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La canicule amorce son reflux ce weekend mais après avoir épuisé les corps, elle soumet les hôpitaux à une pression extrême et les décès à domicile sont l'"angle mort" d'un phénomène d'une violence inédite.
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Causées principalement par la combustion d'énergies fossiles par les humains, les vagues de chaleur comme celle qui frappe actuellement une grande partie de l'Europe, sont appelées à s'intensifier, avec de lourdes implications économiques ou sanitaires.
Selon l'élu, cette "saturation exceptionnelle" frappe "l'intégralité des services" et se lit très concrètement dans "les brancards qui s'accumulent dans les couloirs", "indicateur qui n'a jamais été aussi haut".
Au CHU de Toulouse, couloirs et patios sont transformés en "véritables fours", alerte la CGT qui décrit "des locaux à 33 degrés" tandis que manquent les appareils portables de climatisation, "des médicaments potentiellement moins efficaces", ou encore "des agents sans eau fraîche" ni "consignes claires". Selon le syndicat, "on se retrouve comme pendant la Covid avec les moyens du bord".
- "On tire sur la corde" -
Malgré le recul de la vague de chaleur qui devrait se concrétiser dimanche soir par la fin des alertes maximales, 37 départements restent samedi en vigilance rouge canicule. Et les organismes accablés par une semaine de chaleur intense, y compris la nuit, sont épuisés.
"Quatre à cinq heures de sommeil alors qu'il me faut six à sept heures... On tire sur la corde", explique Nelly Koebel, 37 ans, dans le centre de Strasbourg, où il faisait déjà 27°C à 08H30 avant que le thermomètre ne flirte de nouveau avec les 40°C.
La canicule "fait mourir, hélas, des personnes qui ne devraient pas mourir", "de 40, de 50 ans" qui "sont chez elle, isolées", selon Antoine Alibert qui pointe l'"angle mort" des décès à domicile dans ce qu'il qualifie déjà de "crise sanitaire".
Le ministre de la Santé Stéphanie Rist a émis la même crainte vendredi sur ces morts hors du système sanitaire.
Il faut généralement des mois ou plus pour déterminer la surmortalité liée aux vagues de chaleur, décrite comme "un tueur silencieux".
Mais "quelques degrés en plus se traduisent par une augmentation très forte du risque de décès", ont expliqué à l'AFP Mathilde Pascal et Robin Lagarrigue, de l'agence sanitaire nationale Santé publique France, tandis que Matignon a prévenu que "la pression hospitalière se (prolongerait) plusieurs jours".
Partout, les autorités ont annulé ou reporté des événements, comme le festival Solidays, la course "We Run" ou la Marche des Fiertés LGBTQIA+ à Paris, ou encore la Symphonie des arts à Strasbourg "afin de protéger les musiciens, leurs instruments, mais également le public". Consommation et vente d'alcool ont été restreintes à Paris et dans plusieurs villes.
- Finale du Top 14 maintenue -
A Saint-Denis, la finale du Top 14 entre le Stade Toulousain et Montpellier a été maintenue au Stade de France mais ce sera sans bière en main pour les 80.000 spectateurs.
Et le meeting international de Paris, à Charléty dimanche soir, où de nombreuses stars de l'athlétisme sont attendues, se tiendra dans un "format adapté".
Le château de Chambord a également annulé trois jours de concerts avec en têtes d'affiche Orelsan, Maroon 5 et DJ Snake.
Météo-France prévoit 24 départements maintenus en vigilance rouge dimanche, mais l'Ile-de-France et une grande partie du Grand Est rétrograderont en orange dès 06H00. Les deux derniers départements en rouge, le Bas-Rhin et le Haut-Rhin, basculeront à leur tour à 22H00.
Avec l'entrée "d'air plus frais" par l'ouest et le nord-ouest, arrive le risque d'orages parfois violents.
Mais les températures "resteront très élevées" ce weekend, met en garde l'organisme public: de nouveaux records de chaleur absolus ont encore été battus vendredi, notamment dans le Bas-Rhin qui a enregistré le premier 40°C de son histoire.
L'an dernier, la moitié de la planète a subi davantage de journées de forte chaleur, avec des températures ressenties supérieures à 32°C, que les normales saisonnières, selon l'observatoire européen Copernicus.