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"Pas de temps à perdre": Le prochain dirigeant hongrois Peter Magyar a entamé mercredi à Bruxelles des discussions avec les chefs des institutions européennes, avec l'ambition claire de réchauffer des relations mises à mal sous Orban.
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De ces rendez-vous, le futur Premier ministre espère tirer des avancées concrètes. A commencer par un plan précis pour récupérer des milliards d'euros de fonds destinés à Budapest et gelés par l'UE.
"C'est une mission très, très exigeante", a assuré le quadragénaire sur Facebook à son arrivée à Bruxelles. Dans cette vidéo, où on le voit sillonner en voiture les rues de la capitale belge, il s'est toutefois dit "très optimiste et plein d'espoir".
Peter Magyar est accueilli à Bruxelles avec les bras grands ouverts.
"C'est pratiquement comme si la Hongrie rejoignait à nouveau l'Union européenne", a affirmé l'eurodéputé écologiste allemand Daniel Freund à l'AFP.
Avec la victoire écrasante de Peter Magyar, la Hongrie, membre de l'UE depuis 2004, a "repris son chemin européen", a salué Ursula von der Leyen.
- "Pas de temps à perdre" -
A quoi bon attendre l'investiture du futur dirigeant, prévue le 9 mai?
La cheffe de l'exécutif européen l'a accueilli mercredi tout sourire dans les locaux de la Commission.
"Nous n'avons pas de temps à perdre", a fait valoir l'intéressé, après des années de relations glaciales entre son pays et l'UE.
Le déplacement est soigneusement orchestré, sans conférence de presse -- signe que les deux parties veulent à tout prix éviter tout ce qui pourrait ternir leur lune de miel.
Croisé par l'AFP près des institutions européennes, Peter Magyar s'est d'ailleurs refusé à tout commentaire sur l'avancée des travaux entre Budapest et Bruxelles.
Ces derniers jours, des responsables de l'UE ont déjà participé à deux réunions avec les équipes du futur Premier ministre pour évoquer les sujets les plus brûlants.
A commencer par les 18 milliards d'euros de fonds destinés à la Hongrie et gelés par l'UE dans le cadre de différentes procédures intentées contre les politiques de M. Orban, concernant notamment les droits des personnes LGBT+ et des demandeurs d'asile, ainsi que des situations de conflits d'intérêts.
En guise de main tendue au prochain dirigeant hongrois, et pour s'assurer de son soutien sur une série de dossiers, Bruxelles pourrait être favorable à un déblocage rapide de ces fonds.
Dans un scénario similaire, l'UE avait débloqué des milliards d'euros destinés à la Pologne dès les premiers gages donnés par le gouvernement du Premier ministre proeuropéen Donald Tusk, en 2024.
- "Salut, dictateur!" -
Dans sa vidéo mercredi, Peter Magyar évoque la perspective d'un accord avec la Commission d'ici fin mai.
Plusieurs élus appellent toutefois Bruxelles à attendre l'adoption de réformes concrètes par Budapest avant de débloquer les fonds.
Quelles mesures précises seront exigées de M. Magyar, qui dispose d'une très large majorité au Parlement hongrois?
C'est tout l'objet des discussions de mercredi.
Dans des déclarations récentes, Peter Magyar s'est engagé à être un membre loyal de l'UE, et a annoncé notamment vouloir voir son pays adhérer au parquet européen. Il pourrait aussi rapidement abroger les lois anti-LGBT+.
Coïncidence ou signe de bonne volonté ? Il a annoncé mardi vouloir "organiser une rencontre" en juin avec le président ukrainien Volodymyr Zelensky, avec qui Viktor Orban entretenait des relations exécrables.
Durant sa visite mercredi à Bruxelles, le futur dirigeant hongrois va également échanger avec Antonio Costa, qui préside le Conseil européen, l'institution réunissant les chefs d'Etat et de gouvernement de l'UE.
Sous l'ère Orban, ces réunions de dirigeants européens ont été marquées par de nombreux coups d'éclat.
Du "salut, dictateur!" que lui avait lancé en 2015 Jean-Claude Juncker, alors président de la Commission européenne, à la séquence lors de laquelle Viktor Orban s'était éclipsé en 2024 le temps que ses homologues valident l'ouverture de pourparlers d'adhésion avec l'Ukraine...