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Le Premier ministre indien Narendra Modi a promis jeudi de sanctionner les responsables des fraudes aux examens universitaires à l'origine de la fronde des étudiants, qui continuent en retour d'exiger la démission du ministre de l'Education.
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Confronté à sa plus sérieuse crise depuis sa réélection à un troisième quinquennat à la tête du pays il y a deux ans, M. Modi est sorti du silence au quatrième jour de la mobilisation.
"Nous avons décidé d'accélérer les procédures judiciaires et de punir sévèrement ceux qui sont impliqués" dans les fraudes, a assuré le chef du gouvernement ultranationaliste hindou sur X.
"Rien n'est plus important que le bien-être et l'avenir de notre jeunesse", a-t-il poursuivi.
La police de la capitale a sévèrement réprimé lundi une manifestation de dizaines de milliers d'étudiants et de jeunes qui tentaient de rallier le Parlement en exigeant la démission du ministre de l'Education.
Plusieurs milliers de manifestants continuent depuis à occuper jour et nuit l'esplanade de Jantar Mantar, au cœur de la capitale indienne.
Les assurances du Premier ministre y ont été balayées d'un revers de main.
- "Renvoyez le ministre" -
"Notre combat vise à réparer le système et à exiger du pouvoir qu'il rende des comptes", a cinglé le "parti du peuple des cafards" (CJP) qui fédère la mobilisation. "Renvoyez (le ministre) Dharmendra Pradhan et rendez des comptes", a-t-il insisté sur X.
"Si les étudiants étaient sa première priorité, il n'aurait pas lâché la police contre nous", a renchéri auprès de l'AFP un avocat stagiaire de 24 ans qui s'est identifié sous le seul prénom de Yuvraj.
La colère des étudiants est née des fraudes qui ont entaché un examen passé en mai par plus de 2 millions d'aspirants étudiants en médecine. Son annulation a causé, selon les médias locaux, plusieurs suicides.
Elle s'est regroupée sous la bannière du CJP, un mouvement en ligne créé en mai par un étudiant indien en réaction à des propos du président de la Cour suprême qualifiant les jeunes chômeurs de "parasites".
En plus de réformes dans l'éducation, le mouvement incarne l'inquiétude d'une jeunesse indienne qui peine à trouver un emploi, malgré la forte croissance économique (plus de 7% au premier trimestre 2026) dont se targue M. Modi.
"Ce mouvement va au-delà de la seule démission de Dharmendra Pradhan", a décrit à l'AFP un étudiant, Sujith Mehlawet, 21 ans. "Il s'agit désormais de démocratie et de Constitution (...) c'est une guerre entre les étudiants et le gouvernement."
L'opposition s'est saisie de la répression de la marche de lundi pour porter le fer contre le Premier ministre.
- "Force excessive" -
Depuis mardi, le chef de l'opposition parlementaire et dirigeant du parti du Congrès Rahul Gandhi réclame la démission de M. Modi qu'il accuse d'avoir "détruit l'avenir de la jeunesse indienne".
"Vous êtes celui qui a le plus nuit à l'avenir de la jeunesse", a répondu jeudi M. Gandhi à M. Modi. "Vous avez autorisé et même encouragé le détournement et la destruction de notre système d'éducation."
De brefs affrontements ont opposé dans la nuit de mercredi à jeudi la police aux protestataires autour de l'esplanade de Jantar Mantar, a affirmé le CJP.
"L'internet a été coupé. Des gens ont été brutalement chargés et frappés à coups de bâton", a ajouté leur porte-parole sur les réseaux sociaux.
La police a confirmé des incidents, se contentant d'ajouter que certains de ses agents avaient été "sérieusement blessés".
L'ONG Human Rights Watch (HRW) a dénoncé jeudi la violence de la police indienne en l'accusant d'avoir recouru lundi à "une force inutile et excessive".
Les autorités doivent "enquêter rapidement et de façon impartiale sur les abus des forces de sécurité contre les manifestants de Delhi (...) et poursuivre leurs auteurs quel que soit leur rang", a insisté son représentant pour l'Asie, Meenakshi Ganguly.
Depuis lundi, des manifestations de jeunes et d'étudiants, d'ampleur modeste, ont été signalées dans d'autres villes d'Inde comme Bombay (ouest), Bangalore (sud) ou Patna (nord).