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Washington a annoncé mercredi que l'un de ses sous-marins avait coulé un navire iranien dans l'océan indien, l'Iran ciblant lui le Kurdistan irakien dans une riposte qui baisse en intensité selon les Américains, au cinquième jour d'une guerre au Moyen-Orient qui se propage.
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Depuis l'attaque israélo-américaine lancée samedi sur l'Iran, Téhéran réplique par des salves de drones et missiles contre Israël et des cibles américaines dans le Golfe.
Mais "les tirs de missiles balistiques tactiques iraniens ont diminué de 86% par rapport au premier jour des combats, avec une baisse de 23% dans les dernières 24 heures", selon Dan Caine, le chef d'état-major américain.
La différence entre "leur capacité à tirer et notre capacité à nous défendre se creuse jour après jour" en faveur de Washington, a affirmé le ministre de la Défense américain Pete Hegseth.
Première victime collatérale du conflit, le Liban, entraîné dans la guerre par le Hezbollah qui a ciblé Israël au début de la guerre pour "venger" la mort du guide iranien Ali Khamenei, subit depuis frappes et incursions israéliennes sur son sol.
D'habitude préservées du tumulte de la région, des villes comme Dubai et Ryad se retrouvent également plongées dans le chaos, entre ambassades américaines fermées, touristes bloqués, milliers de vols annulés, raffineries et pétroliers visés.
- 87 marins tués -
Le conflit a des répercussions à des milliers de kilomètres de Téhéran: un sous-marin américain a coulé mardi un bateau de guerre iranien dans l'Océan Indien, selon le ministre américain de la Défense, une première depuis la Seconde guerre mondiale. Les autorités srilankaises ont fait état de 87 marins tués et de 61 disparus.
L'Irak est aussi dans la tourmente: l'Iran a ciblé, dans la région voisine du Kurdistan irakien, des groupes d'opposition kurdes armés et hostiles à la République islamique. Un combattant est mort dans une attaque à la roquette, selon un porte-parole du Parti de la liberté du Kurdistan (PAK).
Le plus haut dignitaire chiite d'Irak, le Grand ayatollah Ali Sistani, né en Iran, a pour sa part dénoncé la "guerre injuste" menée contre l'Iran, appelant tous les pays à "déployer tous les efforts pour y mettre fin".
La Turquie s'est elle aussi retrouvée prise malgré elle dans le conflit, après l'interception d'un missile tiré depuis l'Iran se dirigeant vers son espace aérien.
Ankara a mis en garde Téhéran, avant qu'un responsable turc ne soutienne que la cible était vraisemblablement une base militaire de Chypre, déjà touchée par une attaque iranienne en début de semaine.
- En quête d'un successeur à Khamenei -
A Téhéran, aux allures de ville morte dont les habitants restent cloîtrés chez eux pour ceux qui ne sont pas partis, des obsèques nationales étaient initialement prévues mercredi soir pour Ali Khamenei, intransigeant guide suprême pendant 36 ans, tué samedi au début de l'offensive.
Alors que le pouvoir s'organise pour assurer le succession de Khamenei, Israël a prévenu que tout remplaçant serait "une cible" destinée à être assassinée.
"Compte tenu de cet élément crucial, il convient d'agir avec discrétion", a souligné Ahmad Khatami, un membre de l'Assemblée des experts, l'institution responsable du choix d'un nouveau guide.
De très fortes détonations secouent régulièrement la capitale iranienne, provoquant d'épais nuages de fumée grise s'élevant dans le ciel bleu, selon des journalistes de l'AFP.
"Téhéran est aussi désert qu'hier. Les rues qui ont été touchées (par des frappes) sont bouclées et des employés enlèvent les décombres. Il y a des contrôles de patrouilles de police partout", témoigne sur Telegram Abid, un habitant de la capitale.
- Combats "directs" au Liban -
Dans le stratégique détroit d'Ormuz, le trafic maritime est toujours paralysé: il a chuté de 90% en une semaine, selon la société d'analyse Kpler. Les Gardiens de la Révolution, force chargée des opérations extérieures iraniennes, ont revendiqué mercredi le contrôle "total" du passage, par lequel transitent habituellement 20% du pétrole et du gaz naturel liquéfié mondiaux.
Le général Ebrahim Jabbari a promis de "brûler tout navire" qui tenterait de le franchir.
Et un conseiller du guide défunt a prévenu mercredi que l'Iran était prêt à "poursuivre la guerre". "Aussi longtemps que nous le souhaitons", a assuré Mohammad Mokhbar.
Israël continue à cibler "avec force" l'Iran, mais aussi le Liban, où il a élargi le champ de ses frappes, visant le secteur du palais présidentiel près de Beyrouth et d'autres zones au sud de la capitale, ainsi que des bastions du Hezbollah pro-iranien.
L'armée a ordonné aux habitants d'une partie du sud d'évacuer la zone, et a déclenché des opérations terrestres. Le Hezbollah dit y mener des combats "directs" avec des forces israéliennes.
Au total, 72 personnes ont été tuées et plus de 83.000 déplacées, selon les autorités libanaises.
- Bombe atomique -
Côté iranien, l'agence de presse officielle iranienne Irna a fait état mercredi de 1.045 morts, un bilan que l'AFP n'a pu vérifier.
Dans le camp adverse, six militaires américains ont été tués, selon le Pentagone. Et en Israël, où les sirènes ont retenti à plusieurs reprises mercredi, dix personnes sont mortes dans des frappes iraniennes, d'après les services de secours.
Dans les pays du Golfe, les attaques iraniennes ont fait 13 morts, dont une fillette de 11 ans tuée mercredi par la chute de débris dans une zone résidentielle au Koweït.
Au début de l'attaque, Donald Trump avait appelé le peuple iranien à renverser la République islamique, instaurée en 1979.
Mais si les Etats-Unis souhaitent la chute du pouvoir actuel, le principal objectif déclaré est d'empêcher l'Iran de se doter de la bombe atomique - intention que Téhéran dément - et de détruire ses capacités balistiques.