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Donald Trump a exhorté samedi d'autres pays à envoyer des navires de guerre pour sécuriser le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique entravée par la guerre lancée par les Etats-Unis et Israël contre l'Iran.
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Deux semaines après son déclenchement le 28 février, marqué par la mort du guide suprême iranien Ali Khamenei, le conflit ne montre aucun signe d'accalmie.
Le Moyen-Orient s'est embrasé, provoquant une flambée de l'or noir, avec le blocage quasi total par l'Iran du détroit d'Ormuz, par lequel transite d'ordinaire 20% de la production mondiale d'hydrocarbures.
Répétant que les Etats-Unis "ont vaincu et complètement anéanti l'Iran, tant sur le plan militaire qu'économique", Donald Trump a néanmoins appelé sur son réseau Truth Social les pays qui s'approvisionnent en pétrole via le détroit d'Ormuz à "veiller à la sécurité de ce passage" avec l'aide des forces américaines.
"De nombreux pays vont envoyer des navires de guerre, en collaboration avec les Etats-Unis, pour maintenir le détroit ouvert et sûr", avait auparavant assuré le président américain. La veille, il avait affirmé que la marine américaine commencerait "très bientôt" à escorter des pétroliers dans ce passage stratégique.
"Espérons que la Chine, la France, le Japon, la Corée du Sud, le Royaume-Uni et d'autres (...) enverront des navires dans la région afin que le détroit d'Ormuz ne soit plus menacé par un pays totalement décapité", a-t-il ajouté.
- Echec du "parapluie américain" -
L'armée américaine a "complètement détruit" des cibles militaires sur l'île de Kharg, située à environ 30 kilomètres des côtes iraniennes et qui abrite le plus grand terminal d'exportation de pétrole brut du pays, selon Donald Trump.
Quinze explosions y ont été entendues samedi, mais aucune infrastructure pétrolière n'a été endommagée, selon l'agence de presse iranienne Fars.
Le président américain a menacé de cibler les infrastructures pétrolières de l'île si "le passage libre et sûr des navires" n'était pas rétabli dans le détroit d'Ormuz.
L'Iran visera des entreprises américaines au Moyen-Orient si ses infrastructures énergétiques sont bombardées, a averti samedi son chef de la diplomatie, Abbas Araghchi.
Ce dernier a également appelé les pays de la région à "expulser" les forces américaines, estimant que le "prétendu parapluie de sécurité américain" ne les avait pas protégés.
Dans la soirée, les Gardiens de la Révolution, armée idéologique de la République islamique, ont annoncé avoir tiré une salve de missiles contre les forces américaines stationnées sur la base aérienne Prince Sultan, près de Ryad.
Cette attaque n'a pas été confirmée par les autorités saoudiennes, qui avaient néanmoins fait état auparavant de l'interception de six missiles visant Al-Kharj, où se trouve la base.
Le système radar de l'aéroport international du Koweït a également été touché samedi soir par des drones, ont annoncé les autorités de l'émirat.
Les Emirats arabes unis ont pour leur part revendiqué le "droit de se défendre" contre l'"agression" iranienne mais dit persister dans leur attitude de "retenue" avant de chercher une issue à la crise.
A l'aube, l'ambassade américaine à Bagdad a été visée pour la deuxième fois, après des frappes contre un influent groupe armé pro-Iran ayant fait trois morts, selon des sources de sécurité. L'ambassade a appelé les Américains à quitter l'Irak "maintenant".
Dans la soirée, une base militaire à l'aéroport international de Bagdad qui accueillait jusqu'à récemment des effectifs de la coalition internationale antijihadiste emmenée par Washington a été visée par une attaque de drones, d'après deux responsables de sécurité.
Le cours du baril de Brent, référence internationale pour le pétrole, s'est envolé de plus de 42% autour de 100 dollars depuis le début de la guerre.
En soirée, une frappe israélo-américaine de missile sur une zone industrielle d'Ispahan, dans le centre de l'Iran, a fait 15 morts, selon l'agence iranienne Fars.
La télévision d'Etat iranienne a ensuite annoncé le lancement d'une nouvelle salve de missiles sur Israël.
- "Pas de problème avec le nouveau guide" -
Au Liban, autre théâtre de la guerre, pilonné par Israël qui dit viser le Hezbollah pro-iranien, les autorités veulent former une délégation pour négocier avec leur voisin une cessation des hostilités, selon une source officielle.
De son côté, le mouvement chiite a fait état samedi soir d'affrontements "directs" avec l'armée israélienne à Khiam, dans le sud du Liban.
En deux semaines d'offensive, les Etats-Unis et Israël assurent avoir fortement affaibli le pouvoir iranien.
Si des dirigeants de la République islamique ont défilé vendredi en plein coeur de Téhéran, Mojtaba Khamenei, le nouveau guide suprême qui a succédé le 8 mars à son père, blessé dans une frappe, n'est lui toujours pas apparu publiquement.
Le ministre américain de la Défense Pete Hegseth avait déclaré vendredi qu'il était non seulement "blessé", mais aussi "probablement défiguré".
"Il n'y a pas de problème avec le nouveau guide suprême", a assuré samedi le chef de la diplomatie iranienne, assurant qu'il "s'acquitte de ses fonctions conformément à la Constitution".
Le président américain a d'ores et déjà averti que les Etats-Unis frapperaient l'Iran "très fort au cours de la prochaine semaine".
Après un déploiement militaire sans précédent depuis des décennies, les Etats-Unis prévoient d'envoyer de nouveaux renforts, selon la presse américaine.