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Des frappes israéliennes ont secoué Beyrouth dans la nuit et fait sept morts, ont indiqué les autorités mercredi, Israël affirmant avoir ciblé de hauts responsables du Hezbollah pro-iranien.
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Les raids israéliens massifs, qui ravagent le Liban depuis début mars, ont fait plus de 1.200 morts et plus d'un million de déplacés d'après les chiffres officiels.
Dans la capitale, cinq personnes ont été tuées et 21 blessées dans un bombardement qui a visé le quartier de Jnah, selon le ministère de la Santé.
Les frappes ont visé quatre voitures garées dans une rue de ce quartier proche de la banlieue sud, bastion du Hezbollah, a précisé à l'AFP une source sécuritaire.
Un correspondant de l'AFP a vu les débris d'un véhicule et des pompiers tentant d'éteindre un incendie dans la nuit.
Les raids, qui ont résonné dans toute la capitale, ont creusé trois cratères et endommagé des dizaines de voitures dans la rue jonchée de débris.
Hassan Jalwan, un habitant de la région, a raconté avoir entendu "de grosses explosions". "Personne ne sait ce qui se passe", a-t-il dit, ajoutant que des déplacés dorment dans la rue dans ce quartier.
Une autre frappe a visé une voiture mardi soir à Khaldé, à l'entrée sud de Beyrouth, faisant deux morts et trois blessés, selon les autorités. Sur place, un véhicule était calciné et des secouristes transportaient un blessé sur une civière, a constaté un correspondant de l'AFP.
- Message de Khamenei -
L'armée israélienne a annoncé dans la nuit de mardi à mercredi avoir frappé un "haut commandant" du Hezbollah ainsi qu'un "terroriste de haut rang" dans deux attaques distinctes "dans la région de Beyrouth".
Le Hezbollah a déploré de son côté la mort de l'un de ses membres, Mohammad Baqer al-Naboulsi, dans la frappe sur Jnah.
Le mouvement chiite a entraîné le Liban dans la guerre le 2 mars en lançant une attaque sur Israël pour venger la mort du guide suprême iranien Ali Khamenei.
Son fils Mojtaba, qui lui a succédé mais est invisible depuis sa nomination, a adressé un message au chef du Hezbollah Naïm Qassem, selon un communiqué de la formation pro-iranienne.
Le nouveau guide lui assure que Téhéran "continue de soutenir la résistance contre l'ennemi sioniste et américain".
Mardi déjà, le ministère de la Santé avait dénombré huit morts lors de plusieurs frappes israéliennes dans le sud du Liban. Parmi les personnes décédées se trouvait un secouriste, de même source.
Dans la zone frontalière, le Hezbollah a dit être engagé dans de "violents affrontements" avec l'armée israélienne qui effectue une incursion dans ce secteur, notamment aux abords de Chamaa, à quelque cinq km de la frontière.
- Craintes d'occupation -
L'ONU s'est inquiétée mardi, par la voix de son chef des opérations humanitaires Tom Fletcher, de la perspective que soit créé un nouveau "territoire occupé" au Moyen-Orient.
Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, avait réaffirmé mardi l'intention de son pays "d'occuper" une partie du sud du Liban une fois la guerre terminée. Avec pour l'objectif d'y établir, selon lui, une "zone de sécurité".
Ces propos traduisent "une intention claire d'imposer une nouvelle occupation du territoire libanais, de déplacer de force des centaines de milliers de citoyens et de détruire systématiquement des villages et des villes dans le sud", a réagi le ministre libanais de la Défense, Michel Menassa.
C'est dans cette zone qu'ont été tués trois Casques bleus indonésiens ces derniers jours.
Dix pays européens et l'Union européenne ont appelé dans une déclaration conjointe à garantir la "sécurité et la sûreté" de cette force de maintien de la paix qui se retrouve sous le feu croisé d'Israël et du Hezbollah.