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La France a annoncé la mort d'un de ses soldats au Kurdistan irakien, le premier depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, où Iran et Israël poursuivent leurs frappes vendredi matin.
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Sur le terrain économique, heurté par l'explosion des prix du pétrole, les Etats-Unis ont par ailleurs assoupli partiellement les sanctions imposées à la Russie pour son invasion de l'Ukraine, en autorisant temporairement la vente de son pétrole stocké sur des navires.
La guerre au Moyen-Orient a franchi dans la nuit une nouvelle étape, avec l'annonce par Emmanuel Macron de la mort d'un premier militaire français "lors d'une attaque dans la région d'Erbil" au Kurdistan irakien. Lui et ses frères d'armes y agissaient "dans le strict cadre de la lutte contre le terrorisme", a-t-il observé.
"La guerre en Iran ne saurait justifier de telles attaques", a souligné M. Macron, faisant état de plusieurs blessés.
Sans revendiquer directement d'attaque, un groupe armé irakien et pro-iranien, Ashab al-Kahf, a annoncé vendredi qu'il s'en prendrait désormais à "tous les intérêts français" dans la région. Une décision prise, explique-t-il, en réaction au déploiement du porte-avions Charles de Gaulle.
Emmanuel Macron a mis en avant dernièrement le "rôle défensif" de la France dans la guerre, avec un dispositif appelé à mobiliser frégates et porte-hélicoptères amphibies.
Côté occidental, les Etats-Unis, qui mènent avec Israël une opération militaire contre l'Iran depuis le 28 février, avaient déploré ces derniers jours la mort de sept de leurs soldats.
Un de leurs avions de ravitaillement en carburant s'est par ailleurs écrasé dans l'ouest irakien, a annoncé le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom). Mais sa perte n'est "pas due à des tirs hostiles ou amis", a-t-il précisé.
L'armée iranienne a, elle, affirmé que l'appareil avait été touché par un missile tiré par des mouvements armés pro-iraniens et que l'équipage n'avait pas survécu.
- "Jusqu'au bout" -
Iran et Israël poursuivent leurs frappes vendredi, en pleine Journée de Qods, théâtre annuel de manifestations depuis son lancement en 1979 par la République islamique pour contester le contrôle israélien de Jérusalem et soutenir les Palestiniens.
Des médias iraniens ont signalé dans la nuit des explosions dans plusieurs parties de Téhéran. L'armée israélienne avait annoncé plus tôt mener une nouvelle série de frappes visant des infrastructures à Téhéran et y avoir bombardé des postes de contrôle du Bassidj, une milice alliée au pouvoir.
Israël dit avoir atteint plus de 200 cibles en Iran en une journée, parmi lesquelles des lanceurs de missiles et des systèmes de défense.
Les autorités ont par ailleurs mis en garde contre l'arrivée de missiles iraniens, appelant la population des zones menacées à s'abriter. Au moins deux personnes ont été blessées dans le nord du pays, selon le Magen David Adom, équivalent local de la Croix-Rouge.
L'armée israélienne a également annoncé avoir frappé à Beyrouth un membre du mouvement pro-iranien libanais Hezbollah, lequel a revendiqué des attaques de roquettes contre elle. Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a assuré que son pays était en train d'"écraser" le Hezbollah et l'Iran.
L'Arabie saoudite a, elle, dit avoir détruit 45 drones, notamment dans l'est du pays.
Jeudi, des explosions avaient déjà secoué le Golfe, sur un réservoir d'hydrocarbures à Bahreïn, un immense champ pétrolier en Arabie saoudite, un aéroport au Koweït ou encore un port à Oman.
Dans son tout premier message, le nouveau guide suprême iranien Mojtaba Khamenei a appelé à la fermeture des bases américaines dans tout le Moyen-Orient. Il a dit son pays capable d'y semer le chaos en réduisant l'offre de pétrole, appelant à utiliser "le levier du blocage du détroit d'Ormuz", voie stratégique par laquelle transite un cinquième du pétrole mondial.
- Des sanctions levées -
Entre poursuite de la guerre et cours du pétrole, le président américain Donald Trump dit avoir fait son choix: la nécessité de "stopper" l'Iran passe avant les prix du pétrole car, a-t-il dit, il faut "empêcher un empire du mal, l'Iran, de se doter d'armes nucléaires".
Dans un contexte de flambée des prix du pétrole, le baril de Brent, référence du marché mondial, s'échangeait toujours au-dessus des 100 dollars vendredi matin - seuil franchi jeudi pour la première fois depuis août 2022.
Pour endiguer le phénomène et "accroître la portée mondiale de l'offre existante", les Etats-Unis ont franchi une étape supplémentaire jeudi, dans l'assouplissement des sanctions économiques imposées à la Russie pour sa guerre en Ukraine: Le ministère des Finances a annoncé que la vente du pétrole russe stocké sur des navires était autorisée jusqu'au 11 avril.
"Les Etats-Unis reconnaissent en fait l'évidence: sans le pétrole russe, le marché mondial de l'énergie ne peut pas rester stable", s'est félicité l'émissaire du Kremlin Kirill Dmitriev.