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Washington a fait état dimanche des premiers soldats américains tués dans le cadre de l'opération contre l'Iran lors de laquelle le guide suprême, Ali Khamenei, a été tué, Téhéran menant des frappes de représailles sur les pays du Golfe alliés des Etats-Unis et sur Israël.
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En riposte à l'attaque lors de laquelle de très hauts responsables iraniens ont péri samedi, la République islamique a lancé des frappes tous azimuts contre plusieurs pays voisins, notamment ceux abritant des bases américaines, et Israël, où neuf personnes ont été tuées dimanche selon les secours.
Trois soldats américains ont été tués et cinq autres grièvement blessés dans le cadre de l'opération contre l'Iran, a annoncé dimanche le commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom), les premières victimes américaines connues.
- "Revenir à la raison" -
Des journalistes de l'AFP ont entendu de nouvelles explosions à Dubaï, Abou Dhabi, Doha, Ryad et Manama, ainsi qu'Oman, médiateur dans les négociations reprises début février entre l'Iran et les Etats-Unis.
Ryad a intercepté des missiles iraniens visant l'aéroport international de Ryad et la base aérienne du prince Sultan, qui abrite des militaires américains, a indiqué à l'AFP une source du Golfe au fait du dossier.
Deux navires ont été attaqués au large des Emirats arabes unis et d'Oman dans le détroit d'Ormuz, selon des agences de sécurité maritimes. Le premier armateur mondial, l'italo-suisse MSC, a ordonné à tous ses navires présents dans le Golfe de "se mettre à l'abri".
Les Emirats, où trois personnes ont été tuées et 58 blessées depuis samedi, ont appelé l'Iran à revenir "à la raison".
Les hostilités ont entraîné l'annulation de plusieurs centaines de vols à travers le monde vers le Moyen-Orient.
Le Royaume-Uni a exhorté ses citoyens se trouvant à Bahreïn, au Koweït, au Qatar et aux Emirats à "rester à l'abri". La France se dit se tenir prête à évacuer ses ressortissants au Proche-Orient.
Comme il avait prévenu, l'Iran a aussi répliqué avec de nouvelles frappes contre Israël.
Neuf personnes ont été tuées dimanche à Bet Shemesh, dans le centre d'Israël, quand un bâtiment s'est effondré à la suite d'une "frappe directe" de missile iranien, ont annoncé les secours, précisant avoir évacué 28 blessés dont deux dans un état grave.
Plus de 20 personnes ont aussi été blessées à Tel-Aviv. Dimanche matin, les sirènes d'alerte aérienne ont retenti dans plusieurs régions d'Israël.
D'abord annoncée par Donald Trump, la mort d'Ali Khamenei a été confirmée dans la nuit par la télévision d'Etat iranienne.
Le président, Massoud Pezeshkian, a déclaré dimanche que venger sa mort était un droit "légitime".
"HIER, L'IRAN A TIRÉ DES MISSILES SUR LES ETATS-UNIS ET ISRAËL, ET ILS ONT FAIT MAL. AUJOURD'HUI, NOUS LES FRAPPERONS AVEC UNE FORCE QU'ILS N'ONT JAMAIS CONNUE", a prévenu le chef du Conseil suprême de sécurité nationale, Ali Larijani, sur X.
Des milliers de personnes se sont rassemblées à Téhéran, certaines en larmes, brandissant des drapeaux iraniens aux cris de "mort à l'Amérique", "mort à Israël", selon un journaliste de l'AFP sur place.
- "Frapper avec force" -
La nouvelle de la disparition de celui qui a dirigé l'Iran d'une main de fer durant près de 37 ans a aussi été accueillie à Téhéran avec de la musique depuis des fenêtres et par des acclamations de joie dans les rues, selon des vidéos vérifiées par l'AFP.
Alors que les Etats-Unis et Israël ont dit qu'ils continueraient leurs frappes, plusieurs explosions ont été entendues dans la matinée à Téhéran, ont rapporté des journalistes de l'AFP, peu avant que l'armée israélienne dise frapper "au coeur" de la capitale.
Après de premières menaces de représailles des Gardiens de la Révolution, M. Trump a prévenu sur sa plateforme Truth Social: "S'ILS LE FONT, NOUS LES FRAPPERONS AVEC UNE FORCE SANS PRECEDENT!".
Il a jugé que le peuple iranien tenait là sa "plus grande chance" de "reprendre" le contrôle du pays.
Outre Khamenei, plusieurs hauts responsables iraniens, dont le chef des Gardiens de la Révolution, Mohammad Pakpour, un conseiller du guide suprême, Ali Shamkhani, et le chef d'état-major de l'armée, Abdolrahim Moussavi, ont été tués, a indiqué la télévision d'Etat.
Israël a affirmé avoir tué 40 hauts-gradés, dont Ali Khamenei.
- "Couper la tête du serpent" -
La transition du pouvoir sera assurée par un triumvirat composé de Massoud Pezeshkian, du chef du pouvoir judiciaire Gholamhossein Mohseni Ejeï, et d'Alireza Arafi, un haut dignitaire religieux, membre du Conseil des Gardiens de la Révolution, selon un média d'Etat.
En Iran, le Croissant-Rouge iranien a annoncé samedi la mort de plus de 200 personnes dans les frappes à travers le pays. Le pouvoir judiciaire a fait notamment état d'au moins 108 morts dans une école de filles, un bilan invérifiable de source indépendante. Israël a dit ne pas être au courant d'une frappe sur une école.
Outre le Golfe et Israël, les hostilités s'étendent ailleurs dans la région.
Des frappes de missiles et drones ont ciblé le nord de l'Irak où sont déployées des troupes américaines. En Syrie, Israël a intercepté un missile iranien, selon une source officielle syrienne. Et en Jordanie, les forces armées ont dit avoir intercepté depuis samedi 13 missiles balistiques.
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a justifié l'attaque de samedi par la "menace existentielle" que fait peser selon lui l'Iran sur Israël. Donald Trump a lui dit répondre à des menaces "imminentes" contre les Etats-Unis, liées à la fois au programme nucléaire et aux capacités de missiles iraniennes.
De hauts responsables américains ont accusé samedi les autorités iraniennes d'avoir lancé la reconstruction des sites nucléaires frappés en juin 2025 et d'exclure de discuter de leurs missiles balistiques, un point majeur d'inquiétude pour Israël.