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Tout en évoquant des "progrès" dans les discussions, Donald Trump a menacé lundi l'Iran d'"anéantir" ses centrales électriques, ses puits de pétrole ainsi que l'île de Kharg, point névralgique de son industrie pétrolière, si un accord n'est pas trouvé "rapidement".
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Le président américain avait déjà évoqué dimanche une possible opération terrestre pour s'emparer du terminal de Kharg, qui assure environ 90% des exportations de brut du pays, et "prendre le pétrole" iranien.
Dans un message sur son réseau Truth Social lundi, il a averti l'Iran que sans réouverture du détroit d'Ormuz, par où transite d'ordinaire un cinquième des hydrocarbures mondiaux, les Etats-Unis poursuivraient l'offensive "en faisant exploser et en anéantissant complètement toutes leurs centrales électriques, leurs puits de pétrole et l'île de Kharg".
Cela pourrait aussi concerner "toutes les usines de dessalement", a affirmé le président américain.
Par ailleurs, deux Casques bleus ont été tués lundi dans "une explosion d'origine inconnue" dans le sud du Liban, a annoncé la Force intérimaire des Nations Unies au Liban (Finul), après la mort d'un premier Casque bleu indonésien dimanche.
La France a demandé la tenue d'une réunion d'urgence du Conseil de sécurité des Nations unies à la suite de ces "incidents gravissimes" qu'elle condamne "avec la plus grande fermeté", a annoncé le ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot.
- "Discussions sérieuses" -
Le conflit au Moyen-Orient, qui a fait des milliers de morts depuis son déclenchement le 28 février par une attaque américano-israélienne sur l'Iran, continue par ailleurs de faire vaciller les marchés.
Le G7 Finances-Energie, réuni par la France lundi en visioconférence, s'est dit prêt "à prendre toutes les mesures nécessaires" pour assurer la stabilité du marché de l'énergie.
Les deux références pétrolières mondiales, le Brent et le WTI, dont les cours ont considérablement augmenté depuis le début de la guerre, ont peu réagi à ces annonces, évoluant lundi au-dessus de 100 dollars le baril.
De leur côté les bourses mondiales ont tenu bon lundi (Francfort +1,18%, Paris +0,92% à la clôture), les investisseurs semblant privilégier une autre partie du message de Donald Trump: celle où il évoque d'"énormes progrès" dans les "discussions sérieuses avec un régime nouveau et plus raisonnable" en Iran - sans précisions toutefois sur les interlocuteurs.
A Washington, le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio s'est dit optimiste sur la possibilité de pouvoir travailler avec des interlocuteurs au sein du gouvernement iranien, après des échanges privés positifs.
Samedi, le commandement militaire américain avait annoncé l'arrivée la veille au Moyen-Orient d'un navire d'assaut amphibie, à la tête d'un groupe naval comprenant "quelque 3.500" marins et soldats du corps des Marines.
Alors que les bombardements se sont poursuivis ce weekend et lundi en Iran, dans le Golfe et au Liban, le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi a appelé Donald Trump à "stopper la guerre", soulignant les "conséquences graves" d'une poursuite du conflit.
L'armée israélienne a annoncé avoir bombardé à Téhéran une université dirigée par les Gardiens de la Révolution, armée idéologique de la République islamique, affirmant que "des activités de recherche et développement sur des armes de pointe" y étaient menées.
Elle avait indiqué un peu plus tôt avoir de nouveau frappé des sites militaires à Téhéran, en réponse à une attaque de missiles venus d'Iran. Dans la soirée, l'agence iranienne Fars a fait état d'explosions dans la ville.
Après une accalmie la semaine dernière, les bombardements semblent s'être intensifiés depuis ce weekend sur la capitale iranienne, provoquant notamment des coupures temporaires d'électricité, selon des journalistes de l'AFP sur place.
"Les jours ordinaires me manquent. Une vie où je n'avais pas à penser constamment aux explosions et à la mort", raconte Shahrzad, 39 ans, femme au foyer jointe par l'AFP depuis Paris.
- Usine de dessalement -
Le gouvernement koweïtien a lui accusé l'Iran d'avoir attaqué une usine de dessalement et d'électricité, tuant un ressortissant indien, ce que Téhéran a nié, rejetant la responsabilité sur Israël.
Trois membres du Hezbollah ont également été tués dans une frappe israélienne lundi près de la banlieue sud de Beyrouth, soumise à des bombardements de l'armée israélienne qui a aussi visé un barrage de l'armée dans le sud du Liban, tuant un soldat.
L'Otan, elle, a confirmé l'interception d'un missile iranien qui se dirigeait vers la Turquie, le quatrième depuis le début de la guerre.
L'ONG Acled, qui compile les données sur les conflits, a fait état lors du premier mois de guerre de près de 2.300 bombardements américains et israéliens, et de 1.160 frappes iraniennes en représailles.
L'organisation HRANA (Human Rights Activists News Agency) a recensé près de 3.500 morts en Iran depuis le début du conflit.