nos étudiants !", s'est réjouie la cheffe de l'opposition et prix Nobel de la paix, Maria Corina Machado, sur le réseau X, accompagnant son message d'une vidéo montrant une partie de la manifestation.
"Nous avons passé beaucoup de temps dans la clandestinité, muets, silencieux face à tout ce que le Venezuela a vécu avec la répression (...) mais aujourd'hui nous nous levons, nous nous unissons et nous nous rassemblons tous pour exiger chacune des revendications nécessaires pour ce pays", a affirmé à l'AFP Dannalice Anza, étudiante en géographie de 26 ans, à la manifestation de jeudi.
"Le pays entre en ce moment dans un processus de réconciliation, de reconnaissance mutuelle, où la pluralité doit être indispensable. La façon de penser de chacun d'entre nous doit être respectée", a-t-elle ajouté.
Le pouvoir a de son côté aussi organisé une manifestation qui a attiré des milliers de participants en cette journée de la Jeunesse.