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La contre-offensive de l'armée ukrainienne se poursuivait mardi dans le sud de l'Ukraine, où d'intenses combats étaient signalés, tandis que le président Volodymyr Zelensky exhortait la mission de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) qu'il recevait à Kiev à "faire le maximum" pour éviter une catastrophe nucléaire à la centrale de Zaporijjia.
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De "puissantes explosions" se sont produites toute la journée de lundi et toute la nuit dans la région de Kherson, une ville prise par les Russes dès le début de la guerre, et la "quasi-totalité" de son territoire est en proie à de violents affrontements, a déclaré dans la matinée la présidence ukrainienne.
Cela, a-t-il ajouté à cette occasion, implique "le départ de tous les militaires russes avec tous leurs explosifs, toutes leurs armes" de ces installations situées dans le sud de l'Ukraine et sur le site desquelles Kiev et Moscou s'accusent mutuellement d'avoir effectué des frappes.
- "Puissantes attaques d'artillerie" -
A Bereznehuvate, une ville de l'arrière à 70 km au nord de Kherson, l'AFP a assisté à un passage constant de blindés ukrainiens, tandis que nombreux tirs d'artillerie résonnaient dans les environs.
Certains militaires étaient en route vers le front, comme ce petit groupe attendant que son char T74, dont le moteur était en surchauffe, soit réparé. D'autres en revenaient et se reposaient.
"On les a bien enfoncés", se vante Victor, un soldat d'infanterie d'une soixantaine d'années qui ne veut pas en dire plus. Son commandant, Oleksandre, un ancien combattant soviétique de la guerre d'Afghanistan, pense que la reconquête de Kherson sera "longue et compliquée".
"Les forces armées ukrainiennes ont lancé des actions offensives dans diverses directions", a annoncé la présidence ukrainienne, affirmant qu'elles ont détruit "un certain nombre de dépôts de munitions" et "tous les grands ponts" qui permettent aux véhicules de traverser le Dniepr, le grand fleuve arrosant cette partie de l'Ukraine. Et ce afin de couper le ravitaillement en provenance de la Crimée annexée par la Russie en 2014.
Selon une note du ministère britannique de la Défense, "la plupart des unités (russes) autour de Kherson sont probablement en sous-effectifs et doivent compter sur un approvisionnement fragile par ferry et ponts flottants".
La contre-attaque ukrainienne vise pour l'essentiel à reprendre Kherson, ont expliqué des responsables locaux.
L'un d'eux, le député Serguiï Khlan, a évoqué à la télévision ukrainienne de "puissantes attaques d'artillerie sur les positions ennemies (...)".
- "Echec" des Ukrainiens, dit Moscou -
La Russie a pour sa part assuré dès lundi avoir repoussé des "tentatives d'offensive" ukrainiennes dans la région de Kherson ainsi que dans celle de Mykolaïv, plus à l'ouest.
"En raison de l'échec de l'offensive ukrainienne (...), l'ennemi a subi de lourdes pertes", soit 1.200 hommes "en un jour", ainsi que des dizaines de véhicules militaires, a proclamé mardi le ministère russe de la Défense.
Selon le commandement "Sud" de l'armée ukrainienne, les Russes ont tiré lundi sur Mykolaïv 16 missiles antiaériens S-300 qui ont provoqué d'"importants" dégâts et fait deux morts et 24 blessés parmi les civils.
Ces informations étaient invérifiables de sources indépendantes.
Les bombardements russes n'ont par ailleurs pas cessé sur la ligne de front qui s'étend du nord au sud.
Dans le centre de Kharkiv (nord-est), la deuxième ville d'Ukraine, au moins cinq personnes ont péri dans des frappes russes, ont déploré mardi les autorités locales.
Dans ce contexte, les ministres de la Défense des Etats membres de l'Union européenne ont convenu mardi, pendant une réunion informelle à Prague, d'entamer les travaux préparatoires en vue d'un plan de formation des soldats ukrainiens par l'UE.
- L'AIEA "cette semaine" à Zaporijjia -
Le gouverneur de la région de Zaporijjia Oleksandre Staroukh a fait savoir mardi à l'aube que la Russie avait déclenché une attaque avec des missiles contre la ville éponyme.
Il n'y a pas eu de victimes, ni de dégâts importants, a-t-il toutefois précisé.
C'est dans cette région que l'équipe de l'AIEA est désormais attendue, "plus tard cette semaine", afin d'inspecter la centrale nucléaire qu'elle abrite.
Accusée par Kiev d'y avoir positionné des pièces d'artillerie, la Russie a déclaré mardi "espérer" que cette mission aurait lieu.
L'opérateur ukrainien Energoatom a néanmoins affirmé que les soldats russes "mettaient la pression sur le personnel de la centrale pour l'empêcher de révéler des preuves des crimes de l'occupant".
- L'arme du gaz russe -
En outre, alors que l'automne approche, un pas de plus vers le tarissement des flux de gaz russe vers la France a été fait mardi avec l'annonce par le groupe Engie d'une nouvelle réduction des livraisons du géant Gazprom.
Pour sa part, l'Allemagne est "en meilleure position" pour contrer cette menace, a lâché le chancelier Olaf Scholz.
Parallèlement, un navire affrété par les Nations unies transportant 23.000 tonnes de blé ukrainien destinées à l'Ethiopie, où des millions d'habitants souffrent de la faim, est arrivé au port de Djibouti, selon le Programme alimentaire mondial (PAM).