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L'Iran a appelé vendredi les civils à se tenir à l'écart des forces américaines au Moyen-Orient, accentuant ses menaces face à Israël et Washington après un mois de guerre.
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Cet avertissement des Gardiens de la Révolution, armée idéologique de la République islamique, contraste avec les propos la veille de Donald Trump, convaincu que les négociations se passent "très bien".
Les "lâches" forces américano-israéliennes "tentent d'utiliser des sites civils et des innocents comme boucliers humains", ont affirmé les Gardiens sur leur site Sepah News. "Nous vous recommandons de quitter de toute urgence les lieux où sont stationnées les troupes américaines afin qu'aucun mal ne vous soit fait".
Autre signe d'inflexibilité, les Gardiens ont forcé trois navires à faire demi-tour dans le détroit d'Ormuz, en précisant que cette route stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures était désormais fermée aux navires venant ou à destination de ports liés à "l'ennemi".
L'Iran a dans le même temps fait état d'attaques en Israël, ainsi que sur des bases américaines aux Emirats arabes unis, Qatar, Koweït et Bahreïn, notamment un hangar de maintenance de systèmes de défense antiaérienne Patriot.
Au Koweït, le principal port de l'émirat a par ailleurs été visé à l'aube par des drones, qui ont provoqué des dégâts matériels, tout comme un deuxième port, en construction dans le nord de l'émirat, selon les autorités.
- Les "radicaux" iraniens en place -
Depuis plusieurs jours, Donald Trump alterne entre menaces de frapper plus fort et propos annonçant la fin imminente du conflit.
Il a décalé "jusqu'au lundi 6 avril à 20H00, heure de Washington" son ultimatum sur la destruction de centrales électriques en Iran, selon lui "à la demande du gouvernement iranien".
Si Téhéran refuse d'utiliser le terme de "discussion", les Iraniens ont transmis "officiellement" et "à travers des intermédiaires" une réponse au plan américain constitué de 15 points, selon une source anonyme, citée jeudi par l'agence de presse Tasnim.
Le Soufan Center, institut spécialisé basé à New York, souligne le risque d'une erreur de calcul majeur des Etats-Unis face au "régime ultra conservateur" en Iran.
Depuis le début de la guerre, "les assassinats de hauts responsables ont non seulement permis aux radicaux de rester en place, mais ils ont aussi marginalisé la direction politique et placé le Corps des Gardiens de la Révolution au centre du jeu".
A Paris, le sujet domine les préoccupations d'une réunion du G7 débutée jeudi, et rejointe vendredi par le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio, qui devrait notamment pousser ses homologues à aider à la réouverture du détroit d'Ormuz.
- Déjà un mois de guerre -
Samedi marquera le premier mois de la guerre, déclenchée par l'offensive conjointe des Etats-Unis et d'Israël contre l'Iran le 28 février et étendue depuis à l'ensemble du Moyen-Orient, alimentant les craintes pour l'économie mondiale et l'approvisionnement en pétrole et en gaz.
Israël, dont les objectifs de guerre divergent de ceux de son allié américain, ne montre aucune volonté d'y mettre fin. Le gouvernement de Benjamin Netanyahu, muet sur les récents propos de Washington, affiche au contraire sa détermination à intensifier sa campagne militaire.
Une pluie de frappes s'est abattue vendredi sur l'Iran. L'armée israélienne a de nouveau attaqué la capitale iranienne, ciblant des sites de production d'armes, "principalement des missiles balistiques".
Elle a également annoncé avoir "frappé diverses cibles liées aux dispositifs de puissance de feu du régime" dans l'ouest du pays, dont "des lanceurs de missiles et des sites de stockage de missiles.
Sur le front libanais, des explosions ont été entendues dans le sud de Beyrouth, considéré par Israël comme un fief du Hezbollah, et des images de l'AFPTV ont montré de la fumée s'élever au dessus des immeubles.
Le Liban a été entraîné le 2 mars dans le conflit par les réprésailles à l'assassinat du guide suprême iranien Ali Khamenei du mouvement pro-iranien sur Israël. Les attaques ont fait plus de 1.100 morts, selon les autorités, et plus d'un million de déplacés.
La décision du gouvernement de combattre à la fois en Iran et au Liban ne fait cependant plus consensus. L'opposition israélienne a dénoncé jeudi des combats "sans stratégie, sans les moyens nécessaires et avec beaucoup trop peu de soldats".
Le porte-parole de l'armée israélienne Effie Defrin a de fait reconnu que l'armée israélienne avait besoin de "forces supplémentaires".
La Maison Blanche et le ministère de la Défense envisagent de leur côté d'envoyer au moins 10.000 soldats supplémentaires au Moyen-Orient dans les prochains jours, selon le Wall Street Journal (WSJ) et le site d'informations Axios.