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La police indienne et des milliers de manifestants qui dénonçaient des fraudes présumées aux examens universitaires et exigeaient la démission du ministre de l'Education se sont affrontés lundi dans le centre de New Delhi.
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Déployées en nombre, les forces de l'ordre ont tiré des gaz lacrymogènes en direction des protestataires, principalement des jeunes étudiants, et les ont chargés à coups de matraque, ont constaté des journalistes de l'AFP.
Il s'agit de l'une des plus importantes manifestations organisées dans la capitale indienne ces dernières années.
En fin d'après-midi, alors que les affrontements se poursuivaient, la police a appelé les manifestants à rester pacifiques et à ne pas pas relayer de "rumeurs ou d'informations non vérifiées".
Ils voulaient rejoindre le Parlement fédéral, dont la session estivale a débuté lundi.
"Nous voulons que le gouvernement nous entende, pas qu'il nous fasse taire", a déclaré à l'AFP l'un des manifestants, K.M. Gulshan, 19 ans.
La police de Delhi avait indiqué dès dimanche que la marche était illégale et déployé d'importants moyens pour protéger Parlement et bâtiments publics.
"Toute personne qui contreviendra à cette interdiction est susceptible de poursuites pénales", a-t-elle rappelé sur les réseaux sociaux.
Très tôt lundi, des milliers de manifestants ont commencé à affluer vers le site du rassemblement, bravant la pluie ainsi que les barrages érigés par la police.
- "Pourquoi?" -
"Sommes-nous dans une zone de guerre? Pourquoi la police recourt-elle à des tirs de gaz lacrymogènes contre des manifestants pacifiques ? ", a dénoncé sur X le "Parti du peuple des cafards", dont les initiales CJP singent celles du Parti nationaliste indien (BJP) du Premier ministre ultranationaliste hindou Narendra Modi.
"Votre gouvernement a d'abord ignoré cette mobilisation pendant un mois et, maintenant que nous marchons pacifiquement, il nous attaque. Pourquoi? ", a-t-il ajouté.
M. Modi, qui s'est exprimé avant le début de la session du Parlement, n'a fait aucune allusion à la manifestation.
Lancé en mai par un étudiant indien fraîchement diplômé aux Etats-Unis, le parti des "cafards" tente de fédérer la colère qui gronde en Inde contre les ratés et scandales qui affectent régulièrement les examens de l'enseignement supérieur.
En mai, une fraude a précipité l'invalidation d'un examen passé par plus de deux millions d'aspirants étudiants en médecine. Cette annulation a causé, selon les médias locaux, le suicide de plusieurs candidats.
Deux dirigeants du CJP ont rencontré lundi un ministre, JP Nadda, et lui ont remis une lettre faisant état de leurs revendications après avoir été contacté par le gouvernement dans la matinée, a indiqué le parti.
"La rencontre s’est déroulée dans une atmosphère cordiale", a déclaré M. Nadda dans un communiqué.
L’accès à Internet a été coupé dans certaines parties du centre de la capitale indienne au cours de la journée de lundi.
- "Ecouter les jeunes" -
Les "cafards" ont multiplié ces dernières semaines les rassemblements dans de nombreuses villes du pays et attiré beaucoup de jeunes qui ne se satisfont plus de ne pas trouver d'emploi à leur sortie de l'université, malgré la forte croissance économique du pays.
"Narendra Modi n'a pas jusque-là fait mine de beaucoup s'inquiéter pour la jeunesse du pays", a déploré lundi une manifestante, Shubhi Rao, 16 ans, venue protester avec cinq camarades.
"Notre pays mérite un gouvernement qui se préoccupe de ce que les jeunes ont à dire et est prêt à corriger ses erreurs", a renchéri un autre, Sumit Kumar, 18 ans, en espérant par sa présence "contribuer au changement".
Le mouvement des "cafards" a été rejoint dès sa création par une figure de la société civile indienne, Sonam Wangchuk, qui a entamé le 28 juin une grève de la faim pour appuyer ses revendications.
Libéré en mars après six mois de détention pour avoir manifesté pour l'autonomie de la région himalayenne du Ladakh, M. Wangchuk, âgé de 59 ans, a été hospitalisé de force samedi par la police alors que son état de santé suscitait de plus en plus d'inquiétude.
Son épouse, Gitanjali J. Angmo, a dénoncé une "détention illégale".
En réaction, le fondateur des "cafards", Abhijeet Dipke, a annoncé qu'il entamait à son tour une "grève de la faim illimitée".