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Israël et le Hezbollah pro-iranien sont convenus vendredi d'un cessez-le-feu, selon un responsable américain, après un regain de violences meurtrières au Liban qui met à l'épreuve le protocole d'accord signé par Téhéran et Washington pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient.
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Depuis la nuit, les frappes israéliennes ont fait 47 morts et près d'une centaine de blessés, selon un nouveau bilan des autorités libanaises.
L'armée israélienne a fait état de son côté de la mort de quatre de ses soldats, dont un haut gradé.
Israël "fera payer un prix très lourd au Hezbollah", a réagi le Premier ministre Benjamin Netanyahu à l'annonce de la mort des militaires, jurant que l'armée resterait dans le sud du Liban "aussi longtemps que nécessaire".
- "Guerre permanente" -
"Tout le Liban doit brûler", a menacé son ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, figure de l'extrême droite, hostile à l'accord irano-américain. En réaction, le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi a accusé Israël de vouloir "la guerre permanente".
L'armée israélienne a affirmé avoir frappé "plus de 150 cibles" et tué "des dizaines" de membres du Hezbollah.
Le groupe chiite a lui dénoncé "des massacres de civils". Ses combattants "défendront leur terre et leur peuple", a-t-il assuré avant l'annonce d'une trêve.
Ce cessez-le-feu, après un précédent le 17 avril, jamais respecté, a été négocié par les médiateurs américains et qataris après des discussions avec Israël et l'Iran, a indiqué à responsable américain à l'AFP sous couvert de l'anonymat.
Le gouvernement israélien n'a pas commenté à ce stade. Et après cette annonce, l'aviation israélienne a mené une nouvelle frappe dans le sud selon l'agence nationale d'information libanaise ANI (officielle).
"Nous étions chez nous quand, soudain, les bombardements ont commencé. Ils n'ont épargné aucune ville, aucune maison", raconte Zeinab Nasser, 69 ans, bloquée avec son mari dans des embouteillages à Saïda. "Les avions militaires israéliens ne quittent jamais le ciel".
- Report sine die -
Parallèlement, la Suisse a annoncé le report sine die des négociations qui étaient prévues vendredi entre Téhéran et Washington, censées lancer un processus de 60 jours pour régler le sujet central du nucléaire et mener à un accord final.
"Il n'y a aucune urgence", a déclaré le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï. "Mais nous comptons organiser une réunion dans les prochains jours".
Le chef de la diplomatie du Pakistan, pays médiateur, doit lui rencontrer dimanche au Caire ses homologues égyptien, saoudien et turc, eux aussi impliqués dans les tractations.
"La situation reste précaire", analyse une source diplomatique émiratie, évoquant "deux facteurs susceptibles de faire capoter l'accord": Israël et certains conservateurs en Iran.
La semaine avait démarré sur une note optimiste, avec l'annonce d'un accord-cadre pour mettre un terme au conflit déclenché le 28 février par les Etats-Unis et Israël.
Les hostilités ont fait des milliers de morts, essentiellement en Iran et au Liban, et secoué l'économie mondiale.
Ce protocole a été signé à distance mercredi par les présidents iranien Massoud Pezeshkian et américain Donald Trump.
Le guide suprême iranien Mojtaba Khamenei a déclaré le lendemain dans un message écrit l'avoir approuvé malgré des réserves.
Les négociations "ne présagent pas de l'acceptation du point de vue de l'ennemi", a averti l'ayatollah, qui n'a pas été vu en public depuis son entrée en fonction en mars.
- 25 navires franchissent Ormuz -
En attendant, le trafic a repris dans le détroit d'Ormuz, passage stratégique pour le commerce mondial des hydrocarbures: 25 navires commerciaux l'ont franchi jeudi, un volume inédit depuis mi-avril, selon des données de la plateforme de suivi maritime AXSMarine.
"Les opérations de déminage se poursuivent", précise-t-elle, appelant les armateurs à la "prudence".
L'Iran avait verrouillé ce détroit au début de la guerre, les Etats-Unis imposant en représailles un blocus des ports iraniens, levé jeudi.
L'autorité maritime iranienne responsable de sa gestion exige cependant que les bateaux souhaitant franchir le détroit soumettent une demande "48 heures à l'avance".
Conformément aux termes du protocole, aucun frais ne sera perçu pendant 60 jours, a rappelé Téhéran.
Reflet d'un regain des craintes, les prix du pétrole ont cessé de baisser, le baril de Brent de la mer du Nord, référence du marché mondial, oscillant autour des 80 dollars.