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Le MV Hondius fait route mardi vers les Pays-Bas après l'évacuation sous haute protection, dans l'archipel espagnol des Canaries, de plus d'une centaine de passagers et membres d'équipage de ce bateau de croisière où a été détecté un foyer d'hantavirus.
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"Mission accomplie", s'est réjouie lundi soir la ministre espagnole de la Santé Monica Garcia sur le quai du port de Granadilla de Abona, dans l'île de Tenerife. "Nous avons évacué les 125 passagers et membres d'équipage de 23 pays, qui sont soit déjà rentrés chez eux, soit sont en train d'être rapatriés", a-t-elle ajouté.
Le MV Hondius, qui a levé l'ancre lundi à 18H00 GMT, est attendu dimanche soir à Rotterdam, aux Pays-Bas, selon son armateur.
Vêtues de combinaisons intégrales de protection sanitaire bleues, les dernières personnes évacuées étaient auparavant descendues du bateau par la passerelle et conduites en bus vers le tarmac de l'aéroport de Tenerife Sud tout proche. Elles ont embarqué dans deux avions sanitaires à destination des Pays-Bas.
Ces deux appareils, l'un transportant 19 membres de l'équipage du Hondius (17 Philippins, un Néerlandais et un Allemand) et l'autre six passagers (quatre Australiens, un Néo-Zélandais et un Britannique vivant en Australie) et trois médecins, ont atterri à Eindhoven tôt mardi matin, selon une journaliste de l'AFP sur place.
Les six passagers devaient être hébergés dans un centre de quarantaine situé près de l'aéroport, avant de repartir vers leurs pays de résidence.
Lors d'une conférence à Granadilla de Abona, le patron de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) Tedros Adhanom Ghebreyesus, qui doit rencontrer mardi le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez à Madrid, a tenu à rassurer les passagers: "Vous êtes maintenant entre de bonnes mains. Nous étions très inquiets: si vous étiez restés plus longtemps sur le navire, la situation aurait pu devenir difficile".
- "Pas un autre Covid" -
A leurs concitoyens qui s'apprêtent à les accueillir, il a adressé ce message d'apaisement: "Il n'y a rien à craindre, le risque est faible: ce n'est pas un autre Covid", avant de souligner l'importance de "croire en la science" et de suivre les recommandations de confinement.
Parmi les passagers et membres de l'équipage déjà évacué, un Américain et une Française ont été testés positifs à l'hantavirus, qui peut provoquer un syndrome respiratoire aigu.
Côté espagnol, les premiers résultats provisoires font état d'un cas positif et de 13 autres négatifs, selon les autorités sanitaires.
Trois personnes ayant voyagé à bord du Hondius sont mortes: dans deux cas, l'OMS a confirmé une infection à l'hantavirus, le troisième étant un cas probable. Outre ces trois décès, sept cas confirmés et un autre probable ont été signalés, selon un comptage de l'AFP à partir de données officielles.
- "Possibilité" de futurs cas -
"En raison des incertitudes persistantes et de la longue période d'incubation (pouvant aller jusqu'à six semaines, NDLR), il est possible que nous constations d'autres cas parmi d'anciens passagers et membres d'équipage dans les semaines à venir", a mis en garde Pamela Rendi-Wagner, la directrice du Centre européen de prévention et de contrôle des Maladies (ECDC), dans un communiqué.
Un autre passager américain présente des "symptômes légers", selon le ministère américain de la Santé, tandis que le gouvernement français a fait état de 22 cas contacts identifiés en France, appelant toutefois la population à ne pas céder à "la panique".
La crise à bord du MV Hondius a ravivé les souvenirs de la pandémie de Covid-19, même si l'OMS martèle que la situation actuelle n'est pas comparable à celle de 2020.
L'hantavirus se transmet généralement à partir de rongeurs infectés, le plus souvent par l'intermédiaire de leur urine, de leurs excréments et de leur salive.
La variante du virus détectée à bord du Hondius, l'hantavirus Andes, est une souche rare qui peut se transmettre d'humain à humain.
Considérés comme des "contacts à haut risque" par l'OMS, les personnes évacuées du Hondius feront toutes l'objet d'une surveillance pendant plusieurs semaines, en plus d'un placement en quarantaine, selon les protocoles mis en place par chaque pays.
Aux Pays-Bas, 12 membres du personnel d'un hôpital où est traité un patient positif à l'hantavirus évacué du MV Hondius ont été mis en quarantaine pour six semaines lundi, à la suite d'erreurs commises pendant un prélèvement sanguin et l'élimination de l'urine du patient, a annoncé l'hôpital concerné.