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Les Britanniques ont commencé à voter jeudi lors d'élections locales qui s'annoncent douloureuses pour le Labour de l'impopulaire Premier ministre Keir Starmer, menacé par le parti anti-immigration Reform UK et sur sa gauche par les Verts.
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Depuis son retour au pouvoir en juillet 2024 après 14 années dans l'opposition, le parti travailliste peine à concrétiser ses promesses de croissance, au moment où le conflit au Moyen-Orient accentue la crise du coût de la vie.
Les sondages prévoient un recul de la formation de centre-gauche lors de ce premier test électoral majeur pour Keir Starmer. La popularité du dirigeant de 63 ans a chuté après une série de faux pas, revirements et polémiques, suscitant en interne la tentation de le remplacer à Downing Street.
L'immigration cristallise aussi le mécontentement de nombreux Britanniques, alors que le nombre de migrants clandestins arrivés par la Manche depuis 2018 est sur le point de passer la barre des 200.000.
Les bureaux de vote ont ouvert à 07H00 locales (06h00 GMT) et ferment à 22H00 (21H00 GMT), avec de premiers résultats attendus dans la nuit et au fil de la journée de vendredi.
Plus de 5.000 sièges d'élus locaux sont en jeu (sur plus de 16.000) en Angleterre, et les électeurs voteront pour renouveler les Parlements gallois et écossais.
A la sortie d'un bureau de vote à Islington à Londres, Dan Ellis, un retraité de 61 ans, dit qu'il veut "envoyer un message au niveau national": "les choses ne marchent pas".
A Edimbourg, Claire Oommen, photographe de 33 ans, se dit déçue mais reconnait au Premier ministre de "bonnes intentions" et de bons résultats à l'international.
Les règles électorales empêchent les médias de rapporter pour qui ont voté les électeurs tant que le scrutin est en cours.
Selon les dernières enquêtes d'opinion, le Labour pourrait perdre jusqu'à 2.000 sièges en Angleterre et surtout la majorité au Parlement gallois, ce qui serait une première depuis la création de celui-ci en 1998.
La progression de la formation anti-immigration confirmerait, comme ailleurs en Europe, la fragmentation du paysage politique, longtemps dominé par les travaillistes et conservateurs.
Les Tories menés par Kemi Badenoch pourraient perdre environ 600 sièges en Angleterre.
A Londres, place forte du Labour, les Verts espèrent d'importants gains, sous l'impulsion de leur nouveau leader Zack Polanski qui a accentué le positionnement à gauche du parti.
En Ecosse, le parti indépendantiste SNP, au pouvoir depuis 19 ans, compte conserver la majorité, et les travaillistes risquent de perdre du terrain.
Keir Starmer a voté jeudi matin dans une église du quartier londonien de Westminster, sans faire de déclaration.
"Nous sommes le seul parti pour lequel voter si vous voulez un vrai changement dans ce pays qui se dégrade rapidement", a de son côté affirmé sur X Nigel Farage, qui a voté dans son fief de Clacton-on-Sea (sud-est).
- "Déception" -
Il y a actuellement "un mécontentement envers les deux partis (historiques), qui sont perçus comme ayant échoué au pouvoir", souligne Tim Bale, professeur de sciences politiques de l'université Queen Mary de Londres.
L'action de Keir Starmer en tant que Premier ministre recueille 70% d'opinions négatives, selon un sondage YouGov du 20 avril.
A l'offensive, le dirigeant travailliste a appelé mercredi soir les électeurs à choisir "le progrès (...) contre la division et la colère proposée par Reform ou les promesses vides des Verts".
Le Labour a aussi exhumé durant la campagne des propos racistes et complotistes tenus par des candidats de Reform, ainsi que des propos antisémites de certains candidats des Verts. Zack Polanski a dû s'expliquer pour certaines déclarations après une série d'attaques contre la communauté juive ces dernières semaines à Londres.
Mais Keir Starmer reste fragilisé par l'affaire Peter Mandelson, nommé ambassadeur à Washington malgré ses liens avec le criminel sexuel américain Jeffrey Epstein.
Selon des médias britanniques, des députés Labour manoeuvrent pour obtenir son départ, malgré l'absence d'un successeur évident.
Un remaniement est également évoqué pour tenter de relancer le gouvernement, dont le prochain rendez-vous est le très solennel discours du roi la semaine prochaine. Charles III y détaillera les futurs projets de loi préparés par l'exécutif.