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Donald Trump est arrivé lundi au sommet du G7 à Evian, en France, fort d'un accord conclu avec l'Iran censé permettre de rouvrir "complètement" le détroit d'Ormuz vendredi, et a aussitôt minimisé l'initiative multinationale que son hôte Emmanuel Macron entend pousser pour contribuer à sécuriser ce passage stratégique.
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Alors que le texte de l'accord n'a pas été rendu public, le président américain est attendu par ses pairs pour le détailler dès le dîner d'ouverture lundi soir avec les dirigeants des autres pays du G7 (Allemagne, Canada, Italie, Japon et Royaume-Uni), puis mardi en présence des dirigeants de l'Egypte, des Emirats arabes unis et du Qatar.
Après avoir atterri à Genève, Donald Trump est arrivé à Evian, de l'autre côté du lac Léman, en hélicoptère. Il a été accueilli à l'hôtel Royal où se tient le sommet par le directeur du protocole français, et non pas par Emmanuel Macron comme le prévoyait le programme.
Les deux hommes, qui aiment se jauger depuis maintenant près de dix ans, se sont ensuite vus lors d'un tête-à-tête précédé par une poigne de mains plus lâche que celles, franches et fermes, de leurs premières rencontres.
- "Ami spécial" -
Le milliardaire républicain, qui a fêté samedi soir son 80e anniversaire par un méga-show de MMA à la Maison Blanche, a promis que le texte de l'accord trouvé avec Téhéran pourrait être publié "après vendredi", jour prévu de la cérémonie de signature à Genève.
Ce jour-là, a-t-il promis, le détroit d'Ormuz, dans le Golfe, bloqué depuis que les Etats-Unis et Israël ont lancé leur guerre contre l'Iran fin février, sera "complètement ouvert".
Interrogé sur la force multinationale que Paris et Londres proposent de déployer pour le déminer et sécuriser cette réouverture, Donald Trump a fait mine d'y prêter peu d'intérêt.
"Je ne pense pas que nous aurons besoin de beaucoup d'aide", a-t-il lancé. "Mais je ne pense pas que ce soit une mauvaise idée d'avoir un bateau ou deux de quelques pays, votre pays serait très bien pour cela, car on ne sait jamais", a-t-il ajouté, tout en ayant un mot gentil pour "Emmanuel", "un ami spécial".
A ses côtés, Emmanuel Macron a réitéré son "offre" pour "aider", tout en reconaissant qu'elle ne sera peut-être "pas souhaitée" ni "nécessaire".
Il avait auparavant assuré sur la chaîne TF1 que le porte-avions français Charles-de-Gaulle pourrait être "déployé dans les deux ou trois jours" dans la zone, en cas de feu verte américano-iranien.
Autre point d'interrogation, déventuels péages pour le passage d'Ormuz. Emmanuel Macron a martelé qu'il n'en fallait pas, au nom du "droit international" et pour éviter une nouvelle hausse des prix, et l'Américain l'a rassuré sur ce point.
Les pays du G7 (hors Etats-Unis) avaient refusé de prendre part à la guerre au Moyen-Orient, ce qui leur a valu les foudres du locataire de la Maison Blanche.
Le Britannique Keir Starmer, le Canadien Mark Carney, l'Italienne Giorgia Meloni, la Japonaise Sanae Takaichi et l'Allemand Friedrich Merz arrivaient aussi à tour de rôle pour le sommet qui doit se poursuivre jusqu'à mercredi.
Outre le Moyen-Orient, plusieurs sujets délicats sont à l'ordre du jour des dirigeants des grandes puissances: le commerce, la tech et l'Ukraine.
L'agenda du sommet dans la ville thermale des Alpes dépendra aussi largement de l'imprévisibilité du président américain.
Avant son arrivée en France, Donald Trump, plus résolu que jamais à pousser les intérêts de la première puissance mondiale, a ainsi menacé d'assommer le vin français de droits de douane si Paris ne lève pas une taxe frappant les revenus des groupes technologiques, dont Apple, Google ou encore Meta. S'attirant une réponse ferme de son hôte français, pourtant désireux de le ménager pour qu'il reste "jusqu'au bout", mercredi.
- Pression sur Moscou ? -
Sur l'autre grand conflit, l'Ukraine, rien ne dit pour l'heure que le milliardaire, pressé de tourner la page de la guerre au Moyen-Orient, sera sensible à l'appel de Volodymyr Zelensky d'adresser une "réponse décisive" à Moscou après de nouvelles attaques russes.
Ces frappes ont fait lundi au moins 11 morts et provoqué l'incendie d'une cathédrale de Kiev et classée à l'Unesco.
Donald Trump, qui participera mardi à une session en présence de son homologue ukrainien, avec qui il entretient une relation houleuse, a toutefois jugé lundi à Evian qu'il était "peut-être" possible de "faire quelque chose" à propos de la guerre, assurant que ses homologues russe et ukrainien, à qui il a parlé dimanche, y étaient "ouverts".
Emmanuel Macron et ses homologues européens et canadien rediront la nécessité de soutenir l'Ukraine et de mettre davantage de pression via de nouvelles sanctions sur la Russie pour la contraindre à négocier.
Volodymyr Zelensky a fait savoir qu'il avait proposé de rencontrer son homologue russe Vladimir Poutine lors du G7 en France, mais que la Russie n'était "pas prête" à négocier.