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Berlin travaille avec Damas au rapatriement des Syriens réfugiés en Allemagne et à la fourniture d'aide pour reconstruire la Syrie, liée au respect de l'Etat de droit et des minorités, a déclaré lundi le chancelier Friedrich Merz au cours de la visite du président Ahmed Al-Chareh.
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L'avenir de la diaspora syrienne en Allemagne, qui compte environ un million de personnes notamment arrivées pendant la crise migratoire de 2015, est au coeur du premier voyage officiel dans ce pays de M. Al-Chareh.
Il a souligné que les Syriens d'Allemagne devaient être "un pont" entre les deux pays et étaient "un atout".
Avant ce déplacement en Allemagne, Ahmed Al-Chareh, un ancien rebelle jihadiste de 43 ans qui a renversé Bachar el-Assad en décembre 2024, a notamment été aux Etats-Unis, en France et en Russie afin de replacer la Syrie sur la scène internationale.
- "Option de retour fiable" -
Friedrich Merz a vanté un "ambitieux programme de travail commun pour la reconstruction et le retour (des réfugiés), qui entre maintenant dans sa phase de mise en œuvre", avec une délégation allemande se rendant à cette fin en Syrie "dans quelques jours".
Engagé dans un durcissement de la politique migratoire allemande pour contrer une extrême droite en plein essor, le chancelier veut en particulier une "option de retour fiable" pour "ceux qui abusent de notre hospitalité".
Son ministre de l'intérieur Alexander Dobrindt échangera à ce sujet avec le chef de l'Etat syrien lundi après-midi.
Berlin a signé un accord avec Damas fin 2025 permettant l'expulsion régulière des criminels et des personnes jugées dangereuses.
Après 14 ans de guerre civile, le redressement de la Syrie est primordial, ont souligné les deux hommes. L'Allemagne va ainsi financer à hauteur de 200 millions d'euros des projets relatifs à l'approvisionnement en eau ou à la reconstruction d'hôpitaux.
Lundi, M. Al-Chareh a aussi rencontré le président fédéral Frank-Walter Steinmeier et a participé à un forum économique germano-syrien au ministère des Affaires étrangères.
Il y a vanté une Syrie "refuge pour les chaînes d'approvisionnement", qui permet le transport d'énergie et de marchandises vers l'Europe sans passer par le détroit d'Ormuz, paralysé par la guerre au Moyen-Orient.
Mais la Syrie reste ensanglantée par des affrontements, notamment des combats entre troupes gouvernementales et combattants kurdes, et les accusations de violations des droits humains sont légion.
- "Projets communs" -
Friedrich Merz a ainsi exhorté son homologue à l'installation d'un "Etat de droit" et au respect des droits de tous les Syriens "quelle que soit leur religion, leur appartenance ethnique ou leur sexe".
"Je lui (au président syrien, ndlr) ai également dit que de nombreux projets communs à l'avenir dépendraient aussi du fait que nous trouvions un Etat de droit offrant un cadre fiable pour l'économie mais aussi pour les citoyens", a-t-il ajouté.
Plusieurs manifestations sont organisées à Berlin contre la visite, initialement prévue pour janvier mais reportée en raison de heurts entre l'armée et les combattants kurdes.
Devant le ministère des Affaires étrangères lundi matin, des manifestants ont brandi des drapeaux kurdes et des pancartes critiquant le rapprochement entre les deux dirigeants, ainsi que le passé jihadiste du président syrien.
Une association kurde en Allemagne, la KGD, a jugé vendredi dans un communiqué que l'ancien chef rebelle ne devait bénéficier d'"aucune reconnaissance officielle".
Friedrich Merz a pour l'instant "réduit sa politique syrienne à la question des expulsions et ignoré la situation réelle sur le terrain", a déclaré à l'AFP Luise Amtsberg, la députée des Verts chargée des affaires étrangères, mettant en garde contre une "normalisation précipitée" des relations bilatérales.