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Israël a envoyé jeudi des troupes dans un village de Cisjordanie occupée, où des colons ont assiégé des maisons palestiniennes, l'ambassadeur américain dénonçant "un acte de terreur" dans une très inhabituelle déclaration.
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Parallèlement, Israël a officiellement inauguré une colonie ailleurs sur le territoire occupé, plus de 20 ans après son démantèlement.
Depuis dimanche, quelques dizaines d'Israéliens bloquaient l'accès à des maisons dans le village de Qusra près de Naplouse (nord de la Cisjordanie), dont l'une appartient à un homme également détenteur de la citoyenneté américaine.
Les habitants affirment être coupés de tout approvisionnement en nourriture et autres services essentiels.
L'armée israélienne a déployé des troupes dans la région "afin de protéger les habitants et de maintenir la sécurité", selon un communiqué.
Elle avait déjà démonté une tente mercredi mais les colons étaient restés sur place, sur des couvertures. Elle est revenue dans la nuit et a démantelé "deux avant-postes illégaux", confisqué l'équipement présent sur place, et procédé à l'interpellation d'un Israélien, selon un communiqué.
"La tente et les affaires des colons ne sont plus là", mais ils sont "sur la colline voisine", a déclaré à l'AFP Aïcha Hassan, qui vit dans une des maisons concernées, alors que "la zone est complètement bouclée par l'armée".
Des images de l'AFP montrent des soldats en patrouille dans la rue.
- "Faillite" du gouvernement -
"Les actions de ceux derrière cet acte de terreur horrible, visant à intimider et à harceler cette famille, sont répugnantes", a écrit l'ambassadeur Mike Huckabee sur X, pourtant fervent défenseur des colonies en Cisjordanie, occupée par Israël depuis 1967.
"Aucun prétexte ne justifie ce comportement de voyous", a-t-il ajouté.
Les propos tenus par l'ambassadeur américain sont particulièrement inhabituels. Ce pasteur évangélique chrétien a par le passé soutenu de façon répétée les colonies juives en Cisjordanie, et rejeté l'idée d'un Etat palestinien.
Selon le principal rival de Benjamin Netanyahu aux prochaines législatives, le centriste Gadi Eisenkot, "les événements de Qusra illustrent une fois de plus la faillite et la faiblesse de ce gouvernement".
Le bureau du Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'Homme a exigé des autorités israéliennes "de respecter les obligations qui lui incombent en vertu du droit de l'occupation, afin d'assurer la sécurité de la population palestinienne locale".
La porte-parole du service diplomatique de l'UE, Anitta Hipper, a elle aussi appelé Israël à prendre "des actions concrètres pour empêcher les violences des colons".
- "Revenus pour y rester" -
Ces violences se sont intensifiées de manière spectaculaire depuis l'attaque sans précédent du Hamas le 7 octobre 2023, avec des raids quasi quotidiens contre des villages et des actes de harcèlement ou d'intimidation.
Elles vont de pair avec la multiplication des colonies en Cisjordanie, qu'une partie de la classe politique israélienne ne cache pas vouloir annexer.
Peu après le message de l'ambassadeur américain, plusieurs responsables politiques israéliens, dont le ministre de la Défense Israël Katz, se sont retrouvés à la colonie de Ganim, démantelée en 2005, pour célébrer sa réinstallation.
"Nous sommes revenus à Ganim - et nous sommes revenus pour y rester", a déclaré M. Katz.
Sur les quatre colonies démantelées en Cisjordanie en 2005, en même temps que toutes celles de Gaza, trois ont récemment été réinstallées.
La colonisation de cette partie des Territoires palestiniens s'est poursuivie sous tous les gouvernements israéliens depuis 1967, mais s'est nettement accélérée depuis l'arrivée de l'extrême droite dans la coalition au pouvoir fin 2022.
Plus de 500.000 Israéliens vivent dans des colonies en Cisjordanie, illégales au regard du droit international, aux côtés d'environ trois millions de Palestiniens.