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Nigel Farage, chef du parti anti-immigration Reform UK, a revendiqué tôt vendredi sa victoire dans une élection législative partielle toujours en cours de dépouillement et boycottée par les partis traditionnels.
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Aucune estimation n'était encore disponible dans les premières heures de vendredi, quand M. Farage a assuré remporter l'élection atypique qui s'est tenue jeudi à Clacton-on-sea, station balnéaire décatie du sud-est de l'Angleterre, dans laquelle son adversaire principal était le satirique Count Binface (comte Tête-de-poubelle).
"J'ai demandé aux électeurs de Clacton d'être mes juges", a réitéré dans un discours prononcé dans l'Essex et retransmis sur X, le politicien de 62 ans qui a lui-même provoqué l'élection début juillet après avoir été rattrapé par des affaires de dons non déclarés.
"Le verdict est tombé et c'est une victoire convaincante et écrasante (...) nous avons obtenu bien plus de voix que lors des élections législatives de 2024", a avancé l'ex-héraut du Brexit, visiblement détendu.
Il a indiqué ne pas se rendre au lieu du dépouillement.
Les résultats de ce scrutin sont attendus vendredi au petit matin, le dépouillement étant ralenti par un bulletin de vote long de près de deux mètres.
Un nombre record de 34 candidats, pour la plupart indépendants et inconnus, s'affrontent. Travaillistes, conservateurs, libéraux-démocrates ou Verts boycottent ce scrutin qu'ils voient comme une pure manoeuvre politique.
Face à cette situation, "c'est mon humble devoir" d'incarner l'opposition, a déclaré Count Binface tôt vendredi à l'AFP.
"Si une majorité des électeurs de Clacton se prononce en faveur de son retour en tant que député, il faut respecter ce choix", a-t-il réagi au sujet de M. Farage, et "si une enquête parlementaire conclut qu'il a commis des irrégularités financières qu'il n'aurait pas dû commettre, cela doit également être respecté".
Si les sondages d'avant-scrutin donnaient Nigel Farage gagnant, le taux de participation est scruté: il s'est élevé à 44,37%, un chiffre inférieur à celui des dernières élections générales.
- "Farce" -
Jeudi, Nigel Farage a déambulé dans les rues de Clacton, où il a été élu pour la première fois député en juillet 2024 avec 46,2% des voix, après sept tentatives infructueuses. Sous ses lunettes de soleil, il a posé pour les photographes, une bière à la main.
Paul, 50 ans, qui n'a pas donné son nom de famille, qualifie l'élection de "farce", et critique le boycott des principaux partis, pour lesquels il assure qu'il ne votera plus.
Mais il reproche aussi à Nigel Farage ses "visites éclairs" à Clacton, le temps d'une "séance photo". "En réalité, il n'est pas vraiment là", dit Paul, en déplorant "l'afflux massif" de migrants au Royaume-Uni.
Reform UK a connu une ascension spectaculaire ces dernières années, et triomphé lors des élections locales de mai, contribuant à la démission du Premier ministre travailliste Keir Starmer.
Mais cette législative partielle se tient alors que pour la première fois depuis plus d'un an, les travaillistes sont récemment repassés devant Reform UK dans des sondages, portés par l'arrivée à Downing Street d'Andy Burnham le 20 juillet.
- Enquête sur pause -
Le gendarme de l'éthique parlementaire enquête sur un don de cinq millions de livres (5,7 millions d'euros) que M. Farage a reçu d'un milliardaire ayant fait fortune dans les cryptomonnaies, Christopher Harborne, peu avant son élection à Clacton en juillet 2024.
Selon le Times, il aurait également reçu un don non déclaré de George Cottrell, entrepreneur en cryptomonnaies condamné pour fraude aux Etats-Unis en 2017.
S'il est réélu à Clacton, l'enquête parlementaire sur les dons non déclarés, mise en pause après sa démission, reprendra.
Si elle devait conclure à une faute sérieuse, il pourrait être suspendu de son siège pour plus de 10 jours, ce qui déclencherait automatiquement une nouvelle élection. Les partis traditionnels ont déjà annoncé qu'ils présenteraient alors des candidats.
Parmi les promesses de son adversaire Count Binface, derrière lequel se cache l'humoriste Jon Harvey : "nationaliser" la chanteuse Adele ou "boucher tous les nids de poule avec le programme du Labour de 2024".