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Les sociaux-démocrates de la Première ministre Mette Frederiksen arrivent en tête des législatives mardi au Danemark, malgré un net recul et sans atteindre la majorité absolue avec les autres partis de gauche, selon les résultats définitifs.
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Avec 21,9% des voix, les sociaux-démocrates sont à leur niveau le plus bas depuis plus d'un siècle, loin des 27,5% de 2022.
Les cinq partis du bloc de gauche obtiennent 84 des 179 sièges de l'assemblée, en deçà donc de la majorité absolue. A droite, les six partis comptabilisent 77 sièges.
Les Modérés (centre) conduits par le ministre des Affaires étrangères Lars Løkke Rasmussen en décrochent 14, et joueront ainsi un rôle décisif dans les négociations pour la composition du prochain gouvernement, qui s'annoncent particulièrement ardues.
Mette Frederiksen conduit depuis 2022 une inédite coalition droite-gauche, incluant les Modérés.
Le président des Libéraux, qui appartenait aussi à la majorité gouvernementale sortante, a exclu de collaborer à nouveau avec la gauche.
"Il y a désormais deux options évidentes pour le Parti libéral : soit nous obtenons un gouvernement de centre-droit, soit nous passons dans l'opposition", a dit Troels Lund Poulsen devant ses supporters.
A gauche, le parti populaire socialiste (SF) est devenu avec 11,6% des suffrages le deuxième parti du pays pour la première fois de son histoire.
"Nous devons essayer de garantir (le maintien de) l'Etat providence, nous devons essayer d'engager une transition écologique", a dit à la presse sa présidente Pia Olsen Dyhr. "Si nous n'y parvenons pas, nous n'entrerons pas au gouvernement, nous resterons dans l'opposition."
- Poussée de l'extrême-droite -
Le Parti populaire danois, un parti d'extrême droite anti-immigration qui a longtemps pesé sur la politique danoise avant de chuter en 2022, a triplé son score, atteignant autour de 9,1% des voix.
"Tripler le nombre des voix est une expression remarquable du soutien du peuple danois à mon parti", a déclaré à l'AFP Morten Messerschmidt, le chef de cette formation, se félicitant des bons résultats de l'extrême droite en Europe.
"Nous attendons tous maintenant de voir ce qui va se passer en France, nous attendons de voir ce qui se passe en Hongrie, aux Pays-Bas et, bien sûr, au Royaume-Uni avec Nigel Farage. Ce sont tous des partis très performants dans notre secteur et j'espère qu'ils vont eux aussi tripler" le nombre des suffrages en leur faveur.
Mme Frederiksen, qui dirige le gouvernement danois depuis 2019, est généralement reconnue pour son leadership, estimait Elisabet Svane, une analyste politique du quotidien Politiken, avant les élections.
"Elle est une figure qui rassemble dans un monde plein d'insécurité et les Danois sont anxieux, il y a le Groenland, l'Ukraine, les drones" qui ont survolé le royaume, a-t-elle ajouté.
-Groenlandais mobilisés-
Le Groenland et les îles Féroé, des territoires autonomes, envoient chacun au Parlement danois deux députés, qui pourraient faire pencher la balance. Seuls les résultats des îles Féroé sont connus et les électeurs ont reconduit leurs députés, un pour chaque bloc.
A Nuuk, la capitale du Groenland, les électeurs ont fait la queue pour voter dès l'ouverture des bureaux à 11h00 GMT.
"Il s'agit des élections les plus importantes pour le Parlement danois et pour le Groenland de l'Histoire", a dit à l'AFP le Premier ministre groenlandais Jens-Frederik Nielsen.
Au Danemark, pays prospère de six millions d'habitants, la campagne a surtout tourné autour de questions intérieures comme le coût de la vie, l'Etat providence et l'environnement.
Le modèle de l'agriculture intensive danoise, particulièrement l'élevage porcin, a été au centre de la campagne.
Face à une extrême droite puissante depuis la fin des années 1990, il a aussi été question d'immigration, les sociaux-démocrates plébiscitant un nouveau tour de vis en la matière.