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Israël a fait part à Washington de ses "inquiétudes" sur l'accord annoncé par Donald Trump pour lancer la deuxième étape de son plan de sortie de guerre à Gaza, tout en poursuivant lundi ses frappes meurtrières sur le territoire palestinien.
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Il s'agit de la première réaction officielle du gouvernement israélien depuis l'annonce la semaine dernière de cette entente, qui prévoit le désarmement du mouvement islamiste Hamas de pair avec un retrait progressif d'Israël de la bande de Gaza, dont il contrôle plus de 60%.
"Israël a transmis à ses homologues américains ses commentaires et inquiétudes sur le cadre proposé", a déclaré lundi à l'AFP un porte-parole du Premier ministre Benjamin Netanyahu, dans une nouvelle manifestation des tensions apparues entre les deux alliés, et que n'a pas dissipée la rencontre à Washington de MM. Trump et Netanyahu fin juillet.
"La version rendue publique ne reflète pas la position d'Israël", a ajouté ce porte-parole, Doron Spielman.
Le Hamas avait lui annoncé vendredi avoir accepté la feuille de route élaborée par le "Conseil de Paix" créé par Donald Trump.
La version rendue publique par cet organe prévoit notamment la fin des opérations militaires des deux parties, ainsi que le démantèlement de l'armement du Hamas et son stockage par le Comité national pour l'administration de Gaza (NCAG), un organe technocratique palestinien chargé de gérer le territoire dans une phase transitoire.
Ce désarmement sera lié à un retrait progressif israélien, la Force internationale de stabilisation (ISF) en voie de formation devant être déployée pour séparer les forces israéliennes des zones contrôlées par le NCAG.
Mais Israël a répété lundi qu'il "ne se replierait pas et continuerait à contrer toute menace", selon une source politique à l'AFP.
Après l'annonce de l'accord, l'Etat hébreu a d'ailleurs poursuivi ses frappes sur Gaza, d'après une source sécuritaire sur place, qui a dénombré "plus de dix frappes aériennes" ayant tué 19 personnes depuis dimanche, l'un des plus lourds bilans de ces derniers mois.
- "Démilitarisation complète" -
Depuis octobre, plus de 1.200 Palestiniens ont été tués à Gaza, selon le ministère de la Santé, dont les chiffres sont jugés fiables par l'ONU. L'armée israélienne a de son côté recensé cinq soldats tués sur la période, ainsi qu'un employé civil sous contrat.
Donald Trump avait lui qualifié la nouvelle étape de son plan de "jalon majeur" dans les efforts visant à mettre fin au conflit déclenché par l'attaque du Hamas contre Israël le 7 octobre 2023. Il avait affirmé vendredi qu'Israël était "très satisfait" de cette évolution.
Selon M. Spielman, les renseignements israéliens ont établi que le mouvement islamiste palestinien s'était réarmé et avait recruté de nouveaux combattants, des agissements montrant selon lui que le Hamas se prépare à de "nouveaux massacres du type du 7-Octobre".
"La première étape indispensable vers tout accord durable est la démilitarisation réelle, vérifiable et irréversible du Hamas", a-t-il insisté. "Toute mesure qui n'aboutirait pas à une démilitarisation complète laisserait au Hamas la capacité de menacer à nouveau Israël".
Le mouvement défend depuis longtemps un désarmement progressif, avec remise de ses armes à un organisme indépendant après les accords de paix, plutôt qu'une reddition immédiate et unilatérale de son arsenal.
Mohammad Dahlan, un haut responsable politique palestinien impliqué dans les pourparlers, a accusé M. Netanyahu de s'employer "à faire obstacle à l'occasion la plus prometteuse de commencer à mettre un terme" à la guerre à Gaza.
Le président israélien, Isaac Herzog, au rôle essentiellement honorifique, a lui jugé que les efforts de Donald Trump pour un règlement à Gaza "portaient une certaine vision d'espoir".
Les derniers développements représentent "une étape très positive, avec la mise en garde claire et l'engagement que le Hamas doit être désarmé", a-t-il déclaré en recevant des ambassadeurs étrangers.