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Une vingtaine de pays réunis mardi au sommet nucléaire de Paris ont appelé à "mobiliser" les financements publics comme privés pour investir dans cette technologie qui connaît un certain retour en grâce.
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Parmi ces 27 pays, la France rejointe par la Belgique, le Japon, l'Italie ou la Turquie ont souligné "l'importance de mobiliser un financement adéquat, prévisible et diversifié (...) y compris par le biais de financements impliquant le public", mais aussi les banques multilatérales et les "investisseurs privés", qui ont longtemps regardé les projets d'électricité nucléaire avec méfiance.
Jusqu'ici, ces investissements sensibles et risqués ont historiquement été portés par les Etats et leurs électriciens publics, ce qui vient souligner, selon l'Elysée, la dimension "inédite" de la déclaration.
L’intérêt nouveau pour cette énergie gourmande en capitaux nécessite en effet un important levier financier pour être en mesure de tripler les capacités nucléaires installées dans le monde d'ici 2050, un objectif adopté dans une déclaration à la COP28 à Dubaï, à laquelle ont souscrit depuis 2023 une trentaine de pays. La liste en compte désormais cinq nouveaux: Brésil, Chine, Afrique du Sud, Belgique, Italie.
Le président Emmanuel Macron a ouvert le sommet en défendant le nucléaire civil, comme facteur d'"indépendance" dans un contexte géopolitique où les hydrocarbures peuvent devenir un instrument "de déstabilisation".
"Le nucléaire est clé pour réconcilier à la fois l'indépendance et donc la souveraineté énergétique, la décarbonation et donc la neutralité carbone à horizon 2050, et la compétitivité et donc la création d'emplois de nos économies", a dit le chef de l'Etat français.
Emmanuel Macron a appelé "chaque acteur public et privé à prendre sa part pour continuer de mobiliser les investissements" en faveur de cette énergie, "véritable secteur d'avenir". Les banques et fonds d'investissement doivent "faire un effort (...) pour les projets les plus risqués", a-t-il ajouté.
Organisé par la France, une des puissances nucléaires historiques (57 réacteurs), ce 2e sommet destiné à concrétiser la relance de l'atome civil a réuni une quarantaine de représentants d'Etats, dont les Etats-Unis et la Chine - autres acteurs historiques -, des Etats européens et des membres du G7 au côté d'organisations internationales et de représentants de la filière, sur fond de guerre au Moyen-Orient qui a provoqué une flambée des prix du pétrole et du gaz.
Deux militants de Greenpeace ont tenté de le perturber en déployant une banderole arguant que "l'énergie nucléaire alimente la guerre de la Russie" alors que le président français accueillait des invités.
"erreur stratégique"
Comme en 2022, après l'invasion de l'Ukraine par la Russie, la guerre au Moyen-Orient est venue rappeler la vulnérabilité des pays dépendants d'importations d'énergies fossiles, entre risques d'approvisionnement et volatilité des marchés, mettant en lumière l'intérêt des énergies décarbonées souveraines - renouvelables et nucléaire.
"Il est dans l'intérêt des pays européens, pour leur sécurité énergétique et pour leur souveraineté, de développer davantage leurs énergies renouvelables" et "d'opérer un retour en force de l'énergie nucléaire", avait aussi souligné la semaine dernière Fatih Birol, le directeur exécutif de l'Agence internationale de l'énergie.
Après une première édition à Bruxelles en 2024, ce sommet en partenariat avec l'Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), visait à "identifier les mesures pratiques nécessaires" pour concrétiser la relance d'une énergie nucléaire "sûre et accessible à tous", dans le contexte particulier de l'année 2026 marquée par le 40e anniversaire de la catastrophe de Tchernobyl (Ukraine) et 15e anniversaire de l'accident de Fukushima.
Tombé en disgrâce après l'accident de la centrale japonaise en 2011, le secteur a de nouveau le vent en poupe grâce aux enjeux de souveraineté énergétique, la nécessité de décarboner l'énergie et l'essor de l'intelligence artificielle, vorace en électricité.
Aujourd'hui, le nucléaire représente 10% de l'électricité produite dans le monde, avec quelque 450 réacteurs, dans une trentaine de pays.
Mais "une quarantaine d'(autres) pays ont manifesté un intérêt ferme" depuis quelques années pour relancer l'atome ou construire leur industrie nucléaire, a indiqué lundi Rafael Grossi, directeur général de l'AIEA.