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Les dirigeants européens ont martelé vendredi au Monténégro l'"impératif géostratégique" de l'élargissement de l'UE aux Balkans occidentaux, évoquant l'idée d'une intégration graduelle au bloc afin de dynamiser le processus dans lequel certains patientent depuis plus de 15 ans.
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"Nous devons rendre le processus d'élargissement plus rapide et plus crédible", a répété la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen tout au long du sommet organisé à Tivat, petite station balnéaire surtout connue pour son port et ses superyachts.
"L'élargissement est pour nous un impératif géostratégique, ainsi qu'un investissement à long terme dans notre paix, notre stabilité et notre sécurité", a dit Mme von der Leyen, reconnaissant que le processus d'adhésion devait "devenir plus dynamique".
Après des décennies d'hésitations sur l'intégration à l'UE des Balkans occidentaux, l'invasion de l'Ukraine par la Russie en 2022 a ravivé l'intérêt de Bruxelles pour l'élargissement à cette région géographiquement au cœur de l'Europe et stratégique au plan géopolitique pour contrer les influences de la Russie et de la Chine, deux acteurs économiques très importants dans cette zone.
- "Intégration graduelle" -
Mais face à des pays pour certains candidats depuis plus de 15 ans et à un enlisement du processus d'adhésion, réaffirmer l'engagement ne suffit pas toujours, et la France et l'Allemagne ont profité de l'occasion pour appuyer l'idée d'une "intégration graduelle".
Par exemple, il pourrait être possible pour un pays aligné à 100% sur la politique étrangère de l'UE d'assister à certains conseils européens.
"Le fait que nous n'ayons plus accueilli de nouveaux membres depuis 13 ans montre que les manquements se situent aussi du côté de l'Union européenne et c'est ce que nous voulons surmonter aujourd'hui", a relevé le chancelier allemand Friedrich Merz.
L'idée d'une intégration "à moitié" est de plus en plus discutée, mais elle ne doit pas faire de l'ombre à l'accession "au mérite", ont rappelé tous les responsables européens.
"Comme l'a dit la présidente von der Leyen, un processus fondé sur le mérite ne signifie pas un processus lent, cela veut dire que, du côté des institutions de l'Union européenne comme du côté des États candidats, chacun doit travailler plus vite et plus dur, et c'est là notre engagement", a conclu le président du conseil européen, Antonio Costa.
La question de l'alignement des candidats sur les politiques européennes se pose particulièrement pour la Serbie - qui reste proche de Moscou est n'a jamais imposé de sanctions à la Russie depuis le début de la guerre en Ukraine en 2022.
"La Serbie a la voie ouverte vers l'Union européenne. Cependant, la Serbie doit aussi décider où elle se situe. Une politique d'hésitations entre la Russie, la Chine et l'Europe, cela n'est pas possible", a dit M. Merz.
- "28 en 28" -
La Serbie figure parmi les nations les plus eurosceptiques de la région et le soutien de la population à l'adhésion n'y atteint pas les 50%. Mais son président a assuré depuis Tivat que son pays était sur "le chemin de l'UE".
"C'est notre objectif stratégique", a dit Aleksandar Vucic, ajoutant qu'il faudrait "mener de nombreuses réformes".
Si Bruxelles a souvent dit vouloir intégrer tout le monde en même temps, le Monténégro et l'Albanie s'imposent de plus en plus comme les favoris pour rejoindre le bloc.
"L'adhésion du Monténégro comme 28e État membre d'ici 2028 est à portée de main", a affirmé Mme von der Leyen. "Les discussions l'ont montré aujourd'hui, et nous ne pouvons donc que vous encourager à conserver le bon état d'esprit et le rythme dont vous avez fait preuve, ainsi que l'ambition et la détermination. Nous espérons que l'Albanie suivra rapidement et que l'ensemble de la région continuera de se rapprocher de notre union".
De quoi enthousiasmer le gouvernement de ce pays de 625.000 habitants qui a créé le site en ligne "28 by 28".