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Aux cris de "l'Albanie n'est pas à vendre!", des milliers de personnes ont manifesté à Tirana jeudi pour le quatrième soir consécutif pour demander l'arrêt d'un projet touristique lié au gendre de Donald Trump, des rassemblements qui prennent de l'ampleur chaque jour.
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Les manifestants, dont beaucoup arboraient un t-shirt du même rouge que le drapeau de l'Albanie, dénoncent la construction prévue d'hôtels de luxe dans la réserve protégée de Vjosa‑Narta, à environ 150 kilomètres au sud-ouest de Tirana, où nichent notamment de nombreux flamants roses.
"Edi Rama [le Premier ministre socialiste] -démissionne!", pouvait-on lire sur les pancartes, certaines arborant un dessin d'Edi Rama donnant des clés à Ivanka Trump.
Dévoilé il y a deux ans, le projet touristique porté par Jared Kushner et son épouse Ivanka Trump, la fille du président américain, est entouré de très nombreuses zones d'ombres, notamment sur l'acquisition des titres de propriété pour le terrain sur lequel seraient construits une partie des hôtels.
Les manifestants demandent l'abrogation de la loi sur les investisseurs stratégiques, qui permet d’accélérer certains projets et dont auraient bénéficié les investisseurs de ce programme, ainsi que le retrait des changements portés à la loi sur les aires protégées qui permettraient la construction du complexe hôtelier.
Dans le cortège jeudi, Luciana Kokaj, une militante des droits humains d'une trentaine d'années, a expliqué à l'AFP qu'elle-même possédait des biens dans le nord de l'Albanie qu'un "grand investisseur" voulait lui usurper avec de faux titres de propriété.
"Mais cela dépasse mon intérêt: il s'agit de protéger l'Albanie pour nos enfants", a-t-elle dit.
Non loin, Etleva Merko est, elle aussi, venue contester le projet. "Nous ne sommes pas contre le développement de l’Albanie" - ce dont le Premier ministre Edi Rama a accusé les manifestants ces derniers jours - "nous sommes pour le développement, nous sommes pour la transparence, nous sommes contre les constructions dans des aires protégées".
Le Parquet spécialisé contre la corruption et le crime organisé a annoncé mardi avoir ouvert des enquêtes sur le projet sans en préciser exactement la teneur.