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Flambée de violences meurtrières au Liban, report des négociations prévues en Suisse, réserves à Téhéran: à peine signé, le protocole d'accord entre l'Iran et les Etats-Unis pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient semble vaciller sur ses bases vendredi.
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Dans le sud du Liban, des frappes israéliennes ont fait 18 morts et 33 blessés dans la nuit, selon un bilan provisoire du ministère de la Santé à Beyrouth, tandis que l'armée israélienne a fait état de la mort de quatre de ses soldats, dont un haut gradé.
Il s'agit du plus lourd bilan publié depuis l'annonce de la conclusion de l'accord lundi, qui prévoit un cessez-le-feu "sur tous les fronts, y compris au Liban", un point sur lequel Téhéran, allié du mouvement islamiste libanais Hezbollah, avait insisté.
"Tout le Liban doit brûler", a réagi à l'annonce de la mort des militaires le ministre de la Sécurité nationale israélien Itamar Ben Gvir, figure de l'extrême droite et allié politique clef du Premier ministre Benjamin Netanyahu.
La France a appelé de son côté Israël à "respecter" le protocole d'accord.
- Pas de nouvelle date -
Parallèlement, le gouvernement suisse a annoncé le report sine die des négociations prévues vendredi dans le pays entre Téhéran et Washington, censées donner le coup d'envoi à un processus de 60 jours pour régler le sujet central du nucléaire.
"La Suisse reste disposée à faciliter ces discussions. Les travaux préparatoires correspondants se poursuivent", a annoncé le ministère des Affaires étrangères dans un message transmis à l'AFP, sans fournir de précision sur une éventuelle prochaine date.
L'annulation un peu plus tôt de la venue du Premier ministre vice-président américain JD Vance avait déjà fait planer l'incertitude sur la tenue des pourparlers. Tout comme celle de l'émissaire du Pakistan, médiateur des discussions, qui va tenir en urgence une réunion dimanche en Egypte avec des pays de la région.
La semaine avait pourtant démarré sur une note optimiste, avec l'annonce d'un accord-cadre pour mettre un terme au conflit déclenché le 28 février par les Etats-Unis et Israël. Les hostilités ont fait des milliers de morts, essentiellement en Iran et au Liban, et secoué l'économie mondiale.
Ce protocole a été signé électroniquement et à distance mercredi par les présidents iranien Massoud Pezeshkian et américain Donald Trump. Le guide suprême iranien Mojtaba Khamenei a déclaré jeudi dans un message écrit l'avoir approuvé malgré des réserves.
- Réserves de Khamenei -
"Il est évident que les négociations en face-à-face qui se tiendront à l'avenir ne présagent pas de l'acceptation du point de vue de l'ennemi", a souligné le dirigeant, qui n'a pas été vu en public depuis qu'il a succédé en mars à son père Ali Khamenei, tué dans les bombardements israélo-américains sur l'Iran.
Il a été levé jeudi comme prévu par l'accord et les forces américaines "ont laissé plus d'une douzaine de bateaux passer", a précisé JD Vance.
La télévision d'Etat iranienne, citant un communiqué du Conseil suprême de sécurité nationale du pays, a annoncé de son côté que les navires souhaitant traverser le détroit devraient soumettre leur demande à un nouvel organisme gouvernemental.
Conformément aux termes du protocole, "aucun frais" ne sera perçu "pendant une période de 60 jours", a-t-elle rappelé.
Reflet d'un regain des craintes, les prix du pétrole ont recommencé à monter vendredi après avoir fortement chuté depuis l'annonce de l'accord, le baril de Brent de la mer du Nord, référence du marché mondial, repassant au-dessus des 80 dollars.
- "Echec des États-Unis" -
Aux Etats-Unis, la presse américaine s'est montrée sévère envers un accord-cadre offrant à l'Iran d'énormes avantages financiers, sans exiger le démantèlement de son infrastructure nucléaire.
Washington s'engage ainsi, en cas d'accord définitif, à faciliter avec ses "partenaires régionaux" le déblocage d'un fonds de 300 milliards de dollars pour la reconstruction et le développement économique de l'Iran.
L'accord "acte l'échec des Etats-Unis", a commenté le principal négociateur iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, qui a en outre promis une "réponse décisive" en cas de violation des engagements.
A Téhéran, Mina, une psychologue de 54 ans, doute que l'accord soit "durable". "Peut-être qu'après les 60 jours, les hostilités reprendront", dit-elle, interrogée depuis Paris par l'AFP.
Malgré l'apaisement, "le combat n'est pas terminé", avait averti de son côté jeudi Benjamin Netanyahu.
Le Premier ministre israélien n'a pas commenté directement l'accord, vivement critiqué en Israël y compris au sein du gouvernement.
"Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète", a tancé JD Vance, appelant les contempteurs israéliens des décisions américaines "à prendre conscience de la réalité".