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Les responsables politiques ukrainiens et polonais ont joué l'apaisement jeudi à Gdansk, en Pologne, à la 5e conférence sur la reconstruction de l'Ukraine, malgré l'absence du président Volodymyr Zelensky à la suite de tensions liées à l'histoire des deux pays.
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En ouverture de cette réunion jeudi matin, le Premier ministre polonais Donald Tusk a lancé : "Nous ne pouvons bâtir l'avenir que sur la vérité, le respect mutuel et la compréhension de l'Histoire".
Et son homologue ukrainienne Ioulia Svyrydenko, envoyée à cette conférence pour remplacer Volodymyr Zelensky qui y était pourtant annoncé avant les récentes frictions diplomatiques, de saluer la volonté des Polonais de "bâtir un avenir commun".
Les deux dirigeants, souriants, ont tenu à afficher leur proximité : "Vous êtes ici chez vous", a déclaré M. Tusk à Mme Svyrydenko.
Mais, dans des commentaires qui pourraient faire réagir Kiev, le chef du gouvernement polonais a également déclaré que l'Ukraine devait "comprendre sa propre histoire" et faire preuve d'une "capacité et d'une volonté authentiques de réconciliation" si elle souhaitait rejoindre l'UE.
- Les affaires continueront -
En réaction, le chef de l'Etat nationaliste polonais, Karol Nawrocki, a annoncé la semaine dernière retirer à M. Zelensky la plus haute distinction de son pays, l'Ordre de l'Aigle blanc.
Manifestement embarrassé, Donald Tusk, un proeuropéen et un soutien fervent de l'Ukraine, ne cesse d'appeler à l'apaisement.
Dressant un parallèle avec l'histoire de Gdansk, sa ville natale, il s'est employé jeudi à recentrer l'attention sur la reconstruction de l'Ukraine. La cité portuaire de "Gdansk a été relevée de ses ruines et est devenue, à l'échelle mondiale, la reconstruction la plus aboutie, la plus complète. (...) Et un effort immense du même ordre attend l'Ukraine".
De leur côté, les entreprises polonaises présentes à la conférence jeudi espèrent que les querelles politiques n'affecteront pas les affaires.
"Du point de vue des entreprises, nous ne voyons aucun problème", a assuré à l'AFP Michał Rzepnikowski, de la société Endolink SA, qui fournit des prothèses polonaises en Ukraine. "Les deux parties arrivent à la conclusion que ce n'est pas une priorité en temps de guerre", a-t-il martelé.
Assis côte à côte au centre de conférence Amberexpo de Gdansk, dévastée pendant la Deuxième Guerre mondiale, M. Tusk et Mme Svyrydenko ont discuté cordialement sous le regard de la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen.
Cette dernière a annoncé jeudi à la tribune qu'un premier versement de 3,2 milliards d'euros, dans le cadre du prêt européen de 90 milliards d'euros à l'Ukraine, avait été effectué.
"Ces investissements montrent bien que le soutien de l'Europe à l'Ukraine n'est pas près de s'arrêter", a-t-elle affirmé devant les participants, des responsables politiques et des investisseurs réunis jusqu'à vendredi.
Outre le chancelier allemand Friedrich Merz, des dirigeants de la Bulgarie, de l'Estonie, de la Finlande, de la Lettonie, de le Lituanie, de la Roumanie et de la Suède étaient notamment présents.
La commissaire européenne à l'Elargissement, Marta Kos, a déclaré à l'AFP craindre à un moment que les querelles politiques n'affectent "la rationalité des entreprises".
Les abords du centre étaient quadrillés par des policiers en armes déployés en nombre pour empêcher tout débordement, après qu'un parti polonais ultranationaliste a appelé à manifester en fin de journée, selon des journalistes de l'AFP.
- Convaincre les investisseurs -
Parmi les priorités majeures de cette conférence annuelle, figure la rénovation du secteur énergétique ukrainien durement frappé par la Russie.
L'attention s'est également portée sur les infrastructures essentielles, en particulier en matière de sécurité.
Après plus de quatre années de guerre, l'Ukraine a besoin de plusieurs centaines de milliards de dollars pour reconstruire, selon les estimations de plusieurs institutions internationales dont la Banque mondiale.
Pour l'instant, l'Ukraine consacre la plupart de ses fonds à son effort de guerre et au maintien à flot de son économie.
Par ailleurs, les craintes sur la corruption ont plané jeudi.
Les alliés de Kiev ont déclaré qu'ils espéraient que l'Ukraine réaliserait les réformes nécessaires pour entamer le processus d'adhésion à l'UE. "Les investisseurs ne viendront pas s'il y a de la corruption", a averti Mme Kos.