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L'Iran et les Etats-Unis ont à nouveau échangé des tirs dans la nuit, douchant les espoirs d'un accord imminent promis par Donald Trump malgré les appels à la retenue lancés par la Russie et la Chine.
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A la veille du coup d'envoi d'une Coupe du monde à la saveur particulière - où la sélection iranienne jouera sur le sol américain - l'Iran a lancé des missiles et drones vers ses voisins du Golfe et la Jordanie en réponse à des frappes américaines sur l'Iran, elles-mêmes déclenchées par la destruction d'un hélicoptère américain attribuée à Téhéran.
Difficile donc de voir une fin proche à ce cercle d'hostilités et de croire au "très très bon accord" annoncé mardi par le président américain pour dans "deux à trois jours", afin de mettre durablement fin à la guerre au Moyen-Orient.
La diplomatie "est mise à mal par le recours à la force", a déclaré mercredi le ministère iranien des Affaires étrangères, dénonçant les "messages contradictoires" de Washington et ses "violations répétées du cessez-le-feu" conclu le 8 avril.
Tôt mercredi, l'Iran avait revendiqué des attaques contre des bases américaines abritées par le Bahreïn et la Jordanie. Et au Koweït, l'armée a dit faire face à "des cibles aériennes hostiles" sans préciser leur provenance.
Les autorités à Bahreïn ont dit avoir intercepté plusieurs attaques, tandis que l'armée jordanienne a assuré avoir détruit cinq missiles qui ciblaient la localité d'Azraq, où se situe une base américaine.
- "Nécessairement répliquer" -
Avant cela, Donald Trump avait prévenu qu'il devrait "nécessairement répliquer" après qu'un hélicoptère américain survolant le détroit d'Ormuz a été abattu lundi. L'Iran n'a pas évoqué l'attaque mais a cependant semblé vouloir minimiser.
"Les forces étrangères à proximité de notre territoire sont constamment exposées à des risques, en raison de leurs propres erreurs humaines, de simples accidents ou de la possibilité d'être prises dans des tirs croisés. Pour réduire ce risque, la meilleure solution est qu'elles partent", a écrit le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi sur X.
Les frappes américaines en représailles ont notamment ciblé dans la nuit les villes de Jask et Sirik et l'île de Qeshm, sur la côte sud de l'Iran dans le détroit d'Ormuz, toujours verrouillé par l'Iran. Deux réservoirs ont été détruits, privant 20.000 habitants d'eau potable selon la télévision d'Etat.
"Extrêmement préoccupée", la Russie a appelé à "la retenue et à une cessation immédiate des attaques armées". La Chine, tout aussi "profondément préoccupée", a réclamé "des mesures concrètes pour apaiser les tensions" et "stopper l'escalade".
- Le sud du Liban sous les bombes -
Les attaques réciproques entre l'Iran et Israël avaient repris dimanche et lundi, pour la première fois depuis l'entrée en vigueur du fragile cessez-le-feu conclu entre Washington et Téhéran le 8 avril.
L'Iran, qui avait frappé en premier en réponse à des bombardements à Beyrouth, exige que tout accord avec Washington pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient englobe le Liban, où s'affrontent depuis le 2 mars son allié du Hezbollah et Israël.
Donald Trump avait exhorté les deux pays à cesser "immédiatement" les hostilités. Il cherche à sortir de ce conflit impopulaire aux Etats-Unis, qu'il a déclenché aux côtés d'Israël le 28 février. Téhéran avait d'abord annoncé l'arrêt de son opération militaire contre Israël, qui l'avait ensuite imité.
Dans le sud du Liban, Tyr et ses environs sont pilonnés sans relâche par l'armée israélienne. Les bombardements ont fait au moins 11 morts mardi, selon les autorités libanaises.
Pour la première fois depuis le début des affrontements entre Israël et le mouvement chiite, l'armée israélienne a appelé tous les habitants à évacuer Tyr, y compris ceux du quartier chrétien.
"Le quartier chrétien est désormais vide à 99%", a rapporté à l'AFP Walid al-Tawil, du conseil municipal.
Le Hezbollah a, lui, revendiqué de nouvelles attaques contre des forces israéliennes dans le sud du Liban - qui n'ont pas fait de blessés selon l'armée israélienne.
L'armée a par ailleurs rapporté avoir abattu dans le nord d'Israël un homme accusé d'avoir tiré sur des soldats après avoir traversé la frontière depuis le Liban.