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Emmanuel Grégoire, candidat de la gauche unie hors LFI à Paris, a été largement élu dimanche face à sa rivale de droite Rachida Dati. Enfourchant un Vélib, il s'est rendu à l'Hôtel de Ville où Anne Hidalgo lui a donné une chaleureuse accolade avant de lui remettre la clé de la ville.
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Selon trois estimations, le successeur d'Anne Hidalgo a remporté entre 50% et 53,1% des voix, devant la candidate de la droite et du centre qui recueille entre 37% et 40% des voix.
L'Insoumise Sophia Chikirou arrive en troisième position avec 8,9 à 12% des voix.
"Paris a décidé de rester fidèle à son histoire", s'est félicité Emmanuel Grégoire depuis La Rotonde de Stalingrad (XIXe), acclamé par les militants.
Le député PS et ex-premier adjoint d'Anne Hidalgo voit dans son succès "une promesse exigeante" et "la victoire d'une certaine idée de Paris, un Paris vivant, un Paris progressiste, un Paris populaire, un Paris pour tous".
"Ce n'est pas la victoire d'un Paris contre un autre", a ajouté M. Grégoire, dont les sondages prédisaient une victoire sur le fil du rasoir.
"Je suis très heureuse, c'est un bonheur immense", a déclaré Anne Hidalgo à son arrivée, lui donnant une longue et chaleureuse accolade, avant de lui remettre la clé de la ville.
"Depuis 25 ans, on a transformé cette ville. Aujourd'hui, cette ville, les Parisiennes et les Parisiens, [ont] dit, +on veut aller plus loin+ et vous avez raison", a déclaré la maire sortante.
"Mes premiers mots vont à Anne Hidalgo pour ses mots chaleureux", a répondu Emmanuel Grégoire, passant l'éponge sur leurs dernières années de brouille.
"Je pense aux plus fragiles, je pense à ceux qui dorment ce soir dans les rues de Paris, je pense aux enfants qui souffrent, je pense à tous les plus vulnérables qui ont besoin de la gauche", a-t-il ajouté, avant de prendre le métro en direction de la Rotonde.
- "Envie de pleurer" -
"Je suis très très contente. La gauche c'est des valeurs et Paris a les valeurs de la gauche, c’est super", a déclaré Élodie, 49 ans, venue fêter l'événement devant l'Hôtel de Ville.
"Ça ne m'aurait pas gêné démocratiquement qu'il y ait une alternance mais pas Madame Dati à cause de ses casseroles judiciaires", a observé à ses côtés Romuald, 50 ans.
A l'annonce de la victoire, plusieurs centaines de sympathisants réunis devant la Rotonde ont explosé de joie.
"Je suis soulagée! Je m'attendais à un petit écart mais là c'est impressionnant", a réagi Nolween Caruso, 27 ans.
Rachida Dati, déjà battue en 2020 par Anne Hidalgo, a reconnu qu'elle n'avait "pas réussi à convaincre suffisamment", que le changement "était non seulement possible, mais surtout qu'il était nécessaire".
Devant son QG, c'est la douche froide pour les militants. "Je suis extrêmement déçue, j'y croyais fort, Paris méritait l'alternance", se désole Eva Sultan, 57 ans, cadre de banque et militante.
"Je suis dévastée, j'ai envie de pleurer", dit Brigitte Mangel, la soixantaine.
Autre salle, autre ambiance près du QG de campagne de Sophia Chikirou, où une quarantaine de personnes ont explosé de joie à l'annonce de la victoire d'Emmanuel Grégoire.
La candidate insoumise a vu dans cette victoire l'expression du "rejet fort de la droite" et s'est félicitée que des élus LFI entrent pour la première fois au Conseil de Paris.
De son côté, le candidat Horizons et Renaissance Pierre-Yves Bournazel a dit former "le vœu que Paris réussisse". "Qu'elle demeure, enfin, la capitale de la lutte contre tous les extrémismes politiques, une ville refuge contre toutes les formes de haine, la capitale des valeurs démocratiques et républicaines", a-t-il réagi sur X.
"Je suis très triste pour les Parisiens", a elle déclaré Sarah Knafo, l'ex-candidate d'extrême droite qui s'était désistée pour "faire battre la gauche", déplorant "un drame pour Paris".
- Séquence mouvementée -
La séquence d'entre-deux-tours a été mouvementée, marquée par des alliances et désistements qui ont placé une gauche divisée face à une droite unie.
A gauche, Sophia Chikirou a maintenu sa candidature après le refus de son concurrent socialiste de s'allier comme dans d'autres villes.
A droite, Pierre-Yves Bournazel, qui avait récolté 11,34% des voix, a fusionné sa liste avec celle de Rachida Dati, sous la pression de sa famille politique.
Mais en se retirant personnellement de la course, un geste perçu comme un désaveu vis-à-vis de l'ancienne garde des Sceaux de Nicolas Sarkozy, avec lesquelles les relations étaient exécrables.
La tête de liste Reconquête Sarah Knafo, qui s'était hissée au second tour avec 10,4% des suffrages, s'est de son côté désistée après avoir proposé en vain une alliance à la maire du VIIe arrondissement.
Son retrait a poussé Emmanuel Grégoire à dire que son adversaire était "devenue la candidate de l'extrême droite", tandis que Jordan Bardella et Marine Le Pen appelaient à battre l'ex-premier adjoint d'Anne Hidalgo.
Le député PS a accusé Emmanuel Macron d'être intervenu directement pour le retrait de la candidate zemmouriste en faveur de son ancienne ministre de la Culture.
Le candidat arrivé en tête au second tour de ce scrutin proportionnel de liste bénéficie d'un prime majoritaire de 25% des sièges, c'est-à-dire qu'il se voit attribuer d'office un quart des 163 sièges du Conseil de Paris.
L'élection du maire aura formellement lieu dimanche prochain.