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Les premiers cortèges de fonctionnaires se sont élancés mardi matin un peu partout en France, à l'appel d'une large intersyndicale de la fonction publique, pour protester contre le recul du pouvoir d'achat et demander davantage de moyens, avant la manifestation parisienne où les pompiers seront présents en nombre.
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Échaudées par un nouveau gel du point d'indice annoncé début septembre par le Premier ministre, la CGT, FO, la CFDT, UNSA, la FSU, Solidaires, CFE-CGC et la FA-FP organisent plus de 170 manifestations à travers le pays pour réclamer une revalorisation des salaires des fonctionnaires et des "moyens budgétaires à la hauteur" des missions des services publics.
Parmi les premiers à s'élancer, le cortège nantais (Loire-Atlantique) est parti du centre-ville aux alentours de 11 heures au rythme des Rita Mitsouko, sous des drapeaux syndicaux et des pancartes marquées "Ras le bol des bas salaires", ou "La France crame, vos pompiers avec".
A Marseille, plusieurs centaines de manifestants ont entamé leur déambulation en fin de matinée dans un cortège clairsemé. "Les revenus sont bas,les points d'indice gelés", déplore Florian, qui n'a pas souhaité donner son nom, au milieu de la cohorte Force ouvrière (FO).
Le "pouvoir d'achat" est l'un des mantras du jour pour les syndicats, qui dénoncent l'érosion du niveau de vie des fonctionnaires, grignoté par l'inflation et l'absence de revalorisation du point d'indice ces dernières années.
Depuis 2017, les agents publics n'ont vu leur point d'indice revalorisé qu'en 2022 (3,5%) et 2023 (1,5%), soit une revalorisation totale légèrement supérieure à 5%. Entre-temps, selon l'Insee, l'inflation cumulée depuis 2017 aura atteint 24,17% à la fin 2026.
"Le gel du point d'indice, ça veut dire une baisse de salaire pour des millions d'agents publics qui sont déjà parmi les moins bien payés des pays de l'OCDE", a déclaré la numéro un de la CGT Sophie Binet mardi sur BFMTV/RMC.
Elle a appelé le gouvernement à "changer ce projet de budget qui est dangereux pour le pays et qui nous fait foncer à 200 km/h dans le mur de la récession".
La CGT a promis une "journée noire" dans la fonction publique, et les autorités s'attendent à voir défiler à Paris entre 20.000 et 40.000 personnes, hors pompiers.
"On ne peut pas avoir des services publics de qualité s'il n'y a pas de conditions de travail de qualité : c'est reconnaître le travail qui est accompli", faisait valoir la secrétaire générale de la CFDT Marylise Léon lundi sur France 2.
Le premier syndicat des enseignants des écoles primaires, le Snuipp-FSU, a indiqué lundi à l'AFP s'attendre à 40% de grévistes chez les professeurs des écoles.
A Nantes, Lucille Janssens, 36 ans, manifeste en tant que mère d'élève en soutien aux enseignants, "pour de meilleures conditions d'enseignement, d'apprentissage, de sécurité à l'école", a-t-elle indiqué à l'AFP, plaidant pour "plus d'AESH" (accompagnants des élèves en situation de handicap), et déplorant des "conditions déplorables" dans les écoles lors des épisodes caniculaires qui ont marqué l'été.
- Entre 5.000 et 10.000 pompiers -
L'été caniculaire a également marqué les pompiers, mis à rude épreuves lors d'incendies historiques, notamment en Gironde. Ces derniers ont décidé de se rassembler dans la capitale pour se joindre au reste des fonctionnaires mardi.
Attendus au nombre de 5.000 à 10.000 par les autorités, ils défileront dans un premier temps dans leur propre cortège, entre la place d'Italie et la Bastille, avant de rejoindre le reste des manifestants, qui partiront à 14H00 de la place de la République, pour se diriger ensuite jusqu'à la place de la Nation.
Parallèlement aux manifestations de la fonction publique, la journée de mardi est marquée par la poursuite des blocages de lycées, mouvement parti la semaine dernière d'établissements de banlieue parisienne.
En Île-de-France, "75 établissements sont perturbés, dont 20 ont été le théâtre d'affrontements, de violences ou de dégradations", a indiqué à l'AFP la Région.
Côté transports, les réseaux grandes lignes SNCF et RATP ne sont que ponctuellement touchés.
Dans l'aérien, la direction générale de l'aviation civile (DGAC) a demandé aux compagnies aériennes de réduire leurs programmes de vols sur les aéroports Paris-Charles-de-Gaulle et de Marseille-Provence.