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Infrastructures militaires, entreprise pharmaceutique, lieu saint: une série de frappes ont touché mardi plusieurs sites en Iran, selon les médias, après que Donald Trump a renouvelé ses menaces si les discussions entre Washington et Téhéran n'aboutissaient pas "rapidement".
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Entrée dans son deuxième mois, la guerre au Moyen-Orient, qui ébranle l'économie mondiale et a fait des milliers de morts, ne présente pas signe de désescalade, malgré des tractations diplomatiques.
Mardi, le gouvernement iranien a indiqué qu'une usine de dessalement avait été touchée et mise hors service sur l'île de Qeshm, sans préciser quand.
"Il n'est pas possible de la réparer à court terme", a déclaré un responsable du ministère de la Santé, Mohsen Farhadi, cité par l'agence Isna.
Ailleurs en Iran, des frappes ont visé des "sites militaires" à Ispahan (centre), a déclaré un responsable local cité par l'agence de presse Fars.
Sur des vidéos authentifiées par l'AFP, plusieurs déflagrations transpercent la nuit, laissant s'échapper d'immenses panaches de fumée.
Donald Trump a publié sur son réseau Truth Social, sans commentaire, une autre vidéo, non vérifiée par l'AFP, montrant de fortes explosions.
A Téhéran, une entreprise pharmaceutique produisant notamment des médicaments contre le cancer a été touchée par des frappes israélo-américaines, selon le gouvernement.
Des médias locaux ont aussi évoqué des explosions à travers la capitale et des pannes de courant dans certains secteurs. L'armée israélienne avait appelé les habitants d'un quartier résidentiel à rester à l'abri en prévision d'une attaque contre "une infrastructure militaire".
Dans le nord-ouest, c'est un site musulman chiite, la Grande Hosseinieh, qui a été endommagé, selon la télévision d'Etat.
- "Position unanime contre la guerre" -
Si l'armée israélienne s'est dite prête à plusieurs semaines supplémentaires de guerre, le président américain a dit vouloir que les discussions avec Téhéran aboutissent "rapidement".
Il insiste sur la réouverture du détroit d'Ormuz, presque entièrement bloqué par l'Iran et par où transite d'ordinaire un cinquième des hydrocarbures mondiaux.
Dans le sillage d'un article du Wall Street Journal (WSJ) selon lequel il opte pour la voie diplomatique plutôt que militaire pour obtenir sa réouverture, les Bourses asiatiques ont été marquées par un regain d'optimisme, avant de refluer à nouveau.
Le pétrole, lui, reste au-dessus des 100 dollars, tandis que les Bourses européennes ont ouvert prudemment.
"Les jours ordinaires me manquent", a témoigné Shahrzad, 39 ans, une femme au foyer de Téhéran. "Une vie où je n'avais pas à penser constamment aux explosions et à la mort".
Malgré les menaces et les coups portés à la tête de l'Etat, l'Iran a continué dans la nuit à faire feu.
La radio-télévision d'Etat Irib a annoncé un tir de missiles en direction d'Israël et sur place, les secours ont fait état de huit blessés légers hospitalisés dans la région de Tel-Aviv.
A Dubaï, des explosions ont de nouveau été entendues, selon des journalistes de l'AFP.
Quatre personnes y avaient été blessées précédemment par la chute de débris lors d'une interception de la défense aérienne, tandis qu'un pétrolier sous pavillon koweïtien a été touché par une frappe de drone près du port.
L'Arabie saoudite a dit avoir intercepté huit missiles balistiques sans préciser leur provenance et fait état de deux blessés après l'interception d'un drone.
Le Qatar a évoqué mardi une "position très unanime dans le Golfe appelant à une désescalade et une fin de la guerre", alors que le pouvoir iranien affirme y viser des intérêts américains.
- "Ecarts" -
Selon le WSJ, Donald Trump aurait dit à ses conseillers être prêt à interrompre sa campagne militaire, estimant que forcer la réouverture du détroit d'Ormuz prolongerait le conflit "au-delà de son calendrier de quatre à six semaines".
En cas d'échec de la diplomatie, M. Trump prévoirait de solliciter ses alliés d'Europe et du Golfe pour forcer sa réouverture, ont dit des responsables américains au quotidien.
"D'énormes progrès ont été réalisés" dans les discussions "sérieuses" avec l'Iran, a assuré le président.
Mais à rebours de ses exigences, une commission parlementaire iranienne a approuvé un projet visant à imposer des droits de passage aux navires transitant par Ormuz, selon des médias d'Etat. Le texte inclut une "interdiction de passage" pour les Etats-Unis et Israël.
"Alors que l'Iran pense qu'il est en train de gagner, Israël et l'Amérique pensent qu'ils affaiblissent l'Iran, ce n'est pas une bonne méthode pour parvenir à un accord", relève-t-il, inquiet d'une possible "guerre de l'énergie".
La guerre a aspiré de nombreux pays de la région, dont le Liban, entraîné par le Hezbollah pro-iranien qui a frappé Israël début mars.
A New York, l'ONU tiendra mardi à 14H00 GMT une réunion d'urgence de son Conseil de sécurité après la mort de trois Casques bleus indonésiens de la Force intérimaire des Nations Unies au Liban (Finul), des "incidents gravissimes" condamnés "avec la plus grande fermeté" par la France, à l'origine de cette requête.